shadow_gallery a écrit :
Doc Loco a écrit :
jzu a écrit :
Est-ce que quelqu'un a remarqué qu'hier, au JT de la 2, l'avocat de Kerviel n'a pas répondu à la question « Est-ce que votre client a agit seul ? »
Ce qui serait rigolo, c'est qu'avec plus de recul, on s'aperçoive que les placements de Kerviel n'étaient pas si néfastes que ça et que la banque a eu tort de liquider en vrac tous ses investissements
.
ben écoute, je lisais les Echos d'hier justement, avec le calendrier de la catastrophe. Apparament les positions de Kerviel étaient équilibrées le 18 janvier à midi. Le soir, après avoir été relevé de ses fonctions, ses positions étaient à -1,4 Milliard. C'est en soldant ses positions qu'on est arrivé mercredi 23 à une perte de 4,9 milliards.
Chacun en tire les conclusions qu'il veut...
D’après ce que j’ai pu lire et j’ai peu entendre, notamment auprès de proches qui travaillent à la SG et à la SGAM (Société Générale Asset Management), c’est pire que ça : début décembre, ses positions étaient créditrices de près d’un milliard d’euros !
De quoi largement en faire un héros pour la maison, et accessoirement une bonne base de négociation pour sa prime annuelle…
Bref, passons sur les motivations du monsieur, c’est un classique chez les « traders », ça arrive tous les jours, sauf que là, les sommes en jeu étaient telles que ce ne pouvait pas passer inaperçu.
Alors, la question est donc : Est-ce que la SG a eu tort de tout liquider d’un coup ?
Vous allez me dire, tant que vous n’avez pas vendu, vous n’avez rien perdu, hein ?
Certes.
Est-ce que ce n’est pas en se précipitant de vendre au plus vite que la SG a perdu, toute seule comme une grande, ses 5 milliards ?
Un peu gros quand même. Un peu dur de me faire avaler que, même dans la précipitation d’un dimanche soir, le « hautes instances » d’une maison comme celle-là ait pu prendre une aussi mauvaise décision.
Quand on connaît un tout petit peu le système boursier, le choix de la SG se comprend assez bien, j’ai envie de dire.
D’après les infos croisées qu’on a à ce jour : la SG se rend compte le dimanche soir qu’elle « possède » pour 80 milliards de produits dérivés quelle ne souhaitaient pas posséder qui cotent à un peu moins de 1 milliard et demi en dessous de leur valeur d’achat.
Dimanche soir, personne n’est au courant, absolument personne. (Pas même Sarkozy c’est dire…)
Le lendemain, la Bourse de New-York est fermée (Martin Luther King’s day oblige) et sur les autres places, en Asie et surtout en Europe, c’est déjà la dégringolade depuis quelques jours.
Bref, rien de prometteur en perspective pour la vente.
La SG le sait.
Mais ce qu’elle sait surtout, c’est que plus elle attend, plus elle court le risque que le marché apprenne qu’elle veut absolument se débarrasser de 80 milliards d’actifs.
Et là, si jamais ça se sait, elle peut toujours courir pour vendre au « juste prix », les acheteurs feront ce qu’ils veulent et le risque de perte sera encore plus grand.
La SG a tranché, je ne sais pas si elle a bien fait, elle savait qu’elle allait perdre beaucoup, elle avait surtout peur de perdre beaucoup plus.
Je vais prendre une petite comparaison de mon cru (qui vaut ce qu’elle vaut, pas facile d’expliquer facilement une affaire aussi complexe et un système aussi anormal que la bourse) :
Imaginez que vos enfants aient utilisé une bonne partie des économies de la famille pour acheter, à votre insu, des centaines de vignettes Panini soi-disant collectors.
Or, vous vous rendez compte que :
1. Vos enfants n’ont pas acheté des collectors mais un stock de « doubles » à un prix bien au dessus de leur valeur
2. Le lendemain, il y a une bourse d’échange des collectionneurs de vignettes Panini
3. Le climat des bourses d’échange est plutôt morose depuis un moment
4. Vous avez très peur que les collectionneurs se rendent compte que vous voulez vendre à tout prix.
5. Si vous attendez un jour, le risque est grand que le « marché des collectionneurs » se rende compte que vous êtes à la rue si vous ne vendez pas. Le rapport de force s’inversera en faveur des acheteurs.
Que faites-vous ?
Vous pouvez :
1. Attendre avec votre stock, si vous ne vendez pas, vos pertes ne se matérialiseront pas, vous pouvez toujours attendre que le marché « se retourne » un jour.
2. Vous pouvez aussi décider, comme la SG, de liquider tout et tout de suite (dans la plus grande discrétion) sachant pertinemment qu’avec la morosité ambiante du marché, vous ne rentrerez pas dans vos frais…