Biosmog a écrit :
Il y a là un phénomène psychologique assez amusant
Ce phénomene s'appel : L'erreur des coûts irrécupérables
Je vais deveplloper un peu puisque vous aimez mes analyses :
1. Le circuit : Révolution originale ou dépoussiérage d'un classique ?
Le marketing vend le MostrO comme la « synthèse française ultime entre un JCM 800 et un SLO-100 ». Quand on ouvre le châssis et qu'on retrace le schéma au gutshot, la réalité est bien plus prosaïque :
C'est la topologie exacte d'un Naylor Super Drive 60 (conçu par Danny Russell dans les années 90).
La seule vraie modification apportée est l'élimination des entrées High/Low physiques du SD60 au profit d'un système de switching à relais pour commuter les deux topologies (Clean/Crunch et Lead) avec deux Masters. Amha c'est plutot mal fichu mal réalisé sur ce point precis.....
C'est une adaptation très classique, mais en aucun cas une création originale. Revendre du Naylor re-routé sous un storytelling "innovant", c'est de la rhétorique commerciale.
2. Le calcul d'atelier : 135 amplis / an en point-à-point ?
Il est régulièrement mis en avant un volume de 135 commandes par an. Posons la comptabilité physique d'un atelier, même en déléguant la menuiserie (headshells) et en perçant les châssis à la CNC :
Même rodé à 200 %, le câblage propre sur turret board (tourelles), le câblage des relais, le chauffage, le bus de masse, l'assemblage et la mise au point demandent au bas mot 8 à 10 heures par châssis.
À raison de 135 unités, cela représenterait 1 350 heures de câblage pur par an.
En ajoutant le SAV, la gestion des stocks, la comptabilité, le packaging et les coups de téléphone, un homme seul plafonne physiquement à 70-80 amplis par an (en travaillant 50h/semaine sans prendre de vacances).
Le résultat ? Un déficit structurel d'au moins 55 amplis qui s'accumulent chaque année. C'est l'explication mécanique pure des 3 à 4 ans de retard et des délais reportés de mois en mois au téléphone.
3. La mécanique des acomptes : La cavalerie ou fuite en avant financière
Avec 135 commandes entrantes par an à un prix moyen de 1 600 € et des acomptes de 35 % à 50 % :
Ce sont 75 000 € à 100 000 € d'acomptes encaissés chaque année pour du travail qui ne sera pas réalisé avant plusieurs années.
Le "backlog" cumulé sur 4 ans représente une trésorerie dormante de 250 000 € à 350 000 € captée auprès des clients.
Cette masse de trésorerie sert de prêt à taux zéro perpétuel pour financer le train de vie de la structure, amortir l'outillage (CNC) et payer la sous-traitance des commandes passées. Le problème ? L'entreprise vit sur l'argent d'amplis qu'elle fabriquera dans 3 ou 4 ans.
Si le flux de nouvelles commandes venait à se tarir, le robinet d'acomptes se couperait, obligeant l'artisan à fabriquer des amplis dont l'argent a été dépensé des années auparavant. C'est la définition même de la fuite en avant.
Conclusion : Qu'un artisan soit débordé est une chose. Mais alimenter un narratif d'innovation sur des circuits repompés tout en maintenant une structure financière basée sur le captage massif d'acomptes aux dépens des délais annoncés et du reste du marché artisanal français, c'est un modèle qu'il convient de nommer pour ce qu'il est.
À bon entendeur.
n importe qui peut fabriquer un mostro.....il ne sera meme pas plus dur d en faire une bien meilleur version....un secret de polichinelle divulgaché et reconnu ici meme cf : la fonction recherche "naylord SD 60"