Les faits d'actualité.

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damonp
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Redstein a écrit :


Par ailleurs, tu ne connais sans doute pas de violeur, mais ça prouve quoi ? Il y en a des wagons dans les hautes sphères, sans parler de l'emprise de cette fameuse culture du viol dans les rapports hommes-femmes à tous les niveaux de la société, où toute femme désirant sortir du lot devient instantanément une marchandise...


Tu connais les hautes sphères? faut arrêter de reprendre les termes à la mode, la culture du viol n'existe pas, cites moi une culture, un pays, où on t'apprend que le viol c'est bien, non je crois que les violeurs sont des planqués, peut être une meute à certains endroit du globe, y'en a pas un de violeur qui se lève le matin et qui se dit "ah je vais le crier sur les toit pour partager ce bonheur avec mes semblables"

autre chose, on est tous et toutes des marchandises depuis nos premiers pas, mais faut arrêter de bloquer là dessus, voir des victimes partout, est-ce que tu peux citer des exemples ou des femmes sont sortie du lot et sont devenues des marchandises?

justement les gens qui sortent du lot ne veulent plus être une marchandise, sauf que c'est impossible, il s'agit juste de choisir ce que l'on veut faire de sa vie

à moins que tu parles des prostituées de force des pays de l'est, d'amérique du sud et d'afrique
Khryss
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damonp a écrit :
Redstein a écrit :


Par ailleurs, tu ne connais sans doute pas de violeur, mais ça prouve quoi ? Il y en a des wagons dans les hautes sphères, sans parler de l'emprise de cette fameuse culture du viol dans les rapports hommes-femmes à tous les niveaux de la société, où toute femme désirant sortir du lot devient instantanément une marchandise...


Tu connais les hautes sphères? faut arrêter de reprendre les termes à la mode, la culture du viol n'existe pas, cites moi une culture, un pays, où on t'apprend que le viol c'est bien, non je crois que les violeurs sont des planqués, peut être une meute à certains endroit du globe, y'en a pas un de violeur qui se lève le matin et qui se dit "ah je vais le crier sur les toit pour partager ce bonheur avec mes semblables"


Bien sûr qu'elle existe ou alors il va falloir expliquer ça :

https://www.francetvinfo.fr/so(...).html

C'est quoi? Du hasard?

Un violeur ne dira jamais qu'il en est un, il dira que la fille le voulait, qu'elle avait une jupe trop courte blablabla...Et ce discourt on le retrouve dans les commissariats(quand c'est pas eux qui le font directement :https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/08/viol-au-36-quai-des-orfevres-les-deux-policiers-condamnes-ont-ete-liberes_a_23687437/)
TimeBomb
Biosmog a écrit :

ou encore Despentes, en apologue du terrorisme (ce qu'il faut être con pour imaginer ça).


Je crois que c’est la deuxième fois que je te vois utiliser ce procédé de l’insulte indirecte. On sent là tout ton amour de la dialectique.

Apologue du terrorisme je ne pense pas. Ce qui me semble indéniable c’est que le texte en question inverse le rapport victime-bourreau. Et pour moi c’est inacceptable pour le cas précis dont il est question.

Voilà l’opinion du con précisée.
TimeBomb
Redstein a écrit :
TimeBomb : l'alternative, c'est que les saloperies de raclures en question seraient mauvaises 'by design'.

Quand on est une vraie raclure, dénuée de scrupules mais très soucieuse de sa petite personne, on devient trader, pas petites mains du terrorisme.

Par ailleurs, tu ne connais sans doute pas de violeur, mais ça prouve quoi ? Il y en a des wagons dans les hautes sphères, sans parler de l'emprise de cette fameuse culture du viol dans les rapports hommes-femmes à tous les niveaux de la société, où toute femme désirant sortir du lot devient instantanément une marchandise... mais pas que :

https://www.lemonde.fr/m-perso(...).html

Maïa Mazaurette a écrit :
La culture du viol, c’est quand on associe pénétration et hiérarchie : celui qui pénètre, c’est le dominant – et par extension, comme le démontre régulièrement l’actualité, c’est celui qui gagne la guerre. A l’inverse, notre langage implique que ceux qui « se font baiser » subissent une forme plus ou moins sévère d’arnaque. Du coup, sans surprise, la culture du viol se nourrit des inégalités hiérarchiques tout en les renforçant : femmes, enfants, vulnérabilité, pauvreté, orientation sexuelle, mais aussi statut, force physique, emprise psychologique ou différence d’âge. On viole trois fois plus souvent une handicapée, deux fois plus souvent les femmes plus économiquement défavorisées. Au cas où il faudrait encore accentuer les inégalités qui facilitent le crime, la culture du viol propage l’érotisation des différences de pouvoir : sont considérés comme attirants les hommes les plus musclés et riches, les femmes les plus minces, jeunes, incompétentes sexuellement et timides – tiens donc !



Bertrand : la caractéristique de base du masculinisme/de la masculinité toxique, c'est le bain de sang. Tu me suis ?


Je crois que notre mésentente tient au terme culture et l’interprétation qu’on en a. Pour moi la validité de l’usage de ce terme impliquerait de la société une forme d’acceptation générale de ce comportement. Je crois qu’on en est pas là.

Après ça ne veut évidemment pas dire qu’il n’y a pas de violeurs ou que les rapports de pouvoir et de domination ne génèrent pas de tels cas, mais je crois que c’est réducteur d’analyser ça sous le prisme d’une prédation sexuelle de l’homme envers la femme. Pour moi c’est sous tendu par les mêmes mécanismes qui poussent par exemple certains patrons à harceler psychologiquement un salarié.

Quant à mon cas personnel. Si il se trouve que je n’en ai que trop connu un. Son cas s’est réglé (de manière pas assez satisfaisante à mon goût) en justice, selon les règles d’un état de droit. Pas sur Facebook ou Twitter ou dans le cadre d’une cérémonie avec un discours entretenant une frontière floue entre humour, dénonciation et inquisition.
Masha
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TimeBomb a écrit :
Je crois que c’est la deuxième fois que je te vois utiliser ce procédé de l’insulte indirecte. On sent là tout ton amour de la dialectique.


Citation:
Quelque soit la façon dont Biosmog s'exprime ,y' a qu'un truc à retenir à la fin : tu es un con et ce que tu dis est con !!!


"Un cuisinier à la fois rustique et savant, plus proche de Bukowski que de Bocuse."

"Fâchez-vous comme vous voulez, je m'en fous."
damonp
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Khryss a écrit :


Bien sûr qu'elle existe ou alors il va falloir expliquer ça :

https://www.francetvinfo.fr/so(...).html

C'est quoi? Du hasard?


attend ce que je veux dire c'est qu'on le cultive pas ça, sûrement pas partout et pas à tout les niveaux, vous comprenez ou pas? perso ma famille, mes potes et l'éducation nationale ne m'a pas apprit que c'était une situation banale et normale à faire ou à accepter, justement celui qui fait ça tu le pourris quand t'en vois un

autre chose, une de mes colocs s'est fait toucher le boule y'a pas longtemps, donc je suis bien conscient que ça existe, elle s'est retourné et lui a explosé le nez, clair net et précis, et ton lien ne parle pas de viol, elle, ma coloc s'est faite violer à de multiples reprise et peut pas témoigner contre le violeur tellement elle se pisse dessus rien que d'y penser

alors des mains au cul et des sifflement à la vue d'une jolie femme oui ça y'en a un paquet, l'apprentissage et l'apologie du viol, non, les gars sont des prédateurs planqués, parfois connus de la police et finalement protégés, on est combien à clamer haut et fort qu'on veut au moins les voir en taules ces mecs là?

non le viol n'est pas dans la culture, c'est une déviance
Invité
damonp a écrit :

non le viol n'est pas dans la culture, c'est une déviance
comme le véganisme ? troll !!!!
TimeBomb
damonp a écrit :
elle, ma coloc s'est faite violer à de multiples reprise et peut pas témoigner contre le violeur tellement elle se pisse dessus rien que d'y penser


Je comprends peut-être mal ce que tu veux exprimer mais j'y perçois peut-être tout le paradoxe des discours actuels sur ces sujets.

C'est très "tendance" de se revendiquer victime aujourd'hui, non pas en raison de faits précis mais sur base de nos caractéristiques (genre, identité sexuelle, ethnie).

Pendant qu'on se revendique haut et fort victime parce qu'on est par exemple une femme, un homosexuel ou un trans, marron ou noir ou tout à la fois, le tout à coups de posts indignés sur les réseaux sociaux, les "vraies" victimes elles ont tendance à largement rester dans l'ombre, écartelées entre leur envie de justice, une certaine honte (je vais y revenir) peut-être, et la difficulté d'être reconnue dans son statut de victime dès lors qu'on veut être reconnu comme tel tout en jouant selon les règles de l'Etat de droit. C'est ça le vrai problème à régler je pense.

Perso, je n'ai aucune fierté à avoir été victime. Au contraire il a longtemps fallu composer avec la honte liée à ce statut (je m'en suis défait aujourd'hui, ce qui me permet d'en parler assez librement ici). La vérité que j'ai retiré de mon expérience, c'est qu'il n'y a aucune fierté à retirer de ce genre de choses. Même le fait d'avoir, adolescent, pris mon courage à deux mains, pour dénoncer cet individu, de l'avoir mis à l'ombre et donc rendu "inoffensif" pour quelques années, avec le recul, je peux dire que j'en ai retiré une certaine satisfaction, mais de la fierté non, jamais.

Bref, tout ça pour dire que, ces situations demandent effectivement beaucoup de courage aux victimes. Et que l'entourage mais aussi la société dans son ensemble ont un rôle à jouer à ce niveau.
Blow Up
Autant les complaisances et l"impunité depuis des décennies envers les prédateurs sexuels qui usent de leurs pouvoirs, de leur influence et de leurs postions sont gerbissimes. Autant les rebellocrates en robes de soirée ou qui dénoncent le pouvoir en ayant une place bien au chaud dans les tribunes médias mainstreams et justement dans les cercles de pouvoir, ne me convainquent pas vraiment.

Bref, climat de merde qui fait plus s'arcbouter les gens sur leurs positions, qu'avancer les choses. C'est dommage car il y a du boulot dans ce domaine.

Et mauvaise nouvelle pour les fans de Rock des années 60/70 (ou de Rap 80/90 d'ailleurs), si les groupies commencent à parler, c'est 80% de leur discothèque que certains vont devoir jeter, si ils veulent rester droits dans leurs bottes moralement.
Invité
Blow Up a écrit :

Et mauvaise nouvelle pour les fans de Rock des années 60/70 (ou de Rap 80/90 d'ailleurs), si les groupies commencent à parler, c'est 80% de leur discothèque que certains vont devoir jeter, si ils veulent rester droits dans leurs bottes moralement.
Laurie Maddox ...
Biosmog
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TimeBomb a écrit :
Je crois que c’est la deuxième fois que je te vois utiliser ce procédé de l’insulte indirecte. On sent là tout ton amour de la dialectique.



pauvre timebomb
Vous battez pas, je vous aime tous
damonp
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Bertrand69 a écrit :
damonp a écrit :

non le viol n'est pas dans la culture, c'est une déviance
comme le véganisme ? troll !!!!


non, c'est quoi ce rapprochement? et où j'ai dis que le véganisme était une déviance?

je dis que les violeurs et pédophiles sont des déviants, les vegans ont rien à foutre là dedans, sauf s'ils existent des violeurs pédophiles vegans, j'imagine que tu voulais en venir à ça pour chambouler redstein?
damonp
  • Special Méga utilisateur
Blow Up a écrit :


Et mauvaise nouvelle pour les fans de Rock des années 60/70 (ou de Rap 80/90 d'ailleurs), si les groupies commencent à parler, c'est 80% de leur discothèque que certains vont devoir jeter, si ils veulent rester droits dans leurs bottes moralement.


c'est clair j'y pense énormément, si on savait vraiment tout, laisse tomber le carnage

trafic de drogue, d'armes, prostitution, probablement meurtre ou tentative ou commanditaire
damonp
  • Special Méga utilisateur
TimeBomb a écrit :
damonp a écrit :
elle, ma coloc s'est faite violer à de multiples reprise et peut pas témoigner contre le violeur tellement elle se pisse dessus rien que d'y penser


Je comprends peut-être mal ce que tu veux exprimer mais j'y perçois peut-être tout le paradoxe des discours actuels sur ces sujets.

C'est très "tendance" de se revendiquer victime aujourd'hui, non pas en raison de faits précis mais sur base de nos caractéristiques (genre, identité sexuelle, ethnie).

Pendant qu'on se revendique haut et fort victime parce qu'on est par exemple une femme, un homosexuel ou un trans, marron ou noir ou tout à la fois, le tout à coups de posts indignés sur les réseaux sociaux, les "vraies" victimes elles ont tendance à largement rester dans l'ombre, écartelées entre leur envie de justice, une certaine honte (je vais y revenir) peut-être, et la difficulté d'être reconnue dans son statut de victime dès lors qu'on veut être reconnu comme tel tout en jouant selon les règles de l'Etat de droit. C'est ça le vrai problème à régler je pense.

Perso, je n'ai aucune fierté à avoir été victime. Au contraire il a longtemps fallu composer avec la honte liée à ce statut (je m'en suis défait aujourd'hui, ce qui me permet d'en parler assez librement ici). La vérité que j'ai retiré de mon expérience, c'est qu'il n'y a aucune fierté à retirer de ce genre de choses. Même le fait d'avoir, adolescent, pris mon courage à deux mains, pour dénoncer cet individu, de l'avoir mis à l'ombre et donc rendu "inoffensif" pour quelques années, avec le recul, je peux dire que j'en ai retiré une certaine satisfaction, mais de la fierté non, jamais.

Bref, tout ça pour dire que, ces situations demandent effectivement beaucoup de courage aux victimes. Et que l'entourage mais aussi la société dans son ensemble ont un rôle à jouer à ce niveau.


j'ai pas envie de te dire ce que je pense, mais à une époque j'aurai débarrassé le monde d'un mec comme ça, pas par nécessité, mais par crainte, si tu suis ma logique pas franchement claire tu devrais voir où je veux en venir, t'as déjà dû y penser

bref, y'a une différence entre un viol, et une drague lourdingue, y'en a qui font pas la différence, et qui mettent tout les agresseurs dans le même panier, pour moi un viol est un viol, une agression est une agression, un comportement lourdingue est un comportement lourdingue
TimeBomb
damonp a écrit :

bref, y'a une différence entre un viol, et une drague lourdingue, y'en a qui font pas la différence, et qui mettent tout les agresseurs dans le même panier, pour moi un viol est un viol, une agression est une agression, un comportement lourdingue est un comportement lourdingue


On est d'accord. Et je pense perso que cette attitude collective, encouragée par le développement des réseaux sociaux, et finalement pas très éloignée de l'hystérie, ne s'intéresse en réalité que très marginalement au sort des victimes.

Cela dit, ça n'empêche qu'il faut aussi s'occuper de la drague lourdingue (ma fille va sur ses 10 ans, je suis effrayé des comportements auxquels elle sera confrontée à très brève échéance). On ne peut accepter qu'une femme se fasse constamment emmerder dès lors qu'elle est dans l'espace public. Force est de reconnaître que c'est la réalité vécue par la gente féminine aujourd'hui. Mais je crois (mais je suis con donc ça vaut ce que ça vaut) qu'à systématiquement abuser d'éléments de langage ("culture du viol" par exemple), on n'identifiera jamais les différents problèmes auxquels nous sommes confrontés pour ce qu'il sont réellement et que les solutions continueront à tarder.
Jim Morrison
Prenez le temps de lire cette analyse sur l’affaire Polanski de Morgane Tirel, maitre de conférence à Paris-Saclay, paru dans Le Point de cette semaine :

« Est-il encore possible de s'exprimer librement à propos de cinéma, en France, sans prendre le risque d'être lynché sur les réseaux sociaux ? Est-il possible de dire son estime pour le talent de réalisateur de Roman Polanski ou les qualités d'acteur de Jean Dujardin sans être taxé de « complicité de pédophilie » ? Est-il possible de refuser le confusionnisme de Virginie Despentes – qui, dans une tribune contre les « prédateurs », amalgame la « réforme des retraites », le « 49.3 », les « exactions » de la police et la cérémonie des César – sans être immédiatement relégué dans le « camp du Mâle » ? Se pourrait-il enfin que la libération de la parole des femmes – que nous sommes si nombreuses à vouloir depuis longtemps – ne se fasse pas au prix de la condamnation de toute pensée divergente ?
Il y a 100 ans, c'était de l'affaire Dreyfus dont il n'était pas possible de débattre. C'est, aujourd'hui, de cinéma. Le mouvement #MeToo est une révolution planétaire au service de la libération des femmes, de leur parole, de leur corps, de leur dignité. Une révolution salutaire qui doit tant à celles – dont Adèle Haenel – qui ont osé briser la « loi du silence ». Grâce à elles, plus rien ne sera comme avant. Comme toute révolution, cette révolution connaît des hésitations, des crispations, des accès de fièvre, hésitant entre des trajectoires opposées : la continuation de la lutte dans le cadre de l'état de droit ou son dévoiement dans une logique punitive, fondée sur la haine, le simplisme, la vengeance, de préférence en meute.
La dernière cérémonie des César illustre, hélas, les périls de ce dévoiement : une maîtresse de cérémonie dans le rôle d'accusatrice publique, les réseaux sociaux dans le rôle du tribunal populaire, et un accusé absent dont il ne fallait pas prononcer le nom. Avant la cérémonie, le ministre de la Culture, sortant de sa réserve, avait averti qu'un césar de meilleur réalisateur pour Polanski « serait un symbole mauvais », appelant « chacun et chacune des votants » à « prendre ses responsabilités ». Toute récompense attribuée au réalisateur honni, devenu violeur universel, revenait, selon Adèle Haenel, à « cracher au visage de toutes les victimes ». Dans cet élan vengeur, le témoignage de la victime – cette femme dont la souffrance est invoquée par la foule pour réclamer justice – est étrangement ignoré. « Une victime a le droit de laisser le passé derrière elle, et un agresseur a aussi le droit de se réhabiliter », n'a cessé de répéter Samantha Geimer (violée par Polanski, en 1977). Il faut dire que cette victime ne se comporte pas en victime « modèle » : « Je n'ai jamais pu comprendre que tant de gens aient souhaité me voir aller mal. Comme s'il fallait que je sois détruite pour que leur colère et leur indignation aient un sens. […] Avoir besoin qu'une victime ait mal pour sa propre satisfaction, son propre bénéfice, c'est une violence qui n'a rien à envier à une agression. »
Il est incontestable que Polanski a commis un viol, qu'il a été condamné par la justice américaine il y a plus de quarante ans et qu'il n'a effectué qu'une partie de sa peine. Il se trouve que la cérémonie des César n'est pas un tribunal. Cette cérémonie doit rester, avant tout, une fête du cinéma, récompensant des artistes pour les qualités esthétiques et cinématographiques de leurs œuvres. Cette distinction est plus facile à comprendre que beaucoup veulent le dire. Que Ladj Ly, réalisateur du magnifique film Les Misérables, récompensé par le césar du meilleur film, ait été condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour complicité d'enlèvement et de séquestration d'un homme qui avait couché avec la sœur d'un de ses proches n'eut l'heur d'embarrasser personne, lors de cette cérémonie transformée en règlement de comptes. Adèle Haenel, qui confessait naguère que Louis-Ferdinand Céline était son écrivain préféré, semble également capable de faire la différence entre Céline, le romancier, et Céline, l'antisémite pro-hitlérien. Seul Polanski, érigé en bourreau universel de toutes les femmes victimes, ferait exception à la règle, justifiant que des foules, aussi haineuses qu'anonymes, pourchassent sur les réseaux sociaux le moindre témoignage de sympathie à l'égard des acteurs de J'accuse.
À l'ère #MeToo, l'attribution d'un césar à Roman Polanski – son cinquième en tant que meilleur réalisateur – a réactivé la haine. La tribune de Virginie Despentes publiée dans Libération, « Désormais on se lève et on se barre », est emblématique de la cristallisation des tensions autour de ce débat. Dans la confusion la plus complète, on doit comprendre que les « boss » maniant le « 49.3 » sont les « riches » et les « violeurs » ; face à eux, les « femmes » appartiennent toutes à la même catégorie, celle des « dominées » et des « victimes ». À lire Despentes, le film J'accuse ne serait donc qu'un vaste stratagème à la main des « boss », des « gros bonnets », ceux qui manient le « 49.3 », pour servir un seul homme, Polanski, et lui permettre de faire un film à sa gloire, sur le parallèle de sa vie avec celle de Dreyfus : « Vingt-cinq millions pour ce parallèle. Superbe », écrit-elle sans feindre de dissimuler ces accents complotistes.
Comment ne pas voir qu'à force de tant de simplisme et de raccourcis, toute nuance et toute pensée complexe devient impossible ? Est-il vision de la société plus manichéenne ? Seuls existeraient deux camps : le Bien (les « dominées ») et le Mal (les « boss »). Est-ce là la représentation du féminisme que l'on souhaite promouvoir en France ? On savait que certaines mouvances du néo-féminisme étaient victimaires, les voici désormais complotistes et un brin paranoïaques. Nous vivons peut-être un tournant du mouvement #MeToo, où le débat risque d'être confisqué, en plus d'être simplifié à l'extrême.
En réaction à l'attribution du césar de meilleur réalisateur à Roman Polanski, le ton est durci, le refus d'écouter toute voix divergente se fait plus net. C'est là une situation grave, dès lors que le dialogue et l'échange des idées sont le cœur battant de la démocratie. Si le débat persiste à revêtir des formes aussi violentes, il est à craindre que le mouvement #MeToo, pour ce qui concerne notre pays au moins, se solde par la défaite de toutes et de tous. S'il est un autre phénomène éclatant depuis la cérémonie des César, c'est que le lynchage médiatique en cours n'est plus seulement celui d'un homme ; c'est un lynchage généralisé contre toute personne osant soutenir cet homme. Il apparaît ainsi que l'idée de « complicité », en vogue sur les réseaux sociaux, est en décalage total avec son sens juridique.
Ces derniers jours ont montré que le lynchage populaire tend à croître de façon exponentielle, jusqu'à s'étendre désormais à qui ose témoigner la moindre estime à Roman Polanski ou la moindre sympathie à l'une des personnes qui l'ont soutenu. Il n'est qu'à voir le sort fait sur les réseaux sociaux aux comédiens Jean Dujardin, Fanny Ardant ou même Isabelle Huppert, qui n'a pourtant fait que citer Faulkner – « Le lynchage est une forme de pornographie. » Jusqu'au comédien Gilles Lellouche, qui a déploré publiquement avoir reçu de nombreux messages de haine, via les réseaux sociaux, l'accusant d'être « complice de viol » ou de « cautionner la pédophilie » pour avoir osé défendre son ami Jean Dujardin. Cette dénonciation de faux « complices » participe de cette logique globalisante et simpliste, qui rend impossible tout dialogue : tous ceux qui ne sont pas avec moi sont avec l'ennemi ! Certains voient ainsi une complicité de viol dans le seul fait d'être allé voir J'accuse au cinéma. L'idée pourrait prêter à rire et n'aurait même pas mérité que l'on s'en préoccupe s'il ne fallait pas constater que de tels raccourcis rencontrent un réel succès sur les réseaux sociaux.
En définitive, si l'on refuse la guerre de toutes contre tous au nom d'un certain féminisme, nous n'avons d'autre choix que d'appeler à un retour au dialogue, au débat d'idées et à la pensée complexe. Dans une démocratie, la fin poursuivie – si juste soit-elle – ne justifie pas de confisquer le débat en ostracisant tout discours divergent. Pas davantage, la « fin juste » ne saurait justifier que l'on empêche ce débat en réduisant la diversité des opinions à deux « camps », dont l'un serait la vertu et l'autre le vice. Le féminisme est une grande idée, une lutte de tous les jours pour construire un monde meilleur où les femmes auront toute leur place et tous leurs droits. Les déferlements de haine aveugle qui traversent aujourd'hui certaines franges du mouvement féministe mais également des pans entiers de la population n'ont rien à voir avec le droit.Ils ont tout à voir avec la vengeance, avec ces pulsions archaïques que l'on aimerait excuser au nom de souffrances millénaires, mais qui font tant de mal à notre État de droit.
Cette généralisation de la haine, que Polanski cristallise, n'est pas propre au cinéma. Elle s'étend depuis plusieurs années à tous les pans de la société. En dépit des espoirs qu'ont fait naître les réseaux sociaux, l'incommunicabilité est aujourd'hui à son comble, et la haine grandit. « Quand une société en est là, elle tombe en décomposition. »
Directement connecté depuis ma tombe du Père Lachaise. On n'arrête pas le progrès...

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