Josh43 a écrit :
Fozzie a écrit :
Josh43 a écrit :
L’essentiel de la richesse viens du travail, pas des ressources.
Communiss' !!!
A une époque... Je m'en sens clairement plus proche que des écologiss', c'est sûr... Mais afin de ne pas susciter l'ire des capitalistes de ce topic (ce qui serait une erreur stratégique dans la mesure ou ils constituent mon principal soutiens sur le sujet), je précise que dans ma première définition je mettais travail, ingéniosité et
initiative (ne faisons pas fuir les libéraux)
En fait ce que je reproche surtout aux écolos, c'est de vouloir être "de gauche". S'ils faisaient perdre la droite, je les trouverais déjà plus sympathiques...
Connaissez-vous Hanna Arendt ?
(voir notamment "la condition de l'homme moderne")
Quelques liens:
http://denis.collin.pagesperso(...)t.htm
http://www.mouvementutopia.org(...)t.pdf
Sinon, je cite Thierry Ternisien:
Pourquoi s’intéresser à la pensée de Hannah Arendt aujourd’hui?
D’abord parce que penseur de ce que Berthold Brecht appelait les temps sombres, elle s’est attachée à refonder la pensée politique après la catastrophe du milieu du XXème siècle avec les deux totalitarismes, le nazisme et la stalinisme. Ensuite, parce qu’à travers l’analyse de la condition humaine, elle offre des concepts originaux qui permettent de lever la confusion dans laquelle nous sommes actuellement, avec l’emprise du travail et de l’économie sur l’ensemble de nos vies, et l’action des scientifiques qui va au-delà de ce que nous sommes capables de penser. Enfin, parce que pour le futur, elle permet de reconstruire un espace public ouvert à la pluralité des opinions et au risque de l’action citoyenne, ce qui n’est pas trop le cas en ce moment. Pour elle, politique, pluralité et liberté vont de pair : la liberté et la pluralité constituent la raison d’être du politique et la politique a pour champ la pluralité et la liberté, avec pour raison d’agir l’édification, la construction d’un monde durable, monde dont nous savons qu’il se fragilise sous l’assaut du productivisme et d’une science sans conscience.
Justement, quelles pistes propose-t-elle pour édifier un monde durable ?
Essentielles si l’on entend par là une démarche et des concepts permettant de comprendre notre présent et de réfléchir à notre futur.
A travers les distinctions fondamentales (travail/œuvre/action – public/privé/social – richesse/propriété ) qu’elle pose dans Condition de l’homme moderne elle nous permet de comprendre qu’en faisant du travail la valeur centrale de nos sociétés nous détruisons, de facto, notre monde humain et enserrons nos existences dans l’étau de la nécessité.
Elle nous fait prendre conscience qu’il nous faut remettre au centre de l’activité humaine l’utile, le souci du monde humain. C’est possible dès maintenant à travers l’accompagnement de ceux, de plus en plus nombreux, qui sont exclus du champ productiviste (travail/consommation). Revoyons, par exemple, sous cet angle les politiques d’insertion et de traitement du surendettement. Testons les apports du revenu universel et de la gratuité.
Nous nous donnerons ainsi les chances de « remettre en place » un monde qui nous reliant, nous séparant et nous protégeant de la nature, tout en la respectant, permettra d’accueillir durablement les générations futures.
Catastrophe de Fukushima, polémique sur les gaz de schiste, Hannah Arendt peut-elle nous aider à comprendre la place de la science dans notre société ?
Oui.
En nous aidant à comprendre qu’alors même que les hommes ont, depuis longtemps et à de rares moments près, exclu du politique, les risques de l’action ils les ont concentrés, avec la science et la technologie modernes, dans le domaine de leur intervention sur la nature. Déclenchant ainsi des processus irréversibles auxquels les remèdes de l’action, dans le domaine des affaires humaines, (pardon/promesse) ne peuvent faire face.
En soulignant l’importance vitale du langage, de l’échange. « Toute action de l’homme, tout savoir, toute expérience, n’a de sens que dans la mesure où l’on peut en parler. » En nous mettant en garde contre le jugement politique des savants, des experts, « qui se meuvent dans un monde où le langage a perdu tout pouvoir ».
En redonnant donc au débat entre égaux, entre citoyens, donc au politique, la place première dans le traitement des questions posées par une science qui ne sait plus penser ce qu’elle fait et menace, par son action sur la nature, la durabilité de notre monde.