pour répondre concrètement à GOGO... et va falloir lire... bon courage.
Leçon XXX. L’accomplissement de la relation
Nous pourrions individuellement nous vanter de mener une vie confortable, d’avoir réussi sur le plan du travail, de conserver une piété religieuse, d’avoir une moralité irréprochable, ou un sens esthétique raffiné et des valeurs intellectuelles solides. Il n’est pas certain pour autant que le sens de la relation y trouve son compte. C’est même souvent le point faible des personnalités les plus fortes dont on dit qu'ils ont réussi. Le sujet qui fait montre d’un QI élevé peut très bien en même temps être asocial, voire être un autiste de la communication. Bref, le QI ne rime pas avec le QR (quotient relationnel).
( ça me fait penser à Sein héhé ).
L’homme postmoderne vit centré sur lui-même, il profite de bien des avantages que la société lui offre, mais il communique peu ou mal. Il vit dans l’isolement, car ce sont les processus égocentriques qui font naître son isolement. Il vit aussi dans un déchirement relationnel constant, en reportant indéfiniment ses attentes sur l’autre, en espérant que le prochain amour comblera ce que le précédent a déçu. Ce qui semble invariablement mener d’illusion en illusion, ou bien conduire à cette situation de désespoir tranquille qui résume le plus souvent la vie de couple aujourd’hui.
( On en revient toujours à ce principe d'illusions inconscientes que l'on se crée et qui nous mène vers la cristallisation. )
Appel, demande, espoir et attente
Nous pensons communément que le but de la relation est de trouver la joie, le bonheur et l’épanouissement dans le partage de la vie avec un autre. Il faut maudire notre solitude, la défaire, aller vers les autres, car ce n’est qu’ hors de soi que l’on peut trouver ce qui nous rendra heureux. Nous avons besoin des autres et la solitude est un repli sur soi dont on doit sortir, pour exploser dans la relation à l’autre. Essayons de donner sa voix à cet implicite très présent dans l’attitude naturelle.
( J'vous coupe le passage sur les religions ... )
Faut-il inscrire la crise des relations dans un contexte plus large, celui des mentalités de notre époque ? Est-ce une question « sociologique » ? Ce serait une tentative adroite de relativiser le problème des relations vers le « social » en général. Les analystes les plus lucides de notre temps s’accordent à reconnaître que la postmodernité est en proie à une situation de crise relationnelle inédite. Notre époque confond tous les repères, brouille toutes les relations et retourne allègrement toutes les valeurs. Alors, au milieu des familles recomposées, des divorces à répétition, des familles monoparentales, des couples à la dérive, on se cramponne comme on peut et on se débat pour trouver des assurances où on croit pouvoir en trouver. L’hyper individualisme postmoderne a mis l’ego sur un piédestal. Mooa se montre, mooa s’exhibe, se met en valeur, moi se démonte, se démystifie, se dénigre, mais moi est toujours là, y compris quand il fait une véritable fixation sur l’autre. A partir du moment où le culte des apparences est une préoccupation furieuse et où l’ego a une place aussi importante, il y a bien peu de chance que les relations se portent bien. Gilles Lipovesky dans L’Ere du Vide note que le sujet-consommateur finit par tout mettre sur le même plan. Consommer-jeter. Une relation amoureuse, cela se consomme et cela se jette, comme une barquette de frittes et une canette de soda. Le sexe, c’est de la consommation rapide, comme la cigarette. A partir du moment où le culte du plaisir est devenu la seule valeur prédominante, le sens d’une relation morale est délétère. Nous sommes, selon un autre tire de Lipovesky à l’ère du Crépuscule du devoir. Seulement, la boulimie consommative renforce la frustration, elle fragilise les plus faibles, elle exaspère les tensions sociales. Elle suscite la colère à l’égard de ceux qui ont le privilège de pouvoir vivre des fantasmes que le commun des mortels doit se contenter de regarder à la télé.
Faut-il identifier la solitude avec l’isolement ? On peut accuser la « société », mais ne sommes-nous pas pour quelque chose dans notre isolement ? N’y a-t-il pas des processus qui conduisent à l’isolement et le renforcent ? Que nous soyons interdépendant, cela, personne n’en doute, mais l’interdépendance et la dépendance, est-ce bien la même chose ? Entrer dans la relation, en exigeant la satisfaction d’un désir de reconnaissance, n’est-ce pas la meilleure façon de la saboter ? Ce qui est essentiel dans la relation, est-ce ce qu’on en retire, ou n’est-ce pas plutôt ce qu’on lui apporte ? La responsabilité n’est-t-elle pas une expression de l’auto-référence ? Ou encore, la responsabilité, n’est-ce pas surtout le lien auquel je me donne, plutôt que le profit que j’en retire ? Le propre de l’irresponsabilité, n’est-ce pas de se dégager soi-même de toute relation ? Est-il bien exact de dire qu’une relation doit être « construite » ? N’est-elle pas toujours déjà-là, en sorte que ce qui compte, c’est surtout de la vivre ? Etre relié à un autre, est-ce la même chose que de le ligoter ? Peut-on vraiment trancher dans la valeur des relations ? Et si toutes les relations étaient sacrées ? Et si la solidarité n’avait en fait rien à voir avec la dépendance mutuelle liée au besoin ? Et si l’amour n’avait rien à voir avec l’attachement ? Et si aimer voulait précisément dire donner de soi sans attente, sans tractation, sans espoir de retour ? Et si l’amour était un don et non pas un échange ? Et si le « contrat de mariage » religieux et public, fondé sur le seul désir de sécurisation, était une imposture ? Et si la demande d’un amour exclusif et l’incarcération de la liberté qui s’ensuit, étaient la meilleure manière de tuer l’amour ? Et si l’amour et la liberté par essence allaient toujours ensemble ? Et si nous découvrions brusquement que ce qui grandit une relation, c’est justement de pouvoir l’aborder sans demande ni exigence ? Et si la caution d’autorité de la religion qui présuppose en Dieu des « besoins » était fondée sur une mécompréhension ?
Le miroir de la relation
Qu’est-ce que la relation ? Etre relié veut dire ne pas être séparé, ne pas être coupé de. La relation est l’unité, la séparation introduit une division. La relation veut dire retrouver l’unité en cessant d’introduire une division dans ce qui est par nature inséparable.
La relation humaine a le même sens : être relié à l‘autre, c’est ne pas être séparé et qu’il n’y donc aucun obstacle qui introduise une division là où règne la non-séparation, l’unité. Dans un premier temps, nous devons nous interroger sur cet état d’unité ou de division.
( Être relié veut dire être effectivement présent dans la relation. Ce qui veut dire aussi habiter la vie, telle qu’elle se donne à chaque instant. )
Citation:
Krishnamurti dans La Relation de l’Homme au Monde : « Notre vie telle qu’elle est, notre vie de tous les jours, est faite de relations. La vie est relation. Etre relié suppose un contact, non seulement physique, mais psychologique, affectif, intellectuel. Il ne peut y avoir de relation sans grande affection. Il n’existe aucun lien entre vous et moi si ce qui existe entre nous est purement intellectuel, verbal ; cela, ce n’est pas une relation. Il n’y a relation que s’il y a sens un contact, de la communication, de la communion, ce qui suppose une affection immense »
La relation intellectuelle est toujours seconde. La première relation est affective. La relation intellectuelle est créée par la pensée, mais ce n’est pas la pensée qui me met en relation. La relation est, avant que la pensée ne l’interprète, elle est parce que la vie est par nature relation. La relation est sensible et être en relation, c’est d’abord être accessible et vulnérable.
Nos activités égocentriques nous isolent et nous ne sommes pas disponibles. Mais ce n’est pas tout. Il est évident que la relation n’existe que dans la disponibilité et même la fraîcheur nouvelle de chaque instant. Ce qui ôte encore la disponibilité et enlève la spontanéité, c’est que nous rencontrons autrui en interposant le plus souvent une image de l’autre.
Sans aller chercher un exemple exceptionnel, nous pouvons remarquer que l’interposition de l’image joue son rôle de manière constante dans la vie quotidienne : je rencontre une caissière au supermarché, un étudiant, un propriétaire foncier, un client, un voisin etc. Je modèle ma conduite sur un concept spécifique et la relation prend un tour convenu. Mais la relation est perdue, elle est devenue très compliquée et on ne communiquera plus désormais que par image interposée. Cela va jusqu’à la relation proche de la femme et de son mari. Même si tout commence dans le contact immédiat, « dans les relations humaines, ce contact immédiat n’existe pas, parce que vous, le mari ou la femme, vous vous faites une image de la femme ou du mari ».
La question est donc : est-il possible de vivre en relation sans faire intervenir l’image de l’autre ? Cela signifie vivre la relation. Pouvons-nous aborder la relation en dehors de toute idée et de toute image ? De manière neuve, sans faire intervenir un présupposé
( La connaissance de soi dans la relation met au jour ce qui d’ordinaire fonctionne comme un schéma répétitif. La relation à autrui est un extraordinaire instrument de connaissance de soi. )
« Vous ne pouvez vous connaître que par rapport à votre vie de tous les jours ». C’est dans la prise de conscience que l’action véritable s’inaugure. « Etre conscient de tout le contenu de la relation, c'est cela, l'action, et à partir de cette action une véritable relation devient possible, et il devient possible d'en découvrir la profondeur, la signification immenses ». La relation nous tend un miroir où nous pouvons observer ce que nous sommes, où nous pouvons, non pas faire des efforts pour nous montrer sous tel ou tel jour, mais nous révéler à nous-même. « Toute relation est comme un miroir qui nous fait percevoir clairement ce qui tordu et ce qui est droit ». « Il est vrai que l’on se révèle souvent aux autres mais qu’est-ce qui est important, de se voir tel que l’on est ou de se montrer à un autre ? »
( Je vais éviter de vous mettre la partie sur la réponse à donner au miroir de soi, ça vous fera réfléchir... )
De l’auto-référence à la recréation
La question est donc de comprendre quel est le but véritable de la relation. L’opinion répond que c’est de « trouver » la joie et l’accomplissement. On le dit gentiment, avec de la candeur et de la sincérité, mais c’est une erreur. Le but de la relation n’est pas de « trouver » la joie et l’accomplissement, mais de créer la joie et l’accomplissement. Cela a en fait très peu de rapport avec un autre en particulier, mais beaucoup de rapport avec soi. Celui qui veut trouver est par définition condamné à perpétuellement chercher. Il s’est auto-persuadé par avance qu’il ne disposait pas de ce qu’il cherche, il s’est auto-persuadé qu’il manquait de quelque chose qui se trouvait quelque part ailleurs et comme par magie (du prince charmant et de la belle au bois dormant) dans un être extraordinaire, « l’autre ». Nous n’essayerions jamais de « trouver », si ce que nous cherchions était déjà là. Le but de la relation est de créer à deux, de devenir co-créateur de notre réalité ; ce qui importe, ce n’est pas ce que nous sommes sensé « trouver » dans la relation, mais ce que nous sommes capable d’apporter à la relation
Dans le premier cas, nous sommes dans la relation faible, vide et dépendant, dans le second, nous sommes créateur, ce qui est très différent. Comprendre que nous sommes créateur de nos relations personnelles, c’est déjà participer de la puissance, de la plénitude de l’auto-référence de la Vie. Si nous sommes en relation avec autrui, c’est pour partager notre plénitude, ce n’est pas pour vampiriser l’affectivité d’un autre et combler un manque que nous nous sommes proprement inventé : celui du « besoin de l’autre »
Les relations humaines ne sont pas un « moyen » d’épanouissement souhaitable, désirable ou enviable. Le but de l’expérience de la relation, n’est pas de combler des « besoins », mais de recréer à neuf ce que nous sommes en co-création avec l’autre et nous ne pouvons créer qu’à partir de ce que nous sommes. Et nous sommes la Vie elle-même dans sa perpétuelle donation à soi. L’idée que j’ai besoin de quelqu’un en particulier pour obtenir ce que la relation est sensée donner - cet étrange objet qu’est « le bonheur » (dont personne ne peut dire en quoi il consiste objectivement !) - amène un extraordinaire dysfonctionnement dans la relation, car elle créée d’emblée une condition, la condition dans laquelle une personne dépend d’une autre pour être heureuse et c’est précisément ce qui nous rend malheureux.
( Le bonheur est un état de conscience. )
Il est très romantique de penser que je n’étais rien avant la venue de l’autre. Mais c’est faux et c’est une illusion désastreuse. En outre, nous n’avons pas conscience de l’énorme la pression qu’une telle demande impose à l’autre. Nous lui imposons en fait d’être l’incarnation de toutes sortes de fantasmes. Plus grave, nous lui imposons fondamentalement, d’être ce qu’il n’est pas. La demande crée une illusion, l’illusion accomplit une subversion ontologique. Dans un premier temps, bien sûr, l’autre fera beaucoup d’efforts pour être ceci ou cela, à notre convenance, jusqu’à ce que la coupe soit pleine et qu’il en ait assez. Ne pouvant plus remplir tous les rôles auxquels il a été assigné, l’autre finit par ressentir amertume et frustration, la frustration de ne pouvoir accomplir ce qu’il est. D’être aimé tel qu’il est. La frustration engendre la colère et de la colère engendre la violence. Afin de parvenir à se sauver d’une relation pénible, celui dont nous attendions tout, celui dans lequel nous avions mis tant d’espoirs, revient à ce qu’il est vraiment. On dit « il a changé », « elle a changé » ! Réaction ignorante. Il est seulement redevenu lui-même ! Ce qu’il aurait pu rester si la relation avait été fondée sur des bases saines.
C’était un mirage romantique que de croire que depuis qu’il était entré dans notre vie, nous nous sentions complet. L’illusion ici, était de croire que le but de la relation était de trouver quelqu’un avec qui nous pourrions nous « compléter ». Mais c’est exactement l’inverse qui se produit, car ce que l’attachement finit pas découvrir, c’est que dans la relation nous sommes devenu moins complet qu’auparavant. Moins vivant, moins créateur, moins libre, moins enthousiaste etc. que lorsque nous étions célibataire. Nous avons abandonné une part de nous-même pour trouver une prétendue sécurité avec un autre, tout en croyant trouver la complétude ! ! Il y a une erreur depuis le début. Le but de la relation n’est pas la fusion avec un autre, le but de la relation c’est d’avoir quelqu’un d’autre avec qui partager notre plénitude. La recherche fusionnelle n’est pas l’unité vraie de la vie. Le paradoxe extraordinaire de la relation, c’est que nous n’avons besoin de personne en particulier pour faire l’expérience de notre plénitude, mais sans quelqu’un d’autre, la plénitude ne trouve pas à s’exprimer et il semble alors que sans l’autre je ne suis rien.
Il est assez difficile d’assumer pareil paradoxe qui est celui de la Vie elle-même. Nous sommes socialement très mal préparés à le comprendre et nous ne sommes pas assez lucides pour tirer une leçon des expériences de nos échecs répétés. Sans la compréhension des processus engagés dans la relation, il est inévitable que en venions à reproduire les mêmes schémas. Alors, il ne reste plus, à partir de bases fausses, qu’à tirer des conclusions cyniques : l’amour ne dure que trois ans dit Beigbeder ! Trois ans d’illusions avant de récidiver trois autres années d’illusions, pour récidiver etc. Ou bien trente ans de désespoir tranquille, quand, ayant perdu tout enthousiasme, on finit par faire de la fatalité une vertu. Nous sommes à la roue, dans une constante épreuve : mesurer à quel point l’autre est à la hauteur de nos attentes. Mesurer à quel point nous avons été à la hauteur des siennes. Et à la fin, les comptes sont clairs et c’est toujours le même résultat : personne n’est à la hauteur ! Les attentes gâchent les relations humaines.
On nous a dit et répété que pour mettre fin à nos tendances égocentriques, il fallait ne pas tenir compte de soi et donner tout pour l’autre, ce que nous avons parfois compris comme voulant dire nous renier en faveur de l’autre. Bref, la relation doit être fondée sur une obligation. Or ce jeu consistant à faire une véritable obsession de l’autre, au nom du devoir, ne fait lui aussi qu’accroître la confusion. Nous en venons à nous soucier exclusivement de ce que l’autre pense, de ce qu’il croit, de ce de ce qu’il dit, ce qu’il fait, de ce qu’il attend, ce qu’il exige et planifie. Il ne s’agit plus que de se mettre à son service, ce qui est la porte ouverte à toutes sortes de manipulations. Bien content sera en face celui qui trouve là un moyen de servir ses intérêts, en profitant des services qu’on lui offre avec un dévouement de chien battu. L’obsession de l’autre n’est pas un service, mais une servitude. Elle met l’un dans la dépendance, et elle empêche l’autre de faire l'expérience immense du don de soi. La dénégation du soi réassure la tyrannie égocentrique vis-à-vis de l’autre. Puisque nous sommes dans le masochisme et les relations tordues, il faut aussi observer qu’en pareil cas, nous fonctionnons en relation dans un incroyable déficit d’estime de soi. Une pensée sourde trotte dans la tête : « Il faut que j’aime l’autre pour qu’on m’aime, alors, alors seulement, je serais digne d’être aimé… et je pourrais m’aimer ». En vérité, c’est parce que nous nous détestons nous-même que nous avons entrepris de nous sacrifier jusqu’au martyre.
On rejoint là totalement ce que dit Sauron©...
Alors tout devient épouvantablement compliqué. Le manipulateur s’interroge : « on me témoigne de l’amour, étrange, c’est louche… qu’est ce que cela cache ? Non, non, il doit y avoir erreur… Il essaie de me manipuler. Comment pourrait-on m’aimer moi, tel que je suis ? Moi, indigne et insipide. Non, c’est impossible. Il y a fraude. Je ne me laisserai pas faire… je vais l’éprouver. ». Evidemment, cette pensée subconsciente est mère de toutes sortes de pensées filles, les enfants de la perversité : « il va falloir qu’il fasse ses preuves ! Il faut qu’il change son comportement pour moi, qu’il me suive et m’obéisse ». Ensuite, une fois qu’il s’est mis à croire qu’il pouvait être aimé, il y a l’étape suivante dans laquelle il se demande « mais combien de temps vais-je pouvoir garder cet amour ? Comment puis-je assurer cette affection ? La conserver pour moi seul ?». Parvenue à ce terme, la relation est tombée dans un bourbier infernal. Chacun s’y est perdu, car le fait même de se concentrer exclusivement sur l’autre et d’instaurer une relation unilatérale a conduit la relation vers l’échec.
La seule épreuve de la relation est celle que je m’impose moi-même et le plus difficile est de savoir dans quelle mesure j’ai pu produire dans la relation l’expérience la plus élevée de ce que je suis. Conscience. Dans cet espace, il n’y a pas de relation superficielle et de relations privilégiées, il n’y a pas non plus de personne ou de circonstances sans importance et toutes les relations sont sacrées.
J'vous zappe le chapitre sur les échecs des relations... faut vous faire réfléchir encore
Selon le mot d’Alain dans les Propos sur le Bonheur, « Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d'autrui; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux ». C’est sur ce point que nous avons l’esprit très embrouillé, car on nous a appris que ce n’était pas bien de penser à soi, que c’était de l’égocentrisme ! Bref, c’est bien d’aimer les autres, mais mal de s’aimer soi-même ! Non. La vérité, c’est qu’il est hautement recommandé de s’inclure soi-même dans l’éventail de ceux vers qui nous ouvrons les bras ! Il est aussi important de donner à l’amour de soi une amplitude qui va très au-delà des limites factices de l’ego. Et l’amour de soi n’est pas l’amour-propre. L’amour de soi jamais ne portera préjudice à quiconque, car l’amour de soi n’est rien d’autre que l’amour que la Vie se porte à elle-même. C’est assez radical à comprendre mais d’un point de vue de conscience élevé, ce que l’autre est en train de faire, de dire, de vouloir, d’exiger n’a aucune importance. Ce qui importe, c’est ce que je suis dans cette situation d’expérience. La personne la plus aimante sera toujours celle qui est centrée sur le Soi. L’amour n’exige rien, il donne sans attendre de retour et il trouve sa joie dans le fait même de se donner. Il n'est pas conditionnel comme l'est l'attente.
Citation:
La relation est aussi complexe qu’est la vie elle-même. Elle exige une réponse juste du soi, elle exige que le soi demeure soi, tout en trouvant en lui-même la puissance de création que toute relation exige. Il ne s’agit plus sur ce terrain de question intellectuelle, mais de mise en jeu de l’affectivité. C’est sur ce plan là que nous sommes le plus faible et aussi le plus fort. Le cœur est faible parce que par essence il ne peut que passivement s’éprouver lui-même dans la donation du sentiment. Le sentiment est le langage de l’âme. Ecouter ses sentiments, c’est écouter son âme. Nous souffrons de ne pas écouter l’âme et de continuer à servir nos pensées, à construire nos mirages pour tenter de rentrer de force une réalité dans un modèle qui ne lui conviendra jamais. L’autre n’est ni ce que j’imagine, ni ce que je souhaite et il n’est pas débarqué du fond de l’univers sur ma petite planète personnelle seulement pour me servir. L’autre est libre et c’est en lui accordant sa liberté d’être ce qu’il est que je puis connaître avec lui la plénitude de la relation. L’amour n’enlève pas la liberté, il l‘accorde. Aimer c’est glorifier la liberté de l’autre. Le mystère, c’est que c’est justement quand nous donnons de l’amour sans rien attendre que nous pouvons aussi en recevoir. Parce que nous ne l’avons justement pas cherché.