-Bruno- a écrit :
Alors en théorie
:
...
Bruno
J’ai attendu d’avoir quelques minutes pour pouvoir répondre correctement à ce post assez exceptionnel par la qualité de son contenu.
Dans un premier temps je souhaite évidemment te remercier du temps que tu as pris pour expliquer quelque chose qu’on ne trouve pas à tous les coins de rues.
Ensuite, tu émets des doutes sur la clarté de ton explication. Pour te rassurer, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi limpide et synthétique. Mais pour être sûr de ne pas me méprendre je vais m’attarder quelques peu sur le vocabulaire et sur la notation.
Citation:
un dominant secondaire est un accord 7 non diatonique qui veut résoudre sur un accord diatonique une quinte plus basse, la fondamentale d'un dominant secondaire est diatonique!
« Accord diatonique » : je comprends qu’il s’agit d’un accord appartenant à la gamme dans laquelle on est à l’instant « t ». Donc effectivement, si je me trouve en gamme de C majeure, je me retrouve avec tous les accords constitués des notes Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si.
C’est le cas le plus connu et probablement le plus simple. Je suppose que ceux d’entre nous qui savent harmoniser une gamme savent d’abord harmoniser celle-ci. … C’est mon cas.
« I II III IV V VI VII » : J’ai toujours eu du mal avec les notations parce que chacun utilise des choses un peu différentes. Mais, bon, avec un peu de bon sens, on peut s’en sortir.
Certains écrivent :
I ii iii IV V vi vii pour signifier que les tierces sont mineures ou majeures.
D’autres :
IM7 – IIm7 – IIIm7 – IVM7 – V7 – VIm7 – VIIm7b5 ce qui permet de n’avoir aucun doute sur la nature de l’accord cité. (Je pense que ça a une plus grande importance sur l’harmonisation des gammes mineures où l’on trouve quelquefois 2 ou 3 possibilités d’accords pour le même degré.)
L’avantage de la notation que tu utilises, c’est qu’il est plus facile de notifier qu’un accord est « modifié ». Par exemple, on pourrait écrire II7, ce qui indiquerait un D7 à la place de Dm7.
Enfin, concernant la notation « V7/II », je comprends qu’il s’agit d’une Dominante Secondaire sur un accord diatonique de II. Je pense que c’est ce que j’appelle un « cinq de deux ». …Pour trouver l’accord en question, il faut que je considère que le II de la gamme de C majeure devient ma tonique. Ensuite, je prends le degré V de cette nouvelle tonique. Donc ici II est un Dm7 et son V sera alors un A7.
Voilà. Merci de me corriger si j’écris une bêtise.
Citation:
Sur E7 tu joues donc La mineur harmonique
C’est là que j’ai un petit doute.
Selon l’analyse, on se trouve ici avec un V7/VI. Il devrait donc se résoudre sur un Am7. Or, le premier E7 ne mène pas vers un Am7 mais vers un A7. Comment traites-tu ce cas ?
Doit-on agir comme s’il y avait un Am7 à l’accord d’après ? Ou est-ce un cas particulier ?
Questions subsidiaires :
Si je me trouve avec un morceau de
type New Orleans avec cette grille : C6 – F7 – G7 – D7 – Dm7 – G7 – Cmaj7. Le morceau étant censé être en C majeure. Peut-on appliquer la recette de cuisine systématiquement ? Ca me semble lourd (dans le TGV et sans instrument), mais j’essayerais de voir ce que ça donne.
Evidemment, à ce stade de l’explication, j’imagine que tout ceux qui suivent cet échange ont pensé au
cas du blues. Si je prends une grille G7 – C7 – D7, est-ce que ça a un sens d’appliquer la recette sur chacun de ces accords ? (Je pense que la question est tordue, mais j’ai pas pu m’empêcher
)
En tous cas, merci pour tes efforts didactiques. Je viens encore une fois de gagner 10 heures de cours