J'aimerais porter votre attention là-dessus:
Faits divers. Renversé par une Porsche, un petit garçon de cinq ans grièvement blessé
C'est le titre d'une dépêche AFP reprise par l'ensemble des médias français mardi 31 mai. Rien de bien exaltant à première vue dans cet événement malheureux, on est dans dans du fait divers dont aiment se délecter TF1 et consorts.
Là où je suis surpris, c'est que la quasi intégralité des médias populaires ont mentionné la marque de la voiture dans leur rapport de ce fait divers, qu'il fasse une ligne, dure 3 secondes ou plus. Quel est l'intérêt? Parce que le garçonnet est originaire de Sarcelles, ça va faire lutte des classes et donner un peu de consistance aux infos?
Alors on peut arguer du fait que tout bon journaliste se doit de rapporter les faits, la marque du véhicule en étant un, mais son importance relative dans l'événement est à apprécier et dans ce cas, à moins qu'il ait roulé à plus de 200 km/h (ce que peu de voitures permettent, et ce qui justifierait donc qu'on précise la marque du véhicule), ce qui n'est absolument pas le cas d'après les enquêteurs, ça n'a pas absolument pas lieu d'être mentionné. On rentre donc là dans une certaine orientation de l'information en mentionnant certains faits qui n'ont aucune valeur explicative ou informative, ce n'est pas du journalisme, sans jugement de valeurs.
C'est pourtant un cas d'école journalistique enseigné à titre d'exemple pour un cas similaire : une dépêche AFP faisant état d'un accident entre un plaisancier dans le midi et un baigneur. La dépêche expliquait que le baigneur était un ouvrier venu en famille pour sa seule semaine de vacances et qu'il avait été percuté par le yacht du plaisancier bien connu pour faire des fêtes très arrosées dans sa grande villa des hauteurs de la cité balnéaire...
D'un banal fait divers accident entre un bateau et un baigneur nous avions un prolétaire agressé à coup de yacht par un riche "bien connu pour ses fêtes très arrosées dans sa grande villa".
Voilà, c'était mon coup de gueule