Désolé je vais faire long, j'interviens pas souvent, alors ce coup-ci, je me lance :
Je vais revenir sur cette finale de la Coupe de la Ligue un peu spéciale pour moi, « supporter du PSG ».
Le sportif d’abord.
J’ai vu un très bon PSG en première mi-temps, comme il a su le faire parfois par séquences cette saison. Des bons enchaînements, un pressing haut, de l’envie, de la cohésion. Une équipe, bref.
Le score à la mi-temps était largement mérité, j’étais confiant, mais pas complètement rassuré, parce que je connais bien mon équipe.
Donc, comme je m’y attendais, comme (trop) souvent cette saison, le PSG se met à gamberger quand il mène au score. Fait le plus dur, mais pas le plus facile.
Là, il a simplement attendu le retour des vestiaires, pour retomber dans ses travers.
Un début de deuxième mi-temps totalement amorphe, pas de pressing, des ballons rendus à l’adversaire rapidement, la panique parfois, et après deux ou trois alertes, l’évidence est arrivée : l’égalisation lensoise, amplement méritée.
Sûrement que le réveil lensois n’est pas étranger à l’effondrement parisien, mais comme j’ai pu en être témoin plusieurs fois cette saison, je ne comprends toujours pas comment cette équipe qui maîtrise si bien son match et son jeu pendant un temps, décide systématiquement de reculer de 20 mètres une fois qu’elle mène au score.
Elle a failli prendre l’eau à plusieurs reprises, et je suis convaincu qu’elle ne se serait jamais remise d’un 2 but artésien.
Heureusement, la maladresse des attaquants lensois, la réussite de Landreau et aussi…la malchance des chtis, nous a permis de rester dans le match.
Et comme souvent au foot, quand on ne concrétise pas au tableau d’affichage une domination flagrante, le sort en profite pour punir…
Le sort, ici, il faut bien l’avouer, c’est le corps arbitral qui l’a fait basculer.
On joue déjà les arrêts de jeu, quand Landreau touche du bout des gants une frappe de Demont, certainement au-dessus : corner. Non, 6 m a dit l’arbitre. Le problème, c’est que tout le monde l’a vu sur les ralentis diffusés dans le stade, et que les supporters lensois, n’ont pas spécialement apprécié.
On peut targuer qu’en première mi-temps, l’arbitre avait aussi privé le PSG d’un corner…
Sauf que là, on joue les arrêts de jeu, et on prive Lens d’une dernière occasion de but.
Mais surtout, on ne le sait pas encore, on va offrir au PSG la dernière occase du match alors qu’on croyait se diriger tranquillement vers une prolongation.
Diané lance Luyindula en profondeur.
La suite on la connaît : il s’effondre au contact de Hilton dans la surface.
Je suis supporter du PSG, donc je suis conscient que je ne pourrais jamais être impartial, objectif et neutre. D’ailleurs, qui peut l’être ?
Toujours est-il que M. Duhamel doit prendre en quelques secondes une décision pas évidente du tout : s’il y’a péno et qu’il ne siffle pas, c’est le PSG qui va crier à l’injustice, ou comme ce fut le cas samedi, il siffle penalty et les Lensois crient au vol !
Je ne me suis toujours pas fait une idée précise de cette action. Ce n’est pas pour ça que je ne pense pas qu’il n’y a pas penalty.
Je pense que si cette action était intervenue à la 60ème minute, elle ne serait pas autant discutée, décortiquée, dénoncée. Sauf qu’à la 93ème, forcément, elle fait basculer le match.
A vrai dire, je le trouve très sévère. Le contact entre les deux joueurs est léger, mais pour moi, il existe. Est-il suffisant pour faire tomber un garçon comme Luyindula, je ne sais pas ?
Ce qui est sûr, c’est que Hilton accroche une première fois le parisien en dehors de la surface (est-ce que le déséquilibre du joueur commence à partir de ce moment-là?), il résiste et continue dans la surface, là Hilton, qui est battu en vitesse, met le bras sur l’épaule de Luyindula, qui tombe.
À l’image, ce n’est pas spectaculaire, pas flagrant, pas incontestable du tout.
Mais, pour avoir joué au foot, je sais à quel point il est facile de se faire déséquilibrer à pleine vitesse. Et puis je sais que Pegguy, est tout sauf un simulateur. Ca aurait été Pauleta, qui nous a habitués à le faire, je ne dis pas, mais là, je suis convaincu qu’il n’y a pas de volonté de simuler de la part du parisien. D’ailleurs, l’arbitre, n’a pas hésité, et si l’on regarde bien les images, on peut voir, qu’il est rudement bien placé pour juger de l’action. En tout cas, bien plus que des tribunes.
Mais je sais très bien que si j’étais supporter lensois, je crierai en ce moment même à l’injustice.
Alors, même si je suis satisfait de cette victoire, rare moment de joie dans une saison pas évidente à supporter, j’aurais préféré un autre dénouement heureux pour mon club. Mais si je sais qu’en prolongations mon équipe n’était pas dans la meilleure dynamique qui soit.
Un petit goût d’inachevé quand même.
Le tout, définitivement achevé par l’extra-sportif.
Et cette affaire de banderole honteuse.
Encore une fois, des abrutis sont venus gâcher la fête.
Je ne parle même pas de hués à l’encontre de Cali (pour lequel je ne porte pourtant que peu d’estime).
Alors certes, dans le domaine, le PSG n’a pas le monopole de la bêtise.
Moi, ces messages de « chambrage », qu’ils soient Lillois (qui en ont fait des vilains aux Lensois) Marseillais, Lyonnais, Stéphanois, ça ne m’a jamais fait rire.
Pourtant je suis bon public, niveau humour, à part Guy Bedos, des Robins aux Nuls en passant par Chevallier / Laspallès et les Deschiens, je prends tout.
Maintenant, ceux qui justifient leur défauts, leurs maladresses par celles des autres n’ont rien compris. Ce n’est parce que machin aussi a merdé, qu’on peut se cacher derrière son doigt et s’exonérer de quoi que se soit. Ca, ça me rappelle l’attitude d’un gosse pris la main dans le sac qui ne trouve comme seule défense que « Kevin aussi il a fait ça !», ou « C’est Dylan qu’a commencé ! ». Ces messages n’ont rien à faire dans les stades.
Je trouve cette affiche insultante.
Je pense qu’une trop grande partie des supporters du PSG sont des abrutis congénitaux qui discréditent les pauvres types comme moi, qui ont appris, avec le temps, à s’éloigner des virages.
En tant que supporter lamb(a)da du PSG, je constate encore une fois amèrement et avec dépit que je fais partie indirectement partie du pire groupe de supporters de France.
Moi, je n’ai pas que cette histoire d’affiche en tête, je pense à des saloperies auxquelles j’ai pu encore assister il n’y a pas si longtemps à la mi-temps d’un PSG-Valenciennes aux toilettes de la tribune K, où un pauvre gamin d’à peine 15 ans s’est fait dignement prendre à parti pas deux courageux qui lui rendaient chacun la moitié de son poids, sous le prétexte que ce petit, je cite : « Gris rat » s’était « trompé de tribune et qu’Auteuil c’était en face ».
Que j’ai failli me faire sortir du stade avec mes frangins l’an dernier lors de PSG-Le Mans, parce que, venu avec un pote manceau (à qui je défends de venir au Parc avec un signe distinctif d’appartenance à son club) en tribune, il avait manifesté un peu trop spontanément sa joie sur l’ouverture du score mancelle, et que dans le silence de cathédrale qui avait suivi, tout Boulogne l’avait repéré !
Samedi encore, on a encore montré à la France entière comment on savait « mettre l’ambiance », insultes, caillassages, crachats sur les supporters lensois sortant du stade, attaque à caractère raciste dans le RER avant le match.
Pourtant, les moments de gloire sont si rares au PSG que l’on pourrait s’attendre à ce que tout soit fait pour que ces moments soient exceptionnels.
Et bah, non, les mêmes, toujours le mêmes, sont là pour venir laisser un arrière-goût amer au gâteau.
J’étais au Stade de France, dans le « kop » parisien en 2004 quand le capitaine parisien, Déhu s’était fait siffler, conspuer tout le match, par « ses » propres supporters, sous prétexte que celui-ci était en passe de signer dans le club honni, haï de l’OM.
Le PSG l’avait emporté, mais quelle image que ce mec de 34 balais en pleurs (de tristesse) pour ce qui devait être l’un des plus beaux moments de sa carrière (soulever le trophée à son public) ? Quelle image que ce groupe du PSG partagé entre la solidarité avec son capitaine retourné au vestiaire après avoir piteusement soulevé la coupe et l’envie de faire la fête sur le terrain, avec « ses » supporters?
J’étais au Parc des Princes, quand les « vrais supporters » de Boulogne avait voulu nous lancer un bar mobile sur la tronche, sous le prétexte, que nous, pauvres supporters des tribunes latérales avions décidé d’encourager notre équipe, alors qu’eux, investis dans leur rôle de « voix du PSG » avaient décrétés que « tous les supporters du PSG devaient faire la grève des encouragements en signe de protestation ».
J’en passe, et des pas moins moches : les bastonnades, les ratonnades, les chants douteux, les insultes…
Alors on ne va pas me dire que le PSG souffre encore et toujours d’une minorité d’abrutis, qu’il y a des cons partout, à Lens et à Marseille aussi…
Non, c’est faux, les abrutis congénitaux sont largement surreprésentés dans les tribunes des matchs du PSG.
Et ce n’est pas nouveau.
Le PSG a le pire public de France, il est non seulement versatile (venez goûtez les « encouragements » du public parisien que le PSG est mené au score !), il est aussi haineux.
Et ce n’est pas l’hypocrisie des associations « officielles » de Boulogne qui osent annoncer « officiellement » qu’il s’agit d’un « acte isolé » alors même que la banderole recouvre sur des dizaines de mètres leurs propres banderoles, qui va me faire changer d’avis.
Juste un vaste sentiment de ras-le-bol de devoir toujours me justifier de supporter le PSG.
Déjà que le côté sportif n’est pas toujours facile à défendre, ça devient vraiment usant de devoir montrer, expliquer, qu’on peut et qu’on doit supporter son équipe dignement et respectueusement.
Je n’adhère pas à la devise (piquée à l’un des pires groupes de hooligans anglais de la pire époque) de certains groupes « ultras » : « No one like us, but we don’t care ».
Moi, je ne m’en fous pas, j’en ai marre d’être toisé, dévisagé, jugé d’un regard parce que j’arbore fièrement une écharpe du PSG l’hiver et des T-shirts du PSG l’été.
Je ne suis pas un « ultra », pire, j’emmerde les « ultras », je les conchie, je les abhorre.
Qu’on les foot (sic) dehors, qu’on les interdise de stade, et surtout qu’on ne me ressorte pas que ce sont eux qui mettent l’ambiance au stade ?
Quelle ambiance ?
Les huées, les insultes contre les Weah, Déhu, Landreau, Rothen (et j’en oublie des listes…)?
Les sifflets à chaque fois que le PSG est mené au score, ou simplement parce qu’il y a toujours 0-0 à la mi-temps ?
La grève des encouragements ?
Les tribunes vides ?
Les matchs à huis-clos ?
Les rixes entre tribunes, entre groupes « ultras » ?
La mort d’un « supporter » ?
C’est clair qu’on peut se poser la question de savoir les supporters d’une autre équipe que le PSG qui avaient posé cette affiche dans ce contexte aurait déclenché la même polémique.
Difficile de poser la question puisqu’il n’y a que le PSG pour faire ça à ce moment là, avec cette exposition médiatique là, au moment même où « tous les français se sentent chtis ».
Je suis partagé.
Je ne vais pas revenir sur le traitement particulier que subi le PSG depuis des années, entre le cas Fiorèse, l’exception Frau, l’arbitrage des saisons dernières, le tout exacerbé par l’éternelle guéguerre Paris-Province et excité par la surexposition médiatique du club parisien en dépit de ses résultats médiocres ces dernières années.
Je veux bien, mais faut pas pour autant se voiler la face sur l’image que les supporters du PSG véhiculent d’eux à travers toute la France.
A ce titre là, on récolte un tout petit peu ce qu’on sème.
Là où, les supporters du PSG sont définitivement les champions de France, c’est de la connerie. Je me passerai bien de ce titre déshonorifique.
Someday girl
I don't know when
We're gonna get to that place
Where we really want to go
And we'll walk in the sun
But till then
Tramps like us
Baby we were born to run!