Mr Park a écrit :
D'abord il faut comprendre que l'air du temps n'est plus pareil. Polanski "victime du systéme judiciaire américain" c'est fini. Il y a d'autres histoires, d'autres accusations qui méritent d'être d'abord entendues. Tant que ce ne sera pas fait chaque fois que son nom, celui de Ruggia, celui de Weinstein,... seront prononcées cela suscitera (au mieux) le malaise.
On accuse Despentes de complotisme, or, pour moi elle a raison quand elle dit que rassembler 25 millions pour faire un film montre qu'on est encore bien vu dans "le système".
Il y a un passage que je trouve dégueulasse dans ton texte:
Citation:
Il est incontestable que Polanski a commis un viol, qu'il a été condamné par la justice américaine il y a plus de quarante ans et qu'il n'a effectué qu'une partie de sa peine. Il se trouve que la cérémonie des César n'est pas un tribunal.
Bien sûr que si que la cérémonie est un tribunal! Les personnes qui constituent l'assemblée sont dotées de réflexion, et il me semble que la moindre des choses c'est qu'elles l'utilisent quand elles sont d'accord ou pas. Quand on donne les clés de la soirée à une humoriste, il ne faut pas s'étonner qu'elle fasse ce qu'on attend d'elle: de l'humour, de préférence qui râpe et qui pique un peu.
Enfin, la question en filigrane,
"faut-il dissocier l'homme de l'artiste?", franchement perso j'en peux plus. Jeune adulte, moins renseigné que j'étais sur les questions de violence envers les femmes, je trouvais que Cantat avait le droit à le seconde chance. Ensuite j'ai relu l'affaire en détail, les fractures antérieures, la violence psychologique. Depuis je ne peux plus dissocier. Je n'écoute plus Cantat, je ne regarde plus Polanski, je ne lis pas Céline ou Hergé. Un connard est un connard, et un artiste qui est un connard dans la vie est d'abord pour moi un connard.
La meilleure phrase sur le sujet pour moi vient de Blanche Gardin: "on ne dit jamais du boulanger qui tripote des enfants qu'il fait quand même une baguette géniale".
Après, faudra voir les dégâts que ça fera sur la durée dans le milieu du cinéma français, ça paraît presque aussi clivé qu'ici, il y a beaucoup d'acteurs/actrices que je ne vois pas travailler ou retravailler ensemble pour le moment.
Moi non plus parce qu’elle est stupidement posée.
On ne juge pas une personne, on juge ses actes. Un acte criminel. Un acte créatif. La personne n’est pas réductible à ses actes.
L’épuration artistique est la négation de l’art qui se nourrit de nos misérables failles et faillites humaines. Il faut être sacrément présomptueux pour oser juger qui que ce soit, lui intimer de se taire ou le foutre à la poubelle, derrière son clavier ou un écran de surcroit. Souvent ce que nous aimons vient du noir. Pour mieux apprécier la lumière.