22cmoi a écrit :
Bon par contre je ne crois pas que quelqu'un ait répondu à mon interrogation sur les séries de strats (abordables) en aulne...Pas par snobisme mais quitte à en avoir une seconde autant qu'elle soit un peu différente...Merci d'avance .
Dans quelle fourchette serait-elle 'abordable'?^^
rhum66 a écrit :
si un arbre tombe dans la forêt à coté d'un sourd aveugle et qu'il est seul témoin
S'il ne lui tombe pas sur le coin de la figure, c'est le discours de la science (selon Jacques Lacan).
Je trouve qu'il y a beaucoup de vrai dans ce qui a été dit au-dessus depuis l'intervention d'infra blues...
Même si tout ça reste éminemment relatif à notre propre expérience, comme cela a déjà été largement rappelé.
Entre autres l'importance primordiale du jeu du guitariste, de son approche, comme de l'ampli... de la 'chaîne'...
Mais les qualités propres de la guitare ne me semble toujours pas pour autant - dans un certain cadre du moins, fut-il restreint - ni négligeable, ni réductible à autre chose,... ni, au final, affaire de prix en soi.
Même si je suis d'accord sur le fait que dans la majorité des cas, et tant qu'on n'accède pas à une certaine gamme d'instruments (où à certains exemplaires), ça reste très subtil, voire... imperceptible. Et tout à fait dispensable. ^^
Je comprends donc que sur, disons 95% du 'parc' existant, et dans la majorité des usages ici partagés, ce type de jugement apparaisse décalé. Et, quitte à sembler un rien extrême, la production du CS Fender ne fait pas nécessairement partie des instruments où le caractère propre de la lutherie me semble, à moi en tout cas, le plus systématiquement perceptible. Pour avoir testé de nombreux assemblages Musikraft équivalents, je ne m'attends pas davantage à être impressionné à tous coups.
A l'inverse, il me semble tout à fait possible de trouver des instruments hors catégorie, et pas spécialement hype (parce que réalisés en proportions beaucoup trop restreintes sans doute) pour le prix d'une American Vintage d'occasion (même si neuf ils valent le quadruple).
Ce sont précisément ceux qui (en-dehors de quelques vintage qui sortaient du lot) m'ont rendu sensible à l'impact de la lutherie - lorsqu'il n'est pas négligeable, précisément. Par-delà la seule 'résonance', et pour ne pas recourir systématiquement à une échelle de valeur, c'est finalement l'approche de l'instrument elle-même s'en trouve transformée.
Au final, j'aime ma Squier Classic Vibe (que je préfère à toutes les MIM que j'ai approchées, question de goût certainement), j'affectionne ma dernière JV (la seule Fender Japan qui me soit restée), mais je fais bien la différence avec une Navigator... et pas seulement en termes somesthésiques. Je ne crois pas non plus au fait que ces productions intéressent essentiellement les musiciens confirmés par hasard.
Enfin, pour avoir des instruments de plus de trente ans, rodés et à ma main... je ne pense pas, malheureusement, que le temps change beaucoup la donne (sinon en termes somesthésiques, justement). Sans quoi une grande part des vintage sonneraient - à peu de choses près - comme les meilleures d'entre elles...
La conception (à la fois l'approche du concepteur et ses matériaux - un luthier choisit bien ses bois à l'oreille), et l'échelle de production, il me semble, davantage.
Même s'il arrive que le hasard (ou le nombre), lui aussi, fasse relativement bien les choses... Il fait rarement des miracles.
Et même si un instrument est davantage l'objet d'une rencontre que le résultat d'une équation.^^
Comme Biosmog l'a rappelé à juste titre... Aucun son n'est perçu dans l'immédiateté, sans faire appel au souvenir et au réveil des émotions. Sans s'inscrire non plus dans une certaine pratique, une certaine culture, un champ symbolique déterminé...
Pour répondre alors à ma question, dont la formulation avait fait sourire...
Citation:
Pour apprécier un vin [...]
... il ne suffit pas que les conditions soient réunies.
Il faut aussi que le vin, quelle que soit son histoire, sa provenance, son prix ou sa renommée, ait quelque chose (d'unique) à dire, à quelqu'un qui saura l'écouter.
En tout cas, si je reviens si souvent à la Stratocaster... c'est parce que, bien qu'elle soit régulièrement décriée pour son côté faussement rudimentaire... je trouve que sa conception se prête tout autant à un usinage de masse qu'à une conception entièrement artisanale.
Les deux ayant leur intérêt, à mon sens irréductible.