Gibson sort 10 Flying V avec le luthier Leo Scala

La rédaction - Le 14 Avril 2022
Gibson sort 10 Flying V avec le luthier Leo Scala
Le luthier Leo Scala compte parmi ses clients Richard Fortus des Guns pour qui il a réalisé plusieurs guitares, ou encore Phil X, Doug Aldrich et il a également réparé plusieurs guitares appartenant à Steve Vai. Bref, c'est une pointure aux USA où il vit désormais. Cesar Gueikian lui a confié la tâche de réaliser 10 ré-interprétations de la Gibson Flying V en Korina de 1958 qui inaugurent ici la nouvelle Gibson Master Artisan Collection. Découvrons donc ces 10 nouvelles Gibson Custom Shop Leo Scala Super ‘58 Flying V dont la splendide The Seraph qui vaut le coup d'oeil !

On connaissait déjà le Gibson Murphy Lab dans lequel Tom Murphy applique son savoir-faire dans le vieillissement plus ou moins avancé des guitares. Désormais la Gibson Master Artisan Collection viendra mettre à l'honneur les talents de luthiers indépendants qui auront pour mission de revisiter les grands classiques de chez Gibson. Celui qui inaugure cette série n'est autre que Leo Scala, né dans l'ex-Yougoslavie et qui depuis 30 ans travaille dans la réalisation de guitares Custom. Il possède une boutique près de l'aéroport LAX à Los Angeles où est venu le rencontrer Cesar Gueikian de Gibson pour lui proposer ce nouveau projet. Il faut dire que les 2 hommes ont en commun leurs collaborations respectives avec Gary Kramer de Kramer Guitars, marque qui appartient désormais au groupe Gibson Brands, et pour laquelle par le passé Leo Scala a fabriqué des instruments Custom Shop et contribué au design des modèles fabriqués en Asie. 

Leo Scala tire notamment son inspiration des vieilles motos qui auraient trainé dehors laissant apparaitre les marques du temps, d'usure, de la rouille et le cuir déchiré. On retrouve donc ce parti pris vintage, relic, industriel et même art déco sur certaines des 10 guitares qui composent la Gibson Leo Scala Super ‘58 Flying V Master Artisan Collection. Elles ont toutes en commun les codes de la Flying V de 1958 avec son corps en Korina, un seul micro humbucker, une touche en palissandre de Rio et bien entendu les contours symétriques et la tête  qu'on associe à ce modèle. Les guitares ont été fabriquées par la division Gibson Custom Shop puis envoyées à Leo Scala qui s'est ensuite occupé de la customisation et des micros. Il a ainsi bobiné lui-même 10 micros humbuckers P.A.F. dont 6 sont en double-noir, 3 en zebra et 1 en double-blanc. Ils ont tous été ensuite recouvert d'un capot métallique vieilli, puis répartis aléatoirement entre les 10 guitares, comme le faisaient les ouvriers chez Gibson dans les années 1950. Vous aurez peut-être remarqué le contour de micro "Dogear" plus large qu'on trouve d'habitude sur des P90 ? C'est l'un des 2 brevets que Gibson a déposé pour cette série de guitares avec le nom de Leo Scala comme inventeur. Nous découvrirons le second brevet après avoir expliqué que les 10 guitares sont réparties dans 3 séries Classic, Hybrid et 777 auxquelles s'ajoute le modèle phare de la gamme baptisé The Seraph.

On commence donc avec la Classic Series qui compte 3 modèles Black Version, White Version et Custom Version en référence aux couleurs respectives du pickguard et de la plaque du jack qui seront donc noirs, blancs ou métalliques. Les boutons des contrôles de volume sont différents à chaque fois, la Custom recevant des têtes de mort ainsi qu'un logo Gibson doré sur une plaque métallique sous la tranche inférieure de la guitare. Gibson souligne la reprise du câblage typique des années 1950, le condensateur Bumblebee et le chevalet Tune-O-Matic en laiton avec ses larges pontets de 1.5", sa plaque en V à travers laquelle les cordes passent. 

 

C'est justement ce qui va différencier les guitares de la série Classic de celles de la série Hybrid. Le cordier fait l'objet du second brevet car en plus de la plaque en V classique plaquée sur le corps, Leo Scala a eu l'idée d'ajouter un chevron surélevé pour reproduire l'effet d'un chevalet stopbar. On peut ainsi au choix opter pour un accordage cordes traversant le corps ou surélevé ou tout mélange des 2 configurations. Pour le reste les spécifications sont similaires avec toujours les 3 versions Black, White et Custom. 

Et c'est encore au niveau de cordier que les 3 guitares de la 777 Series se démarquent avec la présence d'un chevalet Bigsby B7 semblable à celui installé par Lonnie Mack sur sa Flying V "Number 7" puisqu'il s'agit de la 7ème à être sortie de l'usine à l'époque. Là encore 3 versions Black, White et Custom avec différents niveaux de vieillissement sur chacune des 10 guitares de cette série Leo Scala Super ‘58 Flying V.

Le 10ème modèle c'est la splendide Gibson Custom Shop Leo Scala Flying V Super 58 Seraph. Derrière ce nom à rallonge se cache une superbe guitare qui va beaucoup plus loin dans le design : le contour de micro Dogear breveté est ici en métal plutôt qu'en plastic noir, Leo Scala a opté pour le chevalet à roulements Schaller Roller Tune-O-Matic, et le le Bigsby B7 comme le reste de l'accastillage est de couleur bronze ce qui fait ressortir plus encore le large pickguard symétrique décoré du logo Pontiac de 1937 dans le style Art Déco. Les boutons de potentiomètres sont eux décorés de 15 rubis assortis à la couleur intérieure de l'étui fourni avec la guitare. Le câblage est différent avec un master volume, un master de tonalité mais aussi un sélecteur de split du micro double bobinage. Un dessin noir presque tribal décore le dos de l'instrument et l'on remarque également la plaque de truss rod Seraph custom qui souligne plus encore l'aspect premium de cette guitare. 

 

Ce qui nous amène à la question du tarif : vous vous doutez bien qu'avez seulement 10 guitares fabriquées par le Custom Shop puis Customisées de la sorte par un luthier, il va falloir avoir les poches bien remplies pour s'en offrir une et contacter directement Gibson pour connaître le prix. D'ailleurs Gibson compte en garder quelques unes pour son musée au sein du Gibson Garage à Nashville mais précise que les guitares seront jouées régulièrement par des artistes sur scène. L'intérêt qu'on peut voir pour Gibson dans ce type de collaborations avec des luthiers, c'est aussi de mettre un peu d'eau dans son vin après avoir menacé de poursuites judiciaires tous ceux qui copient leurs modèles. Mais aussi on l'espère de s'inspirer du travail ici de Leo Scala et d'autres luthiers à l'avenir pour nous proposer des Gibson ou des Epiphone avec un look vraiment original et qui seraient plus abordables. L'avenir nous le dira… 

Plus d'infos sur le site de Gibson.

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