Je suis d'accord avec Gx sur le fait que, surtout ici, et moi le premier, on récupérera assez vite un ""incident"" pour taper sur la droite et nos dirigeants.
Mais, deux choses.
- C'est en effet la droite qui est au pouvoir, pas la gauche pour l'instant. Et si on souhaite parler des gros poissons et des responsables, ils seront forcément de droite.
- Deuxième chose plus intéressante (et que j'essaie de dire plus ou moins à chaque fois): n'oublions pas que depuis Sarkozy et son gouvernement, c'est lui qui choisit les débats, c'est lui qui annonce la couleur, c'est lui lance le ton des discussions dans les débats (quand il y en a) et enfin, c'est lui qui en donne le rythme. L'aggressivité, le "franc" parler, la testostérone, la radicalisation du discours ont été introduits dans la vie politique par lui (à des fins électorales, encore une fois, la partie visible et populiste de la rupture). C'est lui qui s'exprime comme une "racaille" de 16 ans, c'est lui qui joue au dur à cuire, de même que son gouvernement (Hortefeux et Woerth particulièrement). Et c'est encore une fois lui qui se présente comme celui qui prend tout en main, comme l'homme de la situation, comme celui qui s'occupe de tout et décide tout (dans son discours comme dans sa com, par ex le coup du "descend me le dire en face", en gros "si on est pas content on aura affaire à moi"). Tout ça sur fond d'ordre, de sécurité et d'arrogance (en substance "les français sont cons en dehors des présidentielles, manipulés, manquent de pédagogie, désesperés, etc"). Bref, lui lui lui et encore lui, par lui. Qu'on ne s'étonne pas alors que la colère d'un système ou d'une situation se retourne contre lui. Il s'est posé comme responsable, il est donc le responsable. On ne peut pas tutoyer le peuple seulement pour les élections.
Je le répète, l'anti-sarkozysme n'est pas le fait d'une manipulation ou d'un manque de connaissance du public mais plutôt de la politique personnifiée incarnée par l'omniprésident, M. Sarkozy.
Et donc, dans le cas précis de cette histoire de CRS, c'est le retour de bâton dû à cette politique et à l'annonce démagogique de notre président et de son ministre du non droit à l'érreur, de la culture du résultat (bilan, notes) et de la soi disant intransigeance qu'ils souhaitent incarner.
"Aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas"