totoleheron a écrit :
Doc Loco a écrit :
manulonch a écrit :
Thrillseeker a écrit :
Je ne suis pas naïf, je sais qu'il y a un lobbying important dans ce domaine, les boîtes qui incitent les médecins à prescrire plutôt leur produit, et peu importe j'ai envie de dire tant que la sécurité est assurée.
J'ai eu l'occasion d'en parler avec un médecin à la retraite (oui ça existe),
c'est affligeant ce qui a pu se passer et se passe encore.
Il y'a pourtant un moyen simple de s'affranchir des pressions des labos: refuser toute visite "informative" de délégués commerciaux des firmes pharmaceutiques, refuser tout sponsoring de réunion scientifique et évidemment tout cadeau. C'est ce que je fais (et je suis très loin d'être isolé!) depuis plus de vingt ans. Il y'a assez de revues scientifiques et de formations non sponsorisées pour assurer sa formation permanente de façon la plus indépendante possible.
Enfin tu m'excuses doc mais c'est comme le 49-3 ou la cinquième il est facile de rejeter la faute sur l'autre.
Si j'étais toubib j’accueillerais les représentants médicaux je ferais les séminaires...Et je ferais ce que je veux. Ce raccourci de lier une pratique commerciale à une pratique professionnelle est un peu facile.
Depuis quand les toubibs sont débiles? Personne ne leur met le couteau sous la gorge.
Que chacun assume sa part de responsabilité. Non, les labos ne mettent pas le couteau sous la gorge des toubibs. Que chacun se regarde dans la glace.
Qui met le couteau sous la gorge du toubib quand celui-ci fait des prescriptions de complaisance (aspirine etc..)?
Je ne rejette aucunement la faute sur l'autre, les toubibs qui se "laissent influencer" (plus ou moins consciemment, j'y reviendrai) sont autant à blâmer que leurs corrupteurs évidemment.
Reste que la meilleure manière d'arrêter a corruption, c'est d'abord d'en arrêter les commanditaires.
Pour ce qui est de la manière d'influencer les prescriptions, c'est évidemment beaucoup plus subtil que "mettre le couteau sous la gorge": les délégués sont (étaient? je ne sais pas comment ils sont actuellement, mais je doute que ça ait changé) rompus à toutes les techniques de persuasion (chez certains, c'est très scolaires, d'autres sont plus doués) et s'appuyent sur des études scientifiques apparemment imparables et tellement bien faites et présentées qu'elles sont difficile à contredire sur le temps d'un RV, même pour un professionnel bien formé. Evidemment, ces études sont le plus souvent exactes ... mais biaisées, minimisant soigneusement tel ou tel aspect de la question.
En gros, c'est un peu comme une discussion avec des témoins de Jéhovah
. Et c'est tout sauf productif.
Alors crois-moi, "si tu étais médecin", tu ne perdrais pas du précieux temps de consultation (je suis sans doute con, je préfère consacrer ce temps précieux au patient qu'au bourrage de crâne) à ces rencontres stériles. Mais pour des médecins isolés par exemple, les délégués des firmes pharmaceutiques représentaient souvent le seul moyen de mise à jour. C'est un temps révolu, grâce à l'existence par exemple de revues indépendantes (la revue française Prescrire en est un bon exemple), de l'accessibilté aisée aux journaux scientifiques de qualité (souvent anglo-saxon mais pas seulement) via le net, à des bases de données d'EBM (evidence based medecine) etc etc ... Bref, le médecin moderne qui veut une formation continue de qualité et la plus indépendante possible n'a plus aucune excuse pour tolérer les démarches des firmes pharmaceutiques.