Ancienne édition chez Actes Sud :
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Penseur critique de la société industrielle, enseignant nomade, théologien iconoclaste, Ivan Illich (1926-2002) reste aujourd’hui méconnu. Si ses écrits pamphlétaires contre les institutions modernes ont rencontré un large écho, ils ont aussi conduit à négliger l’ampleur de son projet intellectuel : décrire et analyser la « topologie mentale » des sociétés contemporaines en l’ancrant dans la longue histoire de l’Occident et du christianisme.
Cette réédition des deux livres d’entretiens accordés par Illich au journaliste canadien David Cayley dans les années 1990 offre une excellente introduction à son œuvre en même temps qu’elle en dévoile la profondeur.
Dans le premier, Illich revient sur sa vie ainsi que sur la genèse de ses différents livres, sans craindre de mettre en crise ses thèses de jeunesse et de les confronter à une époque nouvelle. Y apparaît également toute l’attention qu’il accorde à la puissance ambiguë du christianisme. Dans la seconde série d’entretiens, il met en perspective le rôle historique de la révélation chrétienne. À travers une méditation sur les implications détonantes de la parabole du bon samaritain et un détour dépaysant par le monde médiéval, il affronte la nouveauté de ce qu’il nomme « l’âge des systèmes », critiquant ainsi avant l’heure la numérisation du monde.
Comment continuer à vivre et à lutter lorsque tout semble perdu ? Ces deux textes, qui forment le testament spirituel d’Ivan Illich, nous aident à prendre la mesure de ce défi collectif.
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Voici le meilleur portrait du Montmartre des rapins, des traîne-savates, des ateliers d’artistes sans le sou, des bistrots enfumés où l’on pousse la goualante, des arsouilles menaçants, d’une vie de bohème menée par les Picasso, Mac Orlan, Poulbot, Valadon, Utrillo, Carco, Dorgelès et tant d’autres.
André Warnod les a tous connus, fréquentés, et a fait avec eux les 400 coups, et bien plus ! Le vieux Montmartre défile sous les yeux du lecteur ébahi : le Bateau-Lavoir, le Lapin agile, le Moulin de la Galette… Accompagné d’Apollinaire, notre fils de la butte en descend parfois pour retrouver une Closerie des lilas envahie par la fine fleur de la poésie. Et quand, après la Grand Guerre, le foyer des jeunes talents glisse vers Montparnasse, il s’en fait aussi le chantre. Rebelotte donc : ses compagnons de route, dont certains comptent parmi ses intimes, se nomment alors Foujita, Chagall, Youki, Pascin, Modigliani, Zadkine, Kisling…
Il invente d’ailleurs pour eux la fameuse expression « École de Paris ». Tous se retrouvent dans des bals hauts en couleur que Warnod immortalise… Bref, autant dire que les deux volumes de ses souvenirs réunis ici émerveilleront les amoureux de l’art moderne et enchanteront les férus du vieux Paris.