- La fameuse « pompe » de Fats Domino
- La « pompe » de Fats Domino, suite
- Motif en sixtes
- Naissance du solo
Howdy Folks ! Bienvenus dans ce troisième cours sur le « twelve bar blues » en Mi. A l'image de la classe de 3ème, il s'agit ici de quelques révisions des deux précédents chapitres, de quelques notions nouvelles nécessaires à une longue, tumultueuse, et marécageuse suite ! Nous verrons ici notamment, sur une base de la fameuse « pompe boogie/blues » initiée par Fats Domino et Jerry Lee Lewis avant de passer dans les mains des guitaristes, un embryon de solo un peu hypnotique qui demandera un bon effort d'articulation. Vous avez deux solutions pour y parvenir. Premièrement par un travail acharné, mais vous avez également la possibilité d'aller dealer votre âme à un gars à chapeau vêtu de noir, que l'on peut apercevoir parfois un peu tard le soir, dans les environs d'un carrefour près de Clarcksdale, dans l'état du Mississippi... Il y fait bon, l'alcool est peu dispendieux et les filles sont enjouées...
Laawwwd, have mercy... Laaawwwd have mercy on me...
La fameuse « pompe » de Fats Domino
- Note
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Commençons par un brin de musicologie. Véritable clé du blues, cette petite cellule est absolument essentielle. Basée sur un « power chord », elle tient son origine dans la musique religieuse. Je m'explique. Ici, le power chord de mi (notes mi et si, version simplifiée de l'accord mi-sol#-si) alterné avec la double note mi-do# (version simplifiée et renversée de l'accord la-do#-mi) a pour effet de donner l'impression qu'une succession d'accord I-IV-I-IV est jouée . Musicalement, l'enchaînement I-IV-I s'appelle une cadence plagale et est le symbole de l'ouverture de l'âme au divin. Il faut y voir un rapport direct au gospel, un des ingrédients majeurs du blues.
Voici donc ce fameux riff simple mais racé à exécuter de deux façons, l'une sur les deux cordes graves en aller médiator uniquement, l'autre en retour/aller (cf cours 1) avec un saut de corde. Cette deuxième possibilité peut paraître très déstabilisante au début, car les temps sont joués en retour médiator, mais elle a un son très particulier et permet d'articuler de riff facilement à un tempo élevé.
N'hésitez vraiment pas à accentuer les cordes à vide jouées à la dernière croche de la mesure. Il faut les interpréter un peu sauvagement pour saisir ce rebond rythmique qu'elles procurent. Même s'il s'agit de notes réelles (mi, la , ré à vide) elles sont davantage un élément bruitiste et ne poseront aucun problème lors de la transposition de cette rythmique dans d'autres tonalités.
A écouter en exemple : Slim Harpo « Little Queen Bee »
Montrer les fichier « Cours 3 Module 1 A, B et C»



La « pompe » de Fats Domino, suite
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Voici une version plus complexe du riff précédent, le motif étant décliné sur deux mesures. Il va falloir prendre bien le temps de comprendre et apprivoiser ce qui se passe à la main gauche : sa position naturelle va avoir tendance à muter presque toutes les cordes de la guitare. Evident pour certains, mais un chemin de croix pour d'autres !
Dans la vidéo et la TAB ci dessous, un blues est joué sur deux grilles complètes. La première reprend le riff tel que présenté à la page précédente, la seconde la version plus complexe.
Montrer les fichiers « Cours 3 Module 1 et 2 rhytmique »

Motif en sixtes
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Comme d'habitude, voici un petit motif « lead » à jouer sur la rythmique. Il n'y a pas icide grosse difficulté, mais il va falloir bien articuler les glissés sur les premières notes, et chercher le « fond de temps ». Essayez, sur ce type d'exercice, de prendre l'habitude de jouer légèrement en retard. La clé de l'articulation est un savant dosage de retard et d'accélération. Tout comme la justesse des notes qui se doit d'être approximative dans le blues, les valeurs rythmiques sont extensibles. Si la base rythmique est solide, toutes les imperfections du jeu lead prendront du charme.
Comme dans la vidéo précédente, jouez la version simple de ce motif sur la première grille, la version plus complexe sur la seconde.
A écouter en exemple : BB King – Rock Me Baby
Montrer les fichiers « Cours 3 Module 3 Lead »

Naissance du solo
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SRV, Angus Young, Billy Gibbons, Joe Satriani, Steve Vai, Malmsteen et des dizaines d'autres seront d'accord sur ce point : les premiers shredders (sans parler des génies virtuose du jazz de la première moitié du XXeme siècle) sont les guitaristes de blues noirs américains. Ce sont eux les inventeurs de la fameuse forme solo de guitare rageur, transpirant, fougueux. Même si la virtuosité est alors rarement au rendez-vous, le moment du solo de guitare est vite devenu prétexte au show et à la starification des guitaristes de l'époque.
Voyons ici une phrase relativement longue, qui s'étend sur 4 mesures, et qui sera répétée 3 fois pendant la durée d'une grille, laquelle comporte 12 mesures. J'ai essayé de la retranscrire telle que je l'ai jouée sur la TAB ci-dessous, avec les petites inflexions (bend, hammers etc...) qui me sont passées par la tête, mais libre à vous de les ignorer et de faire vos propres variations. Le principal ici est prendre conscience que la répétition d'une idée en incluant quelques fluctuations est souvent la clé de la réussite d'un bon solo. Comme d'habitude, n'oubliez pas de faire des micros bends sur les notes pour les rendre un peu fausses, ne vous souciez pas trop des cordes à vides qui résonnent, essayez toute combinaison de glissés, hammers, vibrés etc... qui vous semblera bonne. Attention à la petite anacrouse ! (cf cours n°2, chapitre 4)
Pour les plus téméraires, je montre dans la vidéo ci dessous une façon de jouer cet embryon de solo au doigts en incluant les notes basses avec le pouce de la main droite (cf cours n°1, chapitre « pentatonique et bourdon de basse »). N'hésitez surtout pas à passer quelques dizaines de minutes là dessus !












