Fozzie a écrit :
C'est une démonstration, si tu veux. Moi, je trouve qu'on culpabilise pas les bons... Et qu'on manipule ceux qui sont au milieu pour qu'ils en veuillent à ceux qu'il est le plus pratique de désigner.
Analyse très simple mais très juste pour moi.
Pour ce qui est des blocages, etc je suis contre. Contre le fait qu'une minorité emmerde tout le reste par idéologie.
Mais, il y a certains cas, dans lesquels le pouvoir PROVOQUE et se FOUT en toute impunité des revendications et néglige toute négociation ou remise en question (par calcul politique et idéologie). Et là ça concerne TOUT LE MONDE. Ceux qui se plaignent d'être bloqués, génés, mis dans la merde et qui parfois même approuvent la réforme en question devraient se rendre compte qu'à un certain stade ce n'est plus une question de conviction, d'idéologie, de situation, d'intérêt personnel mais de liberté et de démocratie. Les braves gens qui continuent de travailler pour gagner leurs vies, sans se plaindre et qui comprennent qu'une réforme est nécessaire (bla bla bla) devraient aussi comprendre que le pouvoir se moque également d'eux et à ce train là ils se rendront vite compte que le jour où ils auront quelque chose à dire ce sera la même chose pour eux. A l'heure actuelle, le gouvernement ne fait pas la différence, il continue de diviser et de distinguer les bons travailleurs des autres de manière à donner de bonnes consciences aux premiers bien qu'on fasse tous partie du peuple et qu'on ait tous perdu le pouvoir.
Pour ce qui est des lycéens dans la rue. Ils doivent être 5% à comprendre ce dont ils parlent. Il n'y a qu'à les questionner (et on a tous eu leur age). Ca n'en rend pas moins légitimes leurs manifestations. En rapport avec ce que j'ai dit plus haut, ce n'est plus une question de technique sur la réforme elle-même mais un ras le bol. Ils ont peur, ils sont perdus et ont l'impression d'être pris pour des cons. Comme de plus en plus de monde. La faute au gouvernement et surtout à son attitude (à vouloir être en rupture, ils sont tout autant hypocrites et populistes mais finalement plus énervants). Le mouvement passe de l'anti réforme des retraites à l'anti sarkozysme. C'est assez dangereux mais pas étonnant et ça ne fera qu'enfler en ce sens. C'est assez dangereux parce ça peut laisser la place à toutes les passions, à tous les extrêmes et c'est pourquoi ce gouvernement et ce président sont irresponsables en jouant avec les nerfs d'une partie de la population (c'est pas la première fois, ça a toujours été comme ça: banlieux, fonctionnaires, minorités, allocataires, immigrés, etc). C'est du quitte ou double pour Sarkozy: soit on le reconnait comme étant ferme et solide pour mener à bien une réforme d'utilité publique , soit il se fera guillotiner. Le Pays par contre ne sera peut-être pas de cette même humeur joueuse avec le feu.
Ce que je dis n'est pas fin du tout (et ne cherche pas à l'être) et est un peu extrême/caricatural mais c'est mon constat actuel des mentalités.
"Aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas"