Pavilly : un patron en grève de la faim
France 3
Le Parisien
Un chef d'entreprise a entamé une grève de la faim pour pouvoir licencier un de ses salariés soupçonné de vols
Jean-François Marteau, PDG d'une entreprise de charpente située à Pavilly, en Seine-Maritime, a entamé lundi (8 novembre) une grève de la faim dans son bureau pour dénoncer les dysfonctionnements de l'administration.
L'inspection du travail lui refuse le droit de licencier un salarié soupçonné de plusieurs vols.
L'entreprise Gautier, spécialisée dans la charpente et la toiture, emploie 180 salariés.
Jean-François Marteau, 53 ans, a repris cet entreprise en 2003. Il y travaille depuis 30 ans.
L'un des salariés, en l'occurence un délégué du personnel, est soupçonné d'avoir volé des matériaux et du matériel dans l'entreprise, pour une valeur totale estimée à 50 000 euros.
Le salarié en question a été démasqué en septembre dernier à la suite d'une dénonciation anonyme.
Placé en garde à vue, il aurait avoué qu'il se servait dans les stocks de l'entreprise depuis plusieurs années.
Il aurait même reconnu les faits dans un courrier. Tout comme son frère chez qui d'importants travaux ont été réalisés.
L'homme a été mis en examen, et devrait être jugé devant le tribunal correctionnel de Rouen en janvier 2011.
En parallèle de la procédure judiciaire, Jean-François Marteau, le patron de l'entreprise a décidé de sanctionner son employé "présumé indélicat".
Le PDG a d'abord mis à pied ce salarié.
Ensuite, avec l'accord des délégués du personnel, il a enclenché une procédure de licenciement pour faute grave auprès de l'inspection départementale du travail.
Mais l'inspection a refusé le licenciement.
Dans le courrier envoyé à Jean-François Marteau, l'inspection estime que " les faits reprochés au salarié ne peuvent être considérés comme suffisament graves pour justifier une mesure de licenciement pour faute .. "
De plus, l'employé en question est un "salarié protégé", du fait de son statut de délégué du personnel.
Le PDG ne digère pas ce refus.
Selon Jean-François Marteau, au delà de la possibilité d'exclure de l'entreprise une personne "malveillante", c'est sa crédibilité vis à vis du personnel de l'entreprise qui est engagée.
"Je ne peux pas accepter qu'il rentre dans l'entreprise", explique Jean-François Marteau.
"Le droit le plus strict d'un chef d'entreprise, c'est de pouvoir écarter quelqu'un qui nous a volé."
Le PDG précise que les vols ne sont pas le fait d'une seule personne dans l'entreprise, et que des enquêtes sont en cours, pour démanteler "un réseau".
Ce midi, les salariés de l'entreprise Gautier ont ralenti la circulation sur plusieurs grands axes routiers autour de Rouen pour soutenir leur patron dans son combat contre l'inspection du travail.
Es könnte auch anders sein