Je voudrais pour sein et les autres revenir sur la cristallisation (sous toutes ses formes)... Je vous invite à lire un cours que j'ai lut moi même il y a peu...
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I. Mettre fin aux illusions psychologiques
Même si on ne peut pas extirper radicalement l’illusion, pourtant, il y a nécessité d’y mettre fin quand elle surgit dans la pensée, prolifère dans le monde et devient source de violence, de confusion et de souffrance. Il y a nécessité de traquer l’illusion psychologique.
1) Qu’est-ce que l’illusion psychologique ? L’illusion psychologique, telle que nous la rencontrons le plus souvent a sa racine dans le désir amoureux, et la forêt de son développement dans l’amour passion. C’est dans la passion en effet que se produit la cristallisation du désir. Mais le seul exemple de l’amour passion reste insuffisant. Il risque de nous faire oublier toutes les errances idéologiques de la pensée et le processus d’auto-tromperie qui les accompagne et toutes les fuites qui s’ensuivent. Le mot illusion « vient du latin ludere qui signifie jouer, jouer avec quelque chose qui n’est pas tangible. Ce qui est tangible, c’est ce qui se passe réellement,qu’on qualifie de bien, de mal ou d’indifférent. Et quand on est incapable de faire face à ce qui se passe réellement en nous, alors échapper à cela, c’est créer l’illusion ».
Ne pourrions-nous pas voir dans l’illusion psychologique, ce qui est produit par la pensée, pour autant qu’elle impose à la Vie la tyrannie de ce qui devrait être, la plaçant alors dans une contradiction insoluble ? Ce travail est patent dans les illusions idéologiques. Notre XX ième siècle a été une époque extraordinaire de foi dans des illusions idéologiques de toutes sortes, que nous avons payé par un solde de millions et de millions de morts. Le nazisme a promut une représentation illusoire de supériorité culturelle d'une race humaine. Le marxisme a entretenu une croyance dans une idéologie qui a enflammé le monde, divisé l'humanité contre elle-même, ruiné au bout du compte les idéaux humanitaires dont il se croyait porteur. Sans compter avec le colonialisme qui l’avait précédé, colonialisme qui ne peut avoir de sens, coupé de sa croyance fondamentale en la supériorité incontestable du modèle culturel occidental. Croyance illusoire elle aussi, mais redoutablement efficace. Terriblement efficace. Les peuples d’Amérique du Sud en savent quelque chose. Ils ont été décimé par cette croyance. L’illusion en aval est une représentation montée dans un but précis et une représentation dans laquelle l’esprit voit une réalité. Mais, du point de vue de ce qui est, dans cet exemple, dans les illusions idéologiques, qu’y a-t-il ? L’illusion de la fragmentation, l’illusion de la supériorité. Il n’existe pas de séparation réelle dans ce qui est, car tout est lié dans le Réel et en définitive, l’humanité est une. Quand dans le mental humain germe l’idée selon laquelle il doit rivaliser avec un autre pour que celui qui est supérieur gagne, il sème une illusion qui propage le chaos. Quand des êtres humains en viennent à croire que le chrétien est supérieur aux païens, que le civilisé est supérieur au sauvage, que le blanc est supérieur au noir, que l’américain est supérieur au reste du monde, alors tout ce qu’ils pensent structure un système conflictuel et une représentation concentrationnaire. Pourquoi ? Parce que la supériorité n’existe pas, parce qu’elle est une illusion, ce qui est sens exact du mot mâya en sanskrit, ce qui n’est pas. Il ne peut y avoir de meilleur et supérieur là une chose est unique, est sa propre référence, parce qu’une chose n’est jamais supérieure à elle-même. L’idée de supériorité idéologique est un concept qui ne renvoie à rien.
La leçon que nous devons en tirer est d’abord celle-ci : une illusion est montée dans un but spécifique et vécue comme réelle. Il suffirait que nous puissions voir dans quel but elle a été montée et que nous cessions de croire dans sa réalité pour que nous puissions y mettre fin.
Maintenant, il n’est pas possible de cesser de croire dans la réalité d’une illusion, tant que nous ayons une vision claire des mécanismes qui la construisent. La question fondamentale que nous devons avoir le courage de nous poser est :
dans quelle mesure sommes-nous dupes de nous-mêmes ?
Si j’entretiens la croyance que je dois devenir meilleur qu’un autre, que je dois posséder une personne, que je dois posséder beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir, il est évidemment que mon souci, c’est d’assurer un futur douillet et ainsi, tout ce qui peut me sécuriser dans ce sens est une représentation dans lequel je désire intensément croire. Je cherche une sécurité pour le futur et je me la donne dans des représentations sécurisantes. Les sécurités que je place dans la possession d’une femme, d’une fortune, d’une position sociale, d’un poste haut placé ne sont au fond pas différentes. Elles disent toutes que je dois avoir pour être, qu’être sera dans le futur si je peux avoir. Il y a des représentations mentales très séduisantes qui font miroiter cette promesse de sécurité. Des représentations qui rassurent. Mais y a-t-il jamais eu de sécurité est-elle dans une représentation mentale ? Et cette sécurité que nous cherchons désespérément réside-t-elle seulement dans le temps ?
Est-ce que nous ne sommes pas en train de nous duper nous-même en tentant de meubler le futur de promesses ? Si c’est vrai : « Le chercheur s’impose sa propre illusion : nul ne peut faire cela pour lui, c’est lui seul qui le fait. Nous créons notre illusion et en devenons ensuite les esclaves. Le facteur fondamental de ce processus est notre constant désir d’être quelque chose », d’assurer une continuité. Ainsi, « nous commençons à tricher dès que nous avons cette soif d’être, de devenir, de nous accomplir ». Expérience banale. « Après tout, c’est cela que la plupart d’entre nous désirent : être en sécurité. Être perdu avec les autres est une forme de sécurité psychologique ; s’identifier à un groupe ou à une idée, profane ou spirituelle, c’est se sentir en sécurité. C’est pour cela que nous nos accrochons presque tous au nationalisme, même si nous voyons qu’il n’apporte qu’un peu plus de destruction et de misère ; c’est pour cela que les religions organisées ont un tel empire sur les gens, même alors qu’il est évident qu’elles ne font que diviser et créer encore plus d’antagonisme dans le monde. Le désir de sécurité individuelle ou collective engendre la destruction, et le désir de sécurité psychologique fait naître l’illusion. Notre vie est illusion et douleur, avec de rares instants de clarté et de joie, aussi accueillons nous avec enthousiasme toute promesse de havre ».
2) La mise en cause est sévère. Elle met à jour une forme d’énergie très particulière que le désir propulse, dans l’intensité de la croyance. Fièvre de l’idéaliste pressé de convertir les masses à une idéologie sensée délivrer le salut pour tous. Fièvre du religieux presser de faire du prosélytisme à tout crin pour faire entrer de force dans le sein de son église des brebis égarées. Fièvre du nationalisme halluciné de son propre discours pour la lutte vers une cause finale. Harangue guerrière du politique. Fièvre des fanatiques de tous bords. Dès que le processus est lancé par le désir, il suit son cours « plus nous prolongeons notre erreur, plus elle acquiert d’intensité. Elle nous confère une certaine vitalité, une certaine énergie et la capacité de l’imposer à autrui. Ainsi, graduellement, nous nous prenons à ce jeu et y entraînons les autres. Il y a là un processus de tromperie réciproque. Et en sommes-nous conscient ? Nous nous croyons capables de penser très clairement et très objectivement ; est-ce que nous nous rendons compte que cette façon de penser abuse nos esprits ? ».
A question radicale, solution radicale : et si nous acceptions maintenant d’habiter ce qui est sans avoir le souci d’être en quoi que ce soi « quelque chose » ou de devoir absolument devenir « quelqu’un » ? Et si nous acceptions délibérément de n’être rien de particulier ? De ne pas avoir de définition et de ne pas en chercher ? « Alors seulement serions-nous affranchi de toute illusion… l’esprit ne s’abuserait pas lui-même par des justifications, l’esprit ne serait pas avide de sécurité ». Le seul fait de voir les ramifications et les résonances de l’illusion pourrait nous conduire à cet abandon. A tout le moins, nous pouvons au moins comprendre que le petit jeu mental du mensonge interne ne fait que corrompre le mouvement du cœur. « Tant que nous nous mentons à nous-même, sous quelque forme que ce soit, il ne peut pas y avoir d’amour. Tant que l’esprit est capable de créer et de s’imposer une illusion, il se sépare de toute compréhension collective et intégrée ». Il demeure dans le champ clôt de la pensée.
Il ne peut pas y avoir de coopération des hommes, tant que subsistent des barrières qui les divisent et ces barrières ne sont rien d’autres que les croyances que nous entretenons. La croyance permet l’identification et l’identification donne à celui qui la pose une identité qui s’oppose fatalement à une autre identité.
« Toute croyance divise. Nous voyons comment les partis politiques s’opposent l’un à l’autre. Chacun d’eux, ayant sa méthode pour résoudre les problèmes économiques, est en guerre avec tous les autres. Ils ne prennent pas la décision de combattre la famine, par exemple, mais se battent entre eux pour faire triompher des théories censées devoir mettre fin à la famine. Le problème, ils ne s’en soucient guère ; ce qui les intéresse, c’est la méthode à employer pour le résoudre. Ils sont donc en conflit, chacun se souciant plus de son idée que du problème commun. De même, les personnes dévotes sont en conflit l’une avec l’autre, tout en proclamant – en paroles – la vie une, Dieu et le reste ». Mais comment pourrions-nous résoudre nos problèmes, sur un terrain de division ? Comment œuvrer pour la paix dans le monde, pour la prospérité des hommes, dans les conditions mêmes par lesquelles nous ne faisons que perpétuer la division ? Donc la guerre et la misère.
N’est-il pas indispensable de voir comment la division elle-même opère, comment l’esprit produit la fragmentation qui est dans la pensée ? N’y a-t-il pas au moins urgence à se demander si la fragmentation n’est pas justement une illusion ? N’est-il pas possible d’ouvrir les yeux et de prendre conscience, dans une vision pénétrante de l’ensemble de ces mécanismes ? « La perception même de tout ceci est l’intelligence – non pas l’intelligence d’un esprit astucieux, rusé, non plus que l’intelligence livresque, mais l’intelligence issus de l’observation claire, lucide. Dans cette intelligence issue de cette claire observation, il y a la sécurité ; cette intelligence même est sécurité ». Après tout, nous ne sommes abusés que lorsque nous ne comprenons pas. S’éveiller de l’illusion psychologique ne doit pas être si difficile. Tant que nous sommes dans l’illusion, il y a une lutte avec la réalité, une tension qui est tout à fait perceptible. Il faut faire beaucoup d’efforts pour se tromper soi-même et de cet effort nous pouvons très bien être conscient. Nous pouvons lâcher les faux semblant, les chimères, les leurres. Lâcher prise et déconstruire est un acte aussi créatif que de s’agripper à une illusion et de construire avec. L’Intelligence a sa propre énergie, son élan et sa joie libératrice.
Il n’est pas facile de savoir si nous ne sommes pas victime d’une illusion, tant que nous n’avons apporté aucune précision sur ce que nous appelons la réalité. Nous avons vu d’autre part que l’illusion pouvait avoir une fonction dans l’économie de la vie, dans la mesure où, dans sa faiblesse insigne, elle éprouve le besoin de se couvrir d’un manteau de protection. Après tout, il y a une bonne manière de rêver qui précède une bonne manière de se réveiller explique Jourdain. Et la littérature est cette bonne manière de rêver. Elle participe certes de l’illusion, mais tout en préparant la sensibilité à un Eveil. A la limite, la sensibilité a l’idéal y trouve aussi sa juste place. L’idéal peut paraître illusoire et pourtant cela n’enlève pas sa valeur. Ce n’est pas parce qu’une choses n’est pas de ce monde qu’elle n’a pas de valeur. L’idéal c’est la prémonition d’une réalité qui viendra demain et tant que cela n’est que construit dans le jeu de l’imaginaire, cela a sa place.
Il reste cependant, que nous ne devrions pas hâtivement en tirer la conséquence que toute illusion est justifiée. Il est essentiel de combattre l’illusion sur le terrain psychologique. C’est un combat sans fin que la guerre contre le préjugé, mais un combat qui a sa nécessité et doit être mené sans compromission. Et cet ultime combat est peut être bien plus près de nous que nous n’aurions tendance à le croire. Livrer combat contre l’illusion, et pour la vie, c’est d’une certaine manière livrer le combat contre le moi habituel lui-même ! Contre toute représentation du Réel. Il faut une certaine dose d’insurrection radicale pour avoir cette audace. Cependant, si l'illusion accompagne le processus de la manifestation, si elle est métaphysique, elle ne saurait entièrement être éradiquée. Elle ne peut qu'être vue et comprise, non pas supprimée. Mais sa reconnaissance modifie radicalement la perspective. Vers l'Eveil.
J'enchaine avec un autre cours (oui oui je lis beaucoup) sur l'inconscience et l'imaginatif... Le fait de penser à la place de l'autre, s'inventer des scénarios... Ça vient de la cristallisation, qui exerce une pression et une influence psychologique énorme sur notre conscient/inconscient.
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C. La fin des scénarios et l'amour de ce qui est
A quoi se résume finalement notre inconscience ordinaire ? A la tendance à nous identifier entièrement à des scénarios mentaux mis en lieu et place de la réalité. En dernière analyse, cette identification suppose que nous ayons une foi quasi dogmatique dans nos croyances inconscientes. Sans investigation du terreau inconscient de la croyance, la mauvaise herbe des pensées aliénantes et incontrôlées prolifère. La plupart des êtres humains laissent tourner en boucle dans leur esprit toujours les mêmes disques, ce qui perpétue les mêmes conditionnements de la pensée, les mêmes comportements, au bout du compte, la même société. Que ce soit au niveau individuel ou collectif, ce que l’homme élabore est le fruit de la pensée.
Quand la pensée est ligotée dans des scénarios mentaux non investigués, l’inertie prévaut. Il ne peut y avoir de changement créateur sans mise en lumière des croyances inconscientes. Notre liberté en dépend. Un esprit soumis à tout un fatras de croyances inconscientes ne peut jamais être libre.
Dans la tradition volontariste de l’introspection, on croyait que l’esprit devait combattre les pensées mauvaises, imposer un contrôle. Par l’examen de conscience, le moi idéal devait discipliner et moraliser le moi réel. Or nous avons montré plus haut que cette division intérieure affaiblit l’esprit et finalement renforce l’ego. Quand l’introspection introduit un jugement moral, une condamnation, elle s’écarte de la connaissance de soi.
Ce que montre l’investigation, telle que l’enseigne Byron Katie, c’est que le fait même d’aborder la vie à partir de ce qui devrait être, au lieu de respecter ce qu’elle est, est une illusion qui engendre beaucoup de confusion. La véritable droiture ne vient pas d’un ordre imposé par la volonté, mais de l’ordre intérieur que seule la vérité permet d’établir.
Respecter la vérité, c’est accepter ce qui est, donner à ce qui est l’autorisation d’être ce qu’il est, sans faire intervenir un devoir-être. A quoi peut bien servir de lutter en pensée contre le fait que le vent souffle ? Le fait est là, le vent souffle. Cela est. Mieux vaudrait l’accepter et se faire l’ami du vent. Il est toujours possible de percevoir les faits sans résistance et sans la confusion découlant de la lutte intérieure contre la réalité. « Personne ne souhaite que son enfant tombe malade, personne n’a envie d’avoir un accident sur la route, mais quand ces infortunes surviennent, quelle utilité peut bien avoir le fait de débattre mentalement avec elles ? » Le fait est que « mon mari n’est pas d’accord avec moi». Puis-je simplement accepter qu’il puisse ne pas l’être ? Pourquoi ne pas l’autoriser à n’être pas d’accord ? Après tout c’est exactement ce qui se produit ! Il arrive parfois que l’on s’amuse à mes dépens. C’est ainsi. Alors pourquoi ne pas l’accepter ? Cela se produit, comme il arrive que l’on ne me comprenne pas, qu’on m’ignore, qu’on ne m’écoute pas, qu’on ne tienne aucun compte de mes conseils, ni de mes décisions. Pourquoi ne pas accepter immédiatement qu’il en soit ainsi ? Pourquoi ne pas autoriser les choses à être ce qu’elles sont ? A quoi bon râler, trépigner comme un enfant capricieux pour que les choses soient différentes de ce qu’elles sont ? Ce n’est pas parce que le cinéma nous montre en permanence ce mauvais exemple d’une réactivité émotionnelle que c’est une attitude à suivre. Même si 90% des gens autour de moi se comportent de manière insensée en se laissant emporter par un scénario mental, ce n’est pas une raison pour les imiter.
Remarquons qu’à chaque fois, le scénario mental qui donne lieu à un nœud douloureux de conflit, d’amertume, de ressentiment, de violence, de résistance, est imbriqué dans une croyance inconsciente sous-jacente qui enveloppe un devoir-être. Elle se traduit souvent par un de ces « conditionnels du bonheur » dont la plupart des gens raffole, du genre : ah, si… (mettre dans les pointillés 10.000 conditions)… je pourrais être heureux(se) !
Laissez tomber les intermédiaires ! Soyez donc heureux(se) tout de suite. Laissez tomber les conditions ! En acceptant les autres tels qu’ils sont, vous pouvez désormais les respecter et les aimer tels qu’ils sont et non pas conformément à un scénario forgé de toutes pièces. Vous pouvez aussi vous autoriser à être ce que vous êtes, vous respecter et vous aimer tel que vous êtes. Par exemple, mieux vaut exprimer consciemment la colère et la lâcher en cinq minutes que de la réprimer pour être rongé intérieurement ensuite toute la journée. Si les larmes montent, pourquoi ne pas les laisser déborder ? Qu’est-ce qui est le plus sain ? Le plus vrai ? Quand l’émotion est là, elle est ce qui est, elle n’est peut être pas « convenable » (au nom de quel principe?), mais elle peut être acceptée pour ce qu’elle est, parce qu’elle est. Comme l’arbuste à côté de moi qui plie sous le vent, le chien mouillé qui vient renifler ma main, mes chaussures trempées, la voiture en panne sur le bas-côté etc. Cela est. C’est ma situation d’expérience ici et maintenant. C’est tout. On peut s’inventer toutes sortes de raisons pour dire que « cela n’aurait pas dû être », ou « cela devrait être différent ». Le mental est utilisé en permanence à cet usage et il s’appuie pour cela sur de soi-disant principes. Jamais remis en question. Mais ce n’est plus un esprit, c’est une machine à halluciner.
Ce qui fait difficulté, souligne Byron Katie, c’est la rapidité avec laquelle le scénario s’empare de notre activité mentale et en vient à nous posséder complètement, de sorte que nous partons dans une histoire, sans nous douter un seul instant qu’il s’agit seulement d’une fiction de notre esprit, d’une théorie non-examinée. Or « si vous opérez à partir de théories non-investiguées, au sujet de ce qui se passe et que vous n’en êtes même pas conscient, vous êtes dans ce que je nomme le « rêve » ». Qui vire le plus souvent au cauchemar. Un inconscient, c’est quelqu’un qui rêve les yeux ouverts et ne voit que ses propres pensées. C’est de l’insanité. Devons-nous écouter toutes les suggestions qui surgissent dans notre esprit et partir dans toutes ses interprétations ? Non. Pas si nous mettons en œuvre l’investigation. Il y a le fait et ce que le mental vient broder dessus. Le fait par nature est neutre. Il est ce qu’il est. Alors ? Est-ce bien vrai ce que la pensée raconte à son sujet? En êtes-vous sûr ? Ou bien est-ce des sornettes ? Question radicale : Qui serais-je sans le scénario que je fais tourner en boucle dans mon esprit ? Que se passe-t-il quand brusquement je prends conscience que ce n’est qu’un scénario ? Ah !... Je peux éclater de rire. Peut être pour la première fois. Voyez p. 6 l’exemple du travesti aux toilettes. C’est une vraie libération. Un pas vers la santé hors de la confusion mentale.
Ou mieux encore : si j’arrêtais de prendre au sérieux les fictions qui tournent dans ma tête, je ne serais plus du tout le même, je serais une autre personne que ce moi bavard avec ses vieilles histoires personnelles, ses concepts arrêtés, ses principes, ses rancunes, ses préjugés, ses opinions tranchées etc. Bref, tout l’attirail avec lequel il cherche à se singulariser.
Terminons par une mise en demeure : « soit vous restez attachés à vos pensées, soit vous les investiguez. Vous n’avez pas d’autre choix ». Personne ne peut délibérément prendre le parti de l’inconscience et nous avons beaucoup à gagner dans l’investigation. C’est une approche très fine d’exploration de la conscience. Au minimum, par respect pour notre propre intelligence, nous devrions au moins trouver le chemin qui va des croyances inconscientes aux croyances conscientes.
La phénoménologie dit qu’il est en notre pouvoir de mettre entre parenthèse l’attitude naturelle et de suspendre nos croyances. Est-ce à dire que toutes nos croyances doivent être déconstruites ? Réponse de Byron Katie : « Investiguez celles qui vous font souffrir. Éveillez-vous de vos cauchemars, et les rêves délicieux s’occuperont d’eux-mêmes». L’investigation consiste seulement à prendre conscience des pensées, même pas à les changer et la lucidité fait que l’action suit d’elle-même. L’auto-référence de l’investigation est conservée. Les conseils, les recommandations que nous avions distribuées à qui mieux mieux autrefois, nous découvrons alors qu’ils s’appliquent d’abord à notre manière de vivre, pas à celle d’autrui. « Peut importe que quelqu’un soit à l’écoute ou non, puisque vous l’êtes. Vous êtes la sagesse que vous nous offrez ; en étant tout simplement ».
Très très intéressant texte j'avoue... Si vous avez tout lut félicitations et méditez !