Kûndêwîtch a écrit :
Jme pose une question shadow !
Est ce que l'euro agit comme un mini bouclier face a cette crise ?
Et si tu pouvais me developpe ce point la
shadow_gallery a écrit :
faiblesse structurelle de grosses institutions financières (regardez les pertes enregistrées par Citygroup au dernier trimestre, c'est proprement hallucinant), produits structurés au contenu opaque et finalement mal maîtrisés
Ca serait pas de refus ! Merci par avance pour les eclaircissements
Bon on va prendre les questions 1 par 1
1) Je suis pas Nostradamus, mais je pense que l'immobilier, qui connaît déjà un tassement certain, va continuer sa stagnation, voire décroître (pas plus de 2 à 3%) cette année en attendant un signe fort pour repartir à la hausse (baisse des taux d'intérêts, augmentation du pouvoir d'achat ou des salaires). La baisse qu'on serait en droit d'attendre du fait de la hausse des taux est tempérée par la valeur refuge que constitue la pierre pour les investisseurs. Ce que je dis n'est pas valable pour Paris (biens plus rares, investisseurs plus variés, benchmark des autres capitales européennes).
2) l'euro n'est pas un bouclier face à la crise des subprimes, le bouclier c'est la forte structure financière des banques européennes (UK exclu mais ils ne sont pas dans l'euro) en particulier françaises et allemandes, et la diversification des actifs (les banques européennes ces 10 dernières années ont investi massivement dans les pays de l'Est et en Asie, où les prix sont moins chers qu'aux US et les rentabilités sans commune mesure) qui ont fait rempart (ce qui n'empêche pas la crise de confiance dans les institutions financières, d'autant que les expositions aux subprimes et aux sous jacents immobiliers sont encore mal connus)
3) pour expliciter ce que je disais, les institutions financières anglo saxonnes et etatsuniennes en particulier ont toujours eu une aproche plus "audacieuse" que les banques du vieux continent en matière de risque de crédit. En clair ils acceptaient de prêter à des contreparties plus risquées en échange d'une meilleure rémunération (les assurances anglo saxonnes, Lloyd's en tête, fonctionnent aussi comme ça). De plus les banques anglo saxonnes ont une politique de fonds propres beaucoup plus légère que les vieilles européennes, du fait de la jeunesse de leur existence pour certaines et surtout de croissance mal maîtrisée (trop peu de capitalisation, trop de réinvestissement en croissance externe). Encore que ce fonctionnement commence à polluer les banques européennes (Natixis par exemple).
Enfin comme le disait Skelter, les dettes liées aux subprimes ont fait l'objet de titrisation (la titrisation c'est une vente sur le marché d'une créance que l'on possède), et vu les taux pratiqués, des fonds d'investissements, SICAV, FCP se sont vus constitués par une partie de ces dettes, dans une méconnaissance grossière de la manière dont ces crédits étaient constitués (risque de crédit mal maîtrisés, taux variables non couverts ou "capés", revenus modestes, hypothèques surévaluées). Certaines banques européennes avaient même investi sur leurs fonds propres dans ces titrisations. Et quand les taux ont monté, les mensualités sont devenus trop élevées pour les ménages qui avaient contracté les crédits, les créances se sont dépréciées, les biens hypothéqués saisis remis sur le marché se sont dépréciés aussi. Les banques se sont donc retrouvées avec des créances irrecouvrables, avec en garantie des biens de valeur inférieure au montant du capital restant dû du crédit.
Je viens de voir le pavé que j'ai écrit, ça fait peur...
Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver.