GuitaristeX a écrit :
Et si on recentre sur le sujet initial ?
Bon ok, c'est encore moi qui dois recentrer... et ben aller, je m'y colle
Pas de conseils à demander ni à donner, juste une histoire à raconter, c'est déjà pas mal, non ?
Première phase : je plante le décor
Tout à commencé il y a un mois. Soirée de retrouvailles avec mes deux meilleurs potes de Lycée, qui sont toujours mes meilleurs amis mais que je vois un peu moins souvent depuis qu'ils sont mariés (chacun de leur côté, pas ensembles...). L'un des deux est même papa depuis cet été, donc les soirées où on se retrouve tous les trois tous seuls sont plutôt rares ces derniers temps...
On était dans un petit resto italien bien sympa, on mangeait bien, on buvait bien. L’ambiance était on ne peut plus détendue, on déconnait avec le patron qui était assez cool, on riait beaucoup… j’en oubliais même de mater les tables voisines, ce qui est pourtant habituellement l’occupation principale du célibataire affamé que je suis sensé être ! (Bon en fait c'est pas vrai, je suis célibataire, mais pas franchement affamé en ce moment...)
Deuxième phase : l’évènement déclencheur
Mes deux amis étant fumeurs, il arrive forcément un moment où l’envie d’une cibiche se fait sentir… il pleut (détail absolument insignifiant qui n’apporte rien à l’histoire, mais moi ça me fait plaisir de me souvenir, na). Nous voici donc dehors, sous la pluie, à moitié abrités par l’auvent du resto et par mon minuscule parapluie, eux riant moi toussant, quand arrive d’un décidé le jovial patron de l’établissement. Il se penche vers nous comme pour nous dire un secret :
"Excusez moi de vous déranger messieurs, j’espère ne pas vous importuner avec ça, je ne fais que transmettre un message : il y a une charmante jeune femme dans le restaurant qui a flashé sur l’un d’entre vous… "
Bon, sur le moment ça nous a laissé un peu sur le cul, mais je me suis vite ressaisi, et j’ai pris la parole : "Voyez vous, deux d’entre nous sont mariés, et un seul est célibataire… et pourrait être intéressé par une charmante jeune femme. Dite nous donc sur lequel de nous trois elle a flashé."
C'était moi. Forcément, on a tous les trois éclatés de rire, comme des ados lycéens que nous étions il y a plus de 10 ans…
Le patron nous a indiqué la charmante demoiselle qui dinait avec une amie, et qui était en effet très charmante, puis nous somme retournés à notre table, comme si rien ne s’était passé.
Troisième phase : bah… rien.
On termine notre repas en se demandant quelle attitude je devais adopter… c’est bien joli de savoir que cette fille me trouve à son goût, mais je ne vais pas me pointer à sa table, au milieu du resto blindé de monde, pour lui dire "salut poupée, tu me rejoins aux chiottes dans 5 minutes, ça va être ta fête…". Non non non, je suis un gentleman, évitons le mauvais scénario de film X…
On décide donc d’attendre un éventuel signe de sa part. Je la regarde assez régulièrement, en essayant de croiser son regard, pour tenter un sourire… mais elle ne me regarde jamais. Une fois le café terminé, le digestif dégusté, plusieurs dizaines de minutes se sont écoulées sans un regard ! Zut, si elle n’est pas plus motivée que ça, je ne vais pas insister. Elles discutent beaucoup avec le patron du resto, rient avec lui, comme s’ils étaient amis de longue date, mais toujours aucun regard dans notre direction. Je dis donc à mes potes que ça me saoule, et que de toute façon c’est pas vraiment mon genre les filles suffisamment gonflé pour transmettre un tel message par italien interposé mais trop timide pour rendre un bête sourire. Donc on se lève et on se casse. Il ne restait presque personne dans le resto, juste nous, la fille en question avec son amie qui réglaient leur addition en riant toujours avec le patron, et une autre tablée qui s’apprêtait à sortir aussi. Mes potes se fument un dernière clope devant le resto avant qu’on reparte chacun dans sa direction, on voit la dernière table sortir, mais les filles restent dedans… Grrrr… (Nan, parce-que même si ça me saoulait, je n’avais pas complètement jeté l’éponge…). Elles ne sortent pas, et se mettent même à danser le rock dans le restaurant à tour de rôle avec le patron en se marrant comme des baleines ! Mes potes se marrent en me disant "bon et ben c’est lui qui va passer un bon moment, t’aurais du te décider avant", on se dit au revoir et chacun part de son côté. Enfin, ils partent de leur côté.
Quatrième phase : je n’ai pas dit mon dernier mot.
Là je me retrouve seul sur le trottoir devant le resto, en me disant que c’est vraiment dommage, je n’ai qu’à rentrer de nouveau dans ce resto et danser avec eux, il y a deux filles pour un seul homme, c’est déséquilibré ! Mais bon, là il faut prendre son courage à deux mains, c’est pas forcément évident… d’un autre côté, je me dis qu’il est déjà tard, je me lève très tôt le lendemain car je pars en déplacement professionnel, j’ai bien besoin de mes quelques heures de sommeil.
Comme dans les dessins animés, avec mon petit diable sur une épaule et mon petit ange sur l’autre, je pèse le pour et le contre...
- Mon petit diable : "Vas-y Jump, elle est déjà folle de ton corps, tu entres là dedans et tu l’emballes direct, c’est du tout cuit ! "
- Mon petit ange : "Tu sais Jump, ta situation est déjà assez compliquée comme ça… tu vis encore avec ton ex avec qui la relation n’est pas encore clarifiée, tu as bien besoin d’une petite pose dans tes aventures… et puis tu es très fatigué en ce moment, tu me fais du soucis avec tes cernes sous les yeux, vas donc dormir un peu tu en bien besoin..."
- Mon petit diable : "Ne l’écoute pas ce gros naze, elle est très mignonne cette fille, je suis sûr que c’est une vraie blonde… tu n’as pas envie d’aller vérifier ? Je te connais mon petit Jump, tu crève d’envie d’aller vérifier…"
Mon petit ange : "Bon, là il n’a pas tort, j’aimerais bien vérifier moi aussi… "
Ok c’est décidé, je fonce !
Me voilà donc de nouveau à la porte du resto, devant le patron qui m’ouvre avec un sourire qui lui va d’une oreille à l’autre. Je lui sors, très sûr de moi : "Je crois que j’ai oublié quelque chose" et j’entre. Bon, pas très à l’aise non plus. Je ne trouve rien d’autre à dire que "je ne suis pas aussi bon danseur que monsieur, je crois que je ne vais pas vous faire de démonstration ce soir". Le patron a bien compris, il emène l'autre fille danser et me laisse causer avec la fameuse demoiselle. Bon, franchement, je ne suis pas très à l’aise dans cette ambiance. On discute un peu, mais elle essaye d'insister pour que je danse un peu avec elle, en me disant que elle non plus ne sait pas danser... Comme je n'ai vraiment pas envie de danser, je décide donc de m’éclipser au plus vite, afin de pouvoir se rencontrer dans des circonstances qui me seraient plus favorables. Je lui laisse donc mon numéro sur un bout de papier, et je prétexte de devoir me lever très tôt le lendemain (ce qui était vrai !) pour justifier mon départ précipité.
Bon, là vous devez vous arracher les cheveux. Pourquoi ne suis-je pas resté ? C’était dans la poche, j’aurais pu profiter un peu plus, faire vraiment connaissance, lui proposer un autre rendez-vous…
Mais je n’étais vraiment pas à l’aise, j’étais fatigué pour de vrai, et ce que disait mon « petit ange » un peu plus haut était vrai aussi... Et puis je trouvais ça sympa de juste laisser mon numéro et partir en laissant une part de mystère. Elle allait me rappeler prochainement c’était certain.
Cinquième phase : l’attente
Et ben non. Un mois après, toujours rien. Pas un coup de fil, pas un sms, rien. Il m’avait bien semblé comprendre dans notre rapide conversation qu’elle allait commencer des études sur Lyon en octobre, et qu’elle n’était pas originaire de Lyon... Peut-être était-elle sur Lyon seulement pour son inscription à la fac, et peut-être est-elle retournée chez elle en attendant de commencer les cours en octobre. Peut-être attendait-elle d’être physiquement sur Lyon avant de reprendre contact.
Et bien oui, pour une fois mon analyse était bonne, comme quoi, je ne suis pas si con en fait !
Sixième phase : par sms, comme les jeunes !
Hier après-midi, j’étais à un récital piano/voix donné par une copine qui est chanteuse lyrique (oui, les concerts classique, c’est à l’heure du thé…), subjugué par la musique, tranquillement accoudé au zinc avec ma blonde (pas une fille… celle plus liquide, avec des bulles…), quand je sens la légère vibration caractéristique qui indique la réception d’un message sur mon téléphone. C’était ma blonde ! (oui, la fille cette fois-ci)
Elle me demande si je me souviens d’elle, m'explique qu'elle vient juste de revenir sur Lyon, et me propose d’aller "boire un café" dans la semaine. Tiens donc, un café, aurait-elle suivi les enseignements de Sauron ? Trèves de facéties, j’attends qu’on soit tranquillement posé en terrasse avec mes amis qui étaient au concert, je leur expose la situation, et suite aux divers conseils plus ou moins débiles (et souvent salaces…) de mes potes, je lui renvois un message pour lui proposer de m’accompagner à mon premier cours de salsa mardi prochain... Bah oui, je me mets enfin sérieusement à la danse, ça suffit d’être ridicule en soirée à côté de mes amis qui dansent super bien...
Elle a accepté. Vivement demain soir.
La suite au prochain épisode