Biosmog a écrit :
Je pense totalement le contraire. Croire qu'il y a une Histoire qui n'est pas écrite est non seulement naïf mais extrêmement dangereux: l'Histoire est une ré-écriture continuelle, il suffit de regarder simplement l'historiographie de la Révolution française pour s'en rendre compte. Quant à ta propre histoire, c'est la même chose, mais c'est plus difficile à s'en apercevoir car il n'y aura pas d'historiens qui bosseront pour toi: si tu ne la revisites pas régulièrement, d'autres se chargeront de le faire à ta place.
Le passé est toujours une ré-écriture, en le revisitant on le rend plus humain. C'est cela, exactement, qui est important à comprendre. Actuellement, ce déboulonnage de
certaines figures du passé est un mouvement salvateur de mémoire. Le danger mortel est de croire que l'on peut se construire sans passé, c'est vivre dans le sursis de l'effondrement psychique. Notre époque, depuis les cataclysmes guerriers du XXe siècle a favorisé une amnésie dangereuse. On ne sait plus ce que commémorent nos monuments, on vit parmi des fantômes sans comprendre pourquoi on va mal. De tout temps, on a renversé les idoles. C'est justement à ce moment que les civilisations renaissent, que l'on ouvre les yeux et que l'on redéfinit des fondations qui n'humilient plus les vivants et leur permettent d'avancer.
En fermant les yeux sur ton passé, tu te prives d'avenir!
Oui. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur le passé, bien au contraire.
Ce que je voulais surtout dire justement c'est qu'il faut dépenser de l'énergie à bâtir un monde meilleur, si possible. Et ce, bien entendu cela en tirant les leçons du passé.
Garder le souvenir oui, c'est primordial !
Par contre, je ne suis pas d'accord avec toi concernant le travail de ré-écriture est pour moi dangereux et conduit à du négationnisme. Imagine qu'un dictature ou autres groupuscules accèdent au pouvoir et qu'ils re-écrivent l'Histoire ?
Justement on a besoin de gardien de l'Histoire pour l'authenticité, le devoir de mémoire.
Bref, utilisons le peu d'énergie qui nous reste pour construire un futur de paix et non pour déconstruire le passé.