On va pas refaire le débat, c'est très pénible. Les deux orthographes existent, ou ont existé, et ont toutes les deux une justification.
Citation:
Contrairement à l’opinion commune (mais la tradition est portée par la tradition sans nécessairement chercher d’autres justifications), Claude Duneton écrivait ceci le 18 décembre 2003 dans la rubrique « au plaisir des mots » du Figaro :
« [...] Autant pour moi est une locution de modestie, avec un brin d’autodérision. Elle est elliptique et signifie : Je ne suis pas meilleur qu’un autre, j’ai autant d’erreurs que vous à mon service : autant pour moi. La locution est ancienne, elle se rattache par un détour de pensée à la formule que rapporte Littré dans son supplément : Dans plusieurs provinces on dit encore d’une personne parfaitement remise d’une maladie : il ne lui en faut plus qu’autant [...] elle n’a plus qu’à recommencer. »
« Par ailleurs, on dit en anglais, dans un sens presque analogue, so much for... « Elle s’est tordu la cheville en dansant le rock. So much for dancing ! » (Parlez-moi de la danse !) So much, c’est-à-dire autant. C’est la même idée d’excuse dans la formulation d’usage : Je vous ai dit le « huit » ? Vous parlez d’un imbécile ! Autant pour moi : c’est le dix qu’ils sont venus, pas le huit. Le temps ici n’a rien à voir à l’affaire. Du reste on dit très rarement autant pour toi, ou autant pour lui, qui serait l’emploi le plus « logique » s’il y avait derrière quelque histoire de gesticulation.
« Par les temps qui courent, j’ai gardé pour la fin ma botte secrète, de quoi clore le bec aux supposés gymnastes et adjudants de fantaisie dont jamais nous n’avons eu nouvelles. Dans les Curiositez françoises d’Antoine Oudin publié en l’an de grâce 1640, un dictionnaire qui regroupe des locutions populaires en usage dès le XVIe siècle, soit bien avant les chorégraphes ou les exercices militaires on trouve : Autant pour le brodeur, « raillerie pour ne pas approuver ce que l’on dit ».
« Aucune formule ne saurait mieux seoir à ma conclusion [...]. »
Bref, rien à foutre de "oui mais le site de l'académie dit ci ou ça". "au temps pour moi" a une origine militaire, et si je sais une chose, c'est bien que je refuse de laisser une origine aussi disgracieuse que méprisable - le jargon de bidasses étant par définition l'antithèse du français convenable - infuser mon langage courant.