Citation:
20 ans pour avoir tué quelqu'un, avec possibilité de sortir après 10 ans par exemple ? en gros à 30-35 ans il est dehors. Tu trouves ça lourd comme peine toi ?
Pas "lourd". Je dirais "assez lourd" ou "juste". Mais il faut dire que je ne résume pas l'histoire à "il a tué quelqu'un".
Citation:
Le but de la justice est quand même de protéger la société à la base, et de punir les fautifs non ?
Je vois pas tout à fait ça comme ça, mais je serais curieux de voir où t'emmène ce présupposé. La société est supposée protégée, puisque le môme de 17 ans qu'il était va avoir tout le loisir de murir en taule. (sans compter l'état dans lequel il ressortira... La société n'est absolument pas protégée par la prison, au contraire). Quant à la punition, elle existe sous la forme de l'incarcération.
Par contre, je serai curieux de voir si la prison va remplir dans le cas de ce mec son autre mission : l'éduquer et préparer sa réinsertion.
En tout cas (et je ne parle pas forcément de toi, Caribou), je constate que les doctrines sécuritaires ont trouvé du grain à moudre en abondance. En mettant systématiquement en avant la souffrance de la victime dans le débat social, on a fini par échapper à toute tentative d'objectivation des situations. C'est très frappant de voir que la plupart du temps, ces débats que nous avons ici (mais que j'ai, comme beaucoup d'entre vous sans doute, aussi ailleurs) finit immanquablement par se cristalliser autour d'arguments de type "tu crois que la victime se satisfait du jugement ?".
La victime n'a nullement à se satisfaire du jugement. La victime n'a qu'une envie : qu'on reconnaisse sa douleur (sans la chiffrer) et qu'on fasse vite sortir de sa vie l'individu qui lui a causé du tort. C'est une légende urbaine de plus en plus tenace et assez habile de laisser entendre que le jugement pourrait atténuer la souffrance de la victime.
Ca me rappelle ce flic qui avait demandé à une femme qui venait déposer plainte si elle voulait qu'il aille dans la pièce à côté démonter la tronche de son violeur. Il se demande encore aujourd'hui pourquoi elle lui a dit "c'est vous que ça soulagerait, moi, je m'en fous".
Mais c'est à la mode. Ca fait vendre du papier et glisser des bulletins à la con dans des urnes qui n'en demandaient pas tant...