Denis13 a écrit :
BiZ a écrit :
De rien, je t'ai un peu chambré, mais ça valait le coup finalement
Tout à fait
Ceci dit, la levée du bouclier fiscal, qui je pense va fortement être d'actualité pour le budget 2011, ne règle pas le problème des retraites et je persiste à croire que l'allongement de la durée de cotisation est nécessaire, comme l'ont fait quasiment tous nos voisins européens.
Ah mais l'allongement de la durée de cotisation, ça se discute! Au cas par cas, branche par branche, comme il est de mise dans tous les pays d'europe lorsqu'il est question d'une réforme sociale de cette ampleur.
Là, le gouvernement a imposé un projet entièrement ficelé qui propose non-seulement un allongement de la durée de cotisation, mais aussi de l'âge légal de départ, sans aucune considérations pour les spécificités de chaque secteur. L'âge légal de départ pour une retraite à tau plein est fixé à 65 ans, indépendamment du nombre de trimestres cotisés (le gouvernement, c'est vrai, a fait quelques concessions, mais uniquement sur pression des syndicats).
En outre, la réforme prévois en son sein que la durée de cotisation augmentera mécaniquement dans le futur, en fonction de l'espérance de vie (sans tenir compte du fait que c'est probablement la retraite à 60 ans qui a contribué à cette augmentation)
Mais à la limite, passons sur tout ça (pour les besoins de l'argumentation, pas dans la réalité
)
Même si on peut être d'accord avec ces éléments de la réforme (ce n'est pas mon cas, mais pourquoi pas? ) , comment accepter que tous ces sacrifices nous soient demandés pour une réforme dont le financement n'est même pas assuré à très court terme (2018, c'est dans 10 minutes, quoi) , alors qu'on nous la présente comme indispensable dans pour sauver le système ?
C'est ridicule enfin: c'est comme si vous présentiez à votre banquier un plan de désendettement que vous n'avez pas les moyens de financer, il risque de se marrer un peu...
On va donc se taper une nouvelle réforme dans les années à venir, c'est inévitable.
Ne soyons pas naïfs: nos dirigeants sont peut-être des salauds, mais ils ne sont pas stupides: pourquoi proposer une réforme "jetable" à remplacer dans 8 ans maximum?
Je n'ai pas la science infuse, mais on peut quand même supposer une explication logique: Les agences de notations (des organismes privés qui n'ont aucune légitimité) mettent la pression sur l'économie européenne pour la libéraliser. Ils ont déjà mis la grèce et l'espagne à genoux, et la France n'est certainement pas à l'abri.
L'un des principaux critères de ces agences pour évaluer la solvabilité d'un Etat, c'est sa capacité à réformer le système et à le de-réguler. C'est une position purement idéologique qui ne tiens absolument pas compte de l'intérêt général (ce n'est pas leur rôle), seulement de celui des grandes banques internationales qui prêtent aux États.
Proposer une réformette à la c*n aurait donc déjà le mérite de rassurer (très temporairement, disons jusqu'à...2014? ) les agences.
D'autre part, d'un simple point de vue électoral, cette réforme (qui n'était pas prévue après le programme du candidat Sarkosy en 2007) aurait le mérite de lui fournir un bilan à défendre devant son électorat de base (et disons-le, il en a bien besoin).
Je pense donc que cette réforme est donc seulement destinée à cacher la misère le temps de laisser passer les elections. Après quoi, la droite sarkosiste, si elle est reconduite au pouvoir, s'attellera à la vraie réforme qui lui tient à cœur (et elle ne s'en est cachée qu'assez rarement): la casse du systèe par répartition et la mise en place d'un système par capitalisation, à la grande satisfaction des agences.
Je suis sûr qu'Azzazelo s'en réjouirais, mais moi, je suis persuadé que ce serait la catastrophe pour les classes moyennes et populaire. l'exemple américain devrait être assez parlant.
Là on rentre sur le vrai terrain politique. C'est la vraie discussion qu'on devrait avoir avec la droite au pouvoir si elle était franche et assumait ses opinions (ça vaut aussi pour une partie de la gauche, mais eux ne sont pas au pouvoir... Pour l'instant).
Là on aurait un vrai débat sur un sujet de société, et j'aurais infiniment plus de respect pour cette droite si elle affichait clairement ses objectifs, même si je ne les partage pas.
Le problème, c'est qu'on a un gouvernement faux-cul au possible, qui tente d'imposer ses idées non-pas par le débat, mais par les petites manœuvres, les faux-semblants, la désinformation...
Bref c'est en dessous de tout.
*: NOBODY EXPECTS THE SPANISH INQUISITION!