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Comment font les agriculteurs bio pour se passer de glyphosate ?
L’agriculture biologique, dont le cahier des charges interdit les pesticides de synthèse, démontre qu’il existe des alternatives au glyphosate.
Selon Grégoire Gabillard, céréalier bio à Combrée (Maine-et-Loire), elles tiennent en cinq points fondamentaux. Point numéro un : diversifier les cultures qui se succèdent sur une parcelle pour éviter la sélection de mauvaises herbes spécifiques d’une culture. Sur ses 124 ha, Grégoire Gabillard pratique "une rotation longue, incluant sept, voire huit cultures " : colza, féverole, blé, lupin, chanvre, tournesol, soja, maïs grain.
Point numéro deux : le couvert végétal est broyé mécaniquement, puis mélangé avec la couche superficielle du sol pour servir d’engrais vert avant un labour à vitesse lente qui enfouit les graines indésirables sans déstructurer le sol.
Trois : deux binages assurent la maîtrise de l’enherbement tout au long du cycle cultural. Quatre : "il faut beaucoup observer ses cultures et être à l’affût de la bonne fenêtre météo", pour scalper les mauvaises herbes par temps sec. Cinq : puiser dans le sac des astuces agronomiques : décaler la date de semis, réaliser un faux semis pour faire lever les mauvaises herbes et s’en débarrasser dans la foulée…
Grégoire Gabillard le reconnaît : "sans parapluie chimique, c’est plus risqué et c’est compliqué en année humide." Gourmande en temps de travail et en main-d’œuvre, moins productive en termes de rendements, la production de céréales bio compense son coût de production plus élevé "par un prix des céréales deux à trois fois plus élevé qu’en agriculture conventionnelle".