Elisabeth Philippe a écrit :
C’est évidemment malhonnête et ne rien avoir compris à son texte post-attentats, dans lequel elle explique que pendant 48h, sous l’effet de sidération, elle a aimé tout le monde : les victimes, les dessinateurs de Charlie, « les crétins qui commençaient à radoter que les Arabes ceci ou cela », et les terroristes. Oui, c’est dérangeant, choquant. Encore une fois, Despentes n’écrit pas pour dorloter et lénifier. Ses mots sont comme les claques que l’on donne pour réveiller une personne inanimée.
Et surtout, son texte ne s’arrête pas là. Il n’est en rien une déclaration d’amour aux frères Kouachi. Il est, en revanche, une déclaration de guerre à la masculinité – eh oui, encore une fois – dans ce qu’elle a de plus toxique :
"« Parce que c’est ça, au final, ce que nous vivons depuis une semaine : les hommes nous rappellent qui commande, et comment. Avec la force, dans la terreur, et la souveraineté qui leur serait essentiellement conférée. Puisqu’ils n’enfantent pas, ils tuent. »"
On ne pourra pas reprocher à Despentes de manquer de suite dans les idées. En revanche, ses détracteurs, trop heureux de ressortir un vieux dossier qui n’en est pas un, n’hésitent pas à l’assimiler à aux terroristes.