Dans un sens un peu plus étudié et philosophique j'ai trouvé dans des cours de philo que je lis assez souvent, un texte qui exprime la notion de manque associée au bonheur de chaque individu.
je cite :
Citation:
1°) Quand est-ce qu'une personne est en manque, fait l'expérience d'un manque ?
2°) Quand est-ce qu'on peut dire d'une personne qu'il lui manque quelque chose, qu'elle manque de quelque chose ?
Citation:
Nous pouvons distinguer deux types d'usage de la notion de manque. Être en manque, faire l'expérience d'un manque, dans le cas par exemple de la faim, ou d'une drogue pour un toxicomane, le manque est directement ressenti, éprouvé par la personne. Mais si nous affirmons qu'il manque une page dans un agenda, il n'est pas question ici d'un manque ressenti, mais d'un jugement qui se fonde sur le fait que nous savons qu'il devrait y avoir cette page, et qu'elle n'y est pas. Dans ce cas, il s'agit d'un manque établi par comparaison, par comparaison avec un modèle, avec une idée de ce qui devrait être.
Ne pouvons-nous pas alors appliquer cette distinction entre les deux types de manque, à la notion de plénitude ? Dans ce cas, on distinguerait une plénitude ressentie, qui correspondrait au fait de se sentir heureux, et une plénitude établie par comparaison avec un modèle de plénitude, avec un idéal du bonheur. Dans le premier cas, il suffirait de se sentir pleinement satisfait pour parvenir au bonheur, dans l'autre cas, il suffirait que notre vie soit conforme au modèle de la plénitude, pour parvenir au bonheur.
Cela nous amène à poser deux problèmes à propos de la notion de bonheur.
Citation:
1°) Peut-on parler d'un même modèle de plénitude pour tous ? Y a-t-il vraiment un idéal de bonheur objectif, ou bien est-ce à chacun de déterminer sa propre conception du bonheur ? Le problème du paternalisme est évoqué : peut-on contraindre quelqu'un à faire ou ne pas faire quelque chose afin qu'il soit plus heureux, ou pour éviter qu'il soit malheureux, au nom d'un modèle du bonheur ? Peut-on imposer à quelqu'un une contrainte en prétextant que c'est pour son bien, pour son propre bonheur, en vue d'un certain modèle de bonheur ?
2°) On ne peut pas dire d'une personne qu'elle est heureuse si elle ne se sent pas heureuse, mais suffit-il vraiment qu'une personne se sente heureuse pour que l'on puisse dire qu'elle est heureuse ? John Stuart Mill affirmait qu'« il vaut mieux être un homme insatisfait qu'un porc satisfait ». Effectivement, si seule la plénitude ressentie compte pour parvenir au bonheur, pourquoi ne pas vivre la vie d'un animal pleinement satisfait ? Choisirions-nous vraiment ce type de vie ?
Exemples :
1°) L'alcoolique qui noie ses malheurs dans l'alcool : il se sent heureux dès qu'il boit et décide donc de boire tout le temps. Cette personne est-elle heureuse ?
2°) L'amoureux insouciant : une personne est follement amoureuse d'une autre, qui l'aime également, mais par ailleurs, cette personne a énormément de soucis ; pourtant, la seule chose qui compte est d'être près de celui (ou celle) qu'elle aime, et elle néglige totalement tout le reste, elle ne veut pas y penser. Cette personne est-elle heureuse ?
Citation:
Dans chacun de ces cas, la personne se sent heureuse, pourtant nous hésitons à dire que sa vie est heureuse ; bien que la personne ne ressente aucun manque (nous sommes dans le cas d'une plénitude ressentie), nous hésitons à dire qu'il ne lui manque rien (il y aurait dans la vie de la personne un manque, par comparaison avec une certaine idée que nous nous faisons du bonheur). Ces exemples permettent de mettre en évidence les problèmes suivants.
Ces exemples illustrent l'idée qu'il est possible qu'une personne se sente heureuse, mais que l'on ne puisse pas dire que sa vie est heureuse. Toutefois, avant d'examiner cette possibilité-là, il faut d'abord comprendre quand est-ce qu'une personne se sent heureuse.
Qu'est-ce qui fait qu'une personne se sent heureuse ?
C'était un peu long