fabh a écrit :
JHEX a écrit :
Sinon, comme un chien rendu violent par son maitre, tu penses qu'il faut aussi "piquer" (au sens neutraliser définitivement) le gosse? Tu penses que plus rien n'est rattrapable?
Mais aucun rapport..? Je n'ai fait cette analogie que pour induire le fait (suite à la discussion avec Redstein) que les parents étaient en grande partie responsables.
Je ne sais pas si il est rattrapable ou pas (je ne suis pas psychiatre), mais en tout cas il va falloir qu'il revienne de très très loin, vu qu' "abattre" quelqu'un (c'est de ça dont il est question, une balle dans la nuque comme une exécution) n'a pas l'air de l'avoir choqué plus que ça.
Je ne dis pas que c'est ce que tu as dit, j'ai simplement réutilisé ta comparaison.
Tu es d'accord pour dire que les parents (ou maitres dans la comparaison, bref, ceux qu'on considère comme étant
responsables) sont les principaux fautifs dans cette histoire, mais tu condamnes quand même le gosse à vie (même si tu y as apporté une nuance).
Généralement (pas dans mon cas, j'en ai même récupéré un) on préfère piquer les clébards qui ont été dressés à tuer ou à la violence, même si on admet qu'ils n'en sont au départ pas responsables.
En condamnant le gosse comme tu le fais, tu fais de lui un être aussi peu responsable qu'un clebs mais
également aussi peu récupérable et psychiquement complexe de notre point de vue.
Redstein a écrit :
JHEX a écrit :
Redstein a écrit :
Depuis l'an dernier, les pharmaciens - et autres fournisseurs de soins de santé - de l'Idaho profitent d'une telle « clause de conscience » qui leur permet, donc, de laisser des femmes se vider de leur sang sous prétexte qu'
elles n'ont pas désiré qu'un fœtus s'accroche dans leur utérus.
La formule est merdique et simpliste mais dans le fond c'est évidemment n'importe quoi.
Pourquoi merdique ? Parce que la formule va à contre-courant du préjugé largement dominant selon lequel une femme serait nécessairement heureuse d'avoir un polichinelle dans l'tiroir ?
Lawl !
Non, simplement parce qu’elle est une mauvaise caricature de l’extrême opposé. C’est presque aussi obscurantiste de dire qu’un « fœtus s’accroche dans leur utérus » que « c’est Dieu qui l’a voulu ». Il n’y avait aucune allusion aux idées de bonheur/malheur voire de bien/mal. D’où la précision de mon sujet : la forme.
Quant aux idées du genre « préjugé largement dominant », il faudrait faire gaffe : il n’y a rien de précurseur ou d’anticonformiste aujourd’hui dans le fait de comprendre qu’une grossesse peut ne pas être désirée, heureuse de même que sur certains autres points (la religion, l’autorité, etc). Je ne dis pas que c’est ce que tu recherches, mais de même que pour la citation ci-dessus, ce n’est pas utile de jouer à chaque fois la carte de « l’extrême » et de croire qu’on livre un combat contre un genre de « pensée dominante ». Tous ces combats sont aussi les miens, seulement je me considère comme le fruit de mon époque et non comme quelqu’un ayant des idées originales voire personnelles (attention je suis moi aussi arrivé à ses conclusions tout seul et en empruntant un cheminement de pensée qui m’est propre, mais je ne le dois pas qu’à moi seul).
Redstein a écrit :
JHEX a écrit :
Ceci dit, si on voit un pharmacien comme un commerçant quelconque, ça se discute (pas de laisser crever quelqu'un sans l'assister, mais de ne pas fournir, et donc s'approvisionner en certains médocs). Je suis pour que chacun décide de ce qu'il vend dans son commerce. A condition qu'il reste obligatoirement des pharmacies qui fournissent la dope dans un certain périmètre, comme c'est déja le cas, pour les gardes par exemple.
Mais si on voit ça comme une institution à notre service, genre de service publique, et le pharmacien comme un vulgaire facteur dans son bureau de poste, c'est différent.
Heu, faut pas tout mélanger (sans entrer dans ton propos aux vilains relents d'ultralibéralisme) : le produit en question était en stock.
Il se trouve juste que la loi de l'Idaho autorise les culs-bénits à opposer un refus de vente aux avortées.
Une fois de plus, tu me prêtes des idées qui ne sont pas miennes, de manière à nous servir les tiennes par opposition. Je m’autorisais une petite digression sur le statut de pharmacien. M’étant éloigné du sujet, je disais donc que, si on y porte un point de vue différent de celui largement dominant (oh oh), on pouvait se demander si un pharmacien ne pourrait pas se fournir uniquement en certains médocs qu’il choisirait. Tout en conservant une obligation de service par nombre d’habitants (d’ailleurs il me semble que c’est déjà le cas en France : gardes, une pharmacie / 2000 habitants, etc). Donc, d’agir et de préciser
en amont quels services seront offerts. Puisque ce n’était pas clair la première fois, je répète donc que si on partage ce point de vue, rien n’empêche de se poser la question.
D’ailleurs, dans le même genre que le sujet de départ :
en France aussi nous avons un sens de l’éthique particulier.
Citation:
"La loi de 2001 a été pas ou mal appliquée. De nombreux médecins ont refusé et refusent toujours d'effectuer des IVG à 12 semaines", explique Maya Surduts, présidente de la CADAC. "Il faut obliger des établissements publics à les faire, précise Danielle Gaudry (gynécologue obstétricienne, membre de la commission avortement du Mouvement français pour le planning familial), on est dans une phase de totale régression de la loi 2001!".
Un constat partagé en partie par l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) dans son étude intitulée "Evaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des interruptions volontaires de grossesses suite à la loi du 4 juillet 2001", bien que l'institution affirme que "la prise en charge de l’IVG a marqué des progrès réels, mais qui demeurent fragiles".
Selon l'IGAS, la modification introduite par la loi de 2001 qui permet une dérogation à l’autorisation parentale pour les mineures en demande d’IVG a "apporté une réponse à des situations qui avaient été vécues comme très difficiles." Pourtant, "des difficultés persistent néanmoins pour la mise en œuvre opérationnelle de cette disposition, notamment pour assurer la confidentialité, l’anonymat, et la gratuité prévue dans ce cas par la loi".
Le rapport de l'IGAS note également, comme les associations, que concernant l'allongement du délai de 10 à 12 semaines :
"tous les établissements ne prennent pas en charge les IVG 'tardives'" et "certains refusent de pratiquer la technique instrumentale pour ces interventions".
Je n'ai pas trouvé d'article plus parlant. Généralement ces médecins réfractaires invoquent les risques techniques de complication pour la mère, mais beaucoup ne cachent pas qu'il s'agit avant tout d'une position éthique: la fameuse fausse question du "à partir de quand un foetus est-il un être humain?"
"Aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas"