Samshiel a écrit :
Pour en revenir à la flexibilité. Je la conçois, je conçois aussi parfaitement qu'une entreprise, si n'a pas d'autres choix, soit amenée à délocaliser, c'est en fait assez rationnel, elle doit survivre. Mais comment se fait il que, alors que les productivités du travail et du capital augmentent conjointement, on remette aujourd'hui en question, par exemple, les 35H?
Cela tient du fait que les entreprises ressentent un besoin de flexibilité pour sortir de l'étouffement, on l'observe aussi dans les stats: depuis presque 30 ans (maintenant!), la part des salaires dans la VA a diminué. Mais comment se fait il que les entreprises soient si étouffées? Du fait, que, tadaa! depuis 30 ans aussi, la part de l'EBE non redistribuée en investissements (en gros, les bénéfices) aie augmentée à peu près dans les mêmes proportions que la diminution des salaires (sauf, bien sûr, dans la petite entreprise).
Du coup, on se retrouve avec des petites entreprises fiscalisées de la même manière que les grosses, et qui, étouffent réellement, à coté d'autres, dont le budget est tout aussi serré, mais du fait de l'augmentation de bénéfices redistribués aux actionnaires et autres intervenants. C'est gros, mais c'est un fait.
Le point que tu soulève est très intéressant, bien que pas complètement vrai. Ce phénomène que tu décris est en grande partie lié à la tertiarisation de l'économie. Le problème vient du fait que pour les entreprises aujourd'hui, la masse salariale est considérée comme une charge et pas comme un investissement. Je n'en dis pas plus, c'est mon fond de commerce. Je prépare une publication et une thèse sur le sujet, mais j'ai besoin de mesurer mes théories.
Il est clair (c'est l'idée que je défend) que la charge que représente la masse salariale n'est pas assez apréhendée en terme de valeur ajoutée et de richesse créée, mais comme une charge qu'il faut réduire car elle augmente inexorablement, au détriment, comme tu le soulignais, de la rentabilité du capital.