La Grece, sa crise, son peuple

Rappel du dernier message de la page précédente :
bienew a écrit :
Y'a quand même une question technique que je me pose, si les pays commencent à sortir un par un de la zone euro, c'est qui qui est censé régler les monceaux de dettes que la BCE a racheté (et qui continue à le faire). Le dernier couillon qui y est resté ?
Je pense que tout a du être prévu mais je serais curieux de savoir comment cela s'organiserait.

+3.
Tout ce qu'ils ont prévu c'est qu'on ne puisse pas en sortir.
#€URSS
bienew
  • Custom Cool utilisateur
Je pense aussi que personne ne paiera ses dettes. Ces milliards d'euros ne seront donc jamais compensés, créant de facto une dévaluation de l'euro lorsqu'ils disparaîtront du bilan de la BCE (en même temps qu'elle).
Si les marchés anticipent ce scénario l'euro devrait pas mal piquer du nez prochainement.
torototo
Glinglo a écrit :
bienew a écrit :
Y'a quand même une question technique que je me pose, si les pays commencent à sortir un par un de la zone euro, c'est qui qui est censé régler les monceaux de dettes que la BCE a racheté (et qui continue à le faire). Le dernier couillon qui y est resté ?
Je pense que tout a du être prévu mais je serais curieux de savoir comment cela s'organiserait.

+3.
Tout ce qu'ils ont prévu c'est qu'on ne puisse pas en sortir.
#€URSS


ce n'est pas François Asselineau qui s'époumone à dire qu'on peut en sortir par l'article 50?
http://www.upr.fr/lupr/article(...)eenne
El Phaco
Ca c'est pour quitter l'UE, pas simplement la zone euro.
"Information is not knowledge. Knowledge is not wisdom. Wisdom is not truth. Truth is not beauty. Beauty is not love. Love is not music. Music is the best..."
Frank Zappa

Tout ce que rêvez de savoir sur la Phacocaster Lionel Rouvier : https://www.guitariste.com/for(...)10641

Vds Preampli 3 canaux Cicognani Triple Decker - 350€ : https://www.guitariste.com/for(...).html
torototo
El Phaco a écrit :
Ca c'est pour quitter l'UE, pas simplement la zone euro.


il faut faire un référendum alors
copernic304
Glinglo a écrit :
Roitelet a écrit :
Négocier entre pays à coup de référendums, c'est séduisant, mais ça peut devenir long!

Pas forcément, on voit bien qu'il faut évoluer vers une démocratie participative et internet s'y prêterait plutôt bien.
Si un pays ne souhaitait ne plus côtiser à l'Euro, de quel droit le retiendrait-on ? à moins que l'Europe ne soit déjà devenu l'EURSS ?
Le seul problème du référendum c'est qu'il emmerde les rentiers (politiciens + financiers).


La question n'est pas tant de savoir si le référendum emmerde quelqu'un, mais plutôt de savoir s'il est légitime. Tsipras a été élu il y a moins de 6 mois, avec un programme fort et une majorité claire sans coalition (ou coalition très mineure). Pourquoi ne se sent-il pas libre aujourd'hui de l'appliquer et de refuser catégoriquement tout compromis avec l'UE ?

Le recours systématique au référendum n'est pas possible, on voit bien que cela devient souvent un acte démagogique davantage qu'un acte démocratique. Le texte ici parle de problèmes budgétaires, Tsipras lance des discours nationalistes, tandis l'UE menace d'une sortie de l'euro. Penses tu qu'une majorité de votants ont la moindre idée de ce que la victoire d'un camp ou de l'autre implique ? Pendant que les banques sont fermées, Tispras promet de garantir les dépôts bancaires. La bonne blague...

En France, le gouvernement semble moins légitime (l'élection est moins récente, les sondages d'opinion en baisse...), mais aurait on idée de faire voter par référendum la loi Macron, les aides aux pays d'Afrique, les prêts à la Grèce, les subventions à la presse, le relèvement de la première tranche de l'impôt ? Non, parce que nous avons transféré démocratiquement ce pouvoir à nos dirigeants.

Le référendum grec donne l'amère impression que Syriza ne souhaite pas prendre les responsabilités liées à la pleine application de son programme, ou que le peuple grec sert d'otage dans les négociations avec l'UE.
El Phaco
Pas d'accord là-dessus : la portée de la décision à prendre est toute autre que celle d'une énième loi financière. De mon point de vue, on se rapproche plutôt de l'adoption (ou pas) du projet de constitution européenne qui a justement été proposée par referendum en 2005 (avant que nos gouvernants ne s'assoient sur la décision du peuple à Lisbonne en 2007).
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Frank Zappa

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Vds Preampli 3 canaux Cicognani Triple Decker - 350€ : https://www.guitariste.com/for(...).html
bueno_coco
copernic304 a écrit :
Glinglo a écrit :
Roitelet a écrit :
Négocier entre pays à coup de référendums, c'est séduisant, mais ça peut devenir long!

Pas forcément, on voit bien qu'il faut évoluer vers une démocratie participative et internet s'y prêterait plutôt bien.
Si un pays ne souhaitait ne plus côtiser à l'Euro, de quel droit le retiendrait-on ? à moins que l'Europe ne soit déjà devenu l'EURSS ?
Le seul problème du référendum c'est qu'il emmerde les rentiers (politiciens + financiers).


La question n'est pas tant de savoir si le référendum emmerde quelqu'un, mais plutôt de savoir s'il est légitime. Tsipras a été élu il y a moins de 6 mois, avec un programme fort et une majorité claire sans coalition (ou coalition très mineure). Pourquoi ne se sent-il pas libre aujourd'hui de l'appliquer et de refuser catégoriquement tout compromis avec l'UE ?

Le recours systématique au référendum n'est pas possible, on voit bien que cela devient souvent un acte démagogique davantage qu'un acte démocratique. Le texte ici parle de problèmes budgétaires, Tsipras lance des discours nationalistes, tandis l'UE menace d'une sortie de l'euro. Penses tu qu'une majorité de votants ont la moindre idée de ce que la victoire d'un camp ou de l'autre implique ? Pendant que les banques sont fermées, Tispras promet de garantir les dépôts bancaires. La bonne blague...

En France, le gouvernement semble moins légitime (l'élection est moins récente, les sondages d'opinion en baisse...), mais aurait on idée de faire voter par référendum la loi Macron, les aides aux pays d'Afrique, les prêts à la Grèce, les subventions à la presse, le relèvement de la première tranche de l'impôt ? Non, parce que nous avons transféré démocratiquement ce pouvoir à nos dirigeants.

Le référendum grec donne l'amère impression que Syriza ne souhaite pas prendre les responsabilités liées à la pleine application de son programme, ou que le peuple grec sert d'otage dans les négociations avec l'UE.


Syriza a été élu sur un programme anti-austérité mais aussi pro-européen. Maintenant que l'incompatibilité des deux objectifs est avérée il est normal qu'il laisse décider les grecs.
copernic304 a écrit :
La question n'est pas tant de savoir si le référendum emmerde quelqu'un, mais plutôt de savoir s'il est légitime. Tsipras a été élu il y a moins de 6 mois, avec un programme fort et une majorité claire sans coalition (ou coalition très mineure). Pourquoi ne se sent-il pas libre aujourd'hui de l'appliquer et de refuser catégoriquement tout compromis avec l'UE ?

Parce que son programme n'était à la base pas applicable. Il s'est quand même battu. Mais face à l'intransigeance des créanciers il revient devant les urnes, avec la preuve que cette Europe est une ploutocratie.
Ce soir vox populi vox dei.

copernic304 a écrit :
Le recours systématique au référendum n'est pas possible, on voit bien que cela devient souvent un acte démagogique davantage qu'un acte démocratique. Le texte ici parle de problèmes budgétaires, Tsipras lance des discours nationalistes, tandis l'UE menace d'une sortie de l'euro. Penses tu qu'une majorité de votants ont la moindre idée de ce que la victoire d'un camp ou de l'autre implique ? Pendant que les banques sont fermées, Tispras promet de garantir les dépôts bancaires. La bonne blague...

Je te renvoi à Reykjavik qui a usé et abusé de la démocratie participative pendant la crise pour remettre la population au centre du débat. Appeler ça du "nationalisme" là c'est démagogique et populiste, et surtout c'est rétrograde parce que je pense que c'est l'avenir.

copernic304 a écrit :
En France, le gouvernement semble moins légitime (l'élection est moins récente, les sondages d'opinion en baisse...), mais aurait on idée de faire voter par référendum la loi Macron, les aides aux pays d'Afrique, les prêts à la Grèce, les subventions à la presse, le relèvement de la première tranche de l'impôt ? Non, parce que nous avons transféré démocratiquement ce pouvoir à nos dirigeants.

Pour quel résultat... une surenchère de promesses avec lesquelles ils se torchent une fois au château -> Guillotine.

copernic304 a écrit :
Le référendum grec donne l'amère impression que Syriza ne souhaite pas prendre les responsabilités liées à la pleine application de son programme, ou que le peuple grec sert d'otage dans les négociations avec l'UE.

Je ne crois pas qu'il y ait une race supérieure d'individus touchés par le divin et plus à même de diriger que les autres. Surtout à l'ère d'internet.
bueno_coco a écrit :
Syriza a été élu sur un programme anti-austérité mais aussi pro-européen. Maintenant que l'incompatibilité des deux objectifs est avérée il est normal qu'il laisse décider les grecs.

T'as résumé bien mieux que moi
Glinglo a écrit :
bueno_coco a écrit :
Syriza a été élu sur un programme anti-austérité mais aussi pro-européen. Maintenant que l'incompatibilité des deux objectifs est avérée il est normal qu'il laisse décider les grecs.

T'as résumé bien mieux que moi


Oui, mais décider de quoi? Décider de dire non aux créanciers tout en restant dans l'euro, ou bien en sortant de l'euro? C'est loin d'être clair pour moi, j'espère que ça l'est pour ceux qui votent.

Entre toutes les capitales européennes qui serrent les fesses en espérant un oui sans avoir la moindre idée de la prochaine étape en cas de non, et le gouvernement grec qui serre les fesses en espérant un non sans trop savoir quoi faire en cas de oui, je suis un peu perdu...
bueno_coco
Bah ils savent que s'ils y mettent pas un peu du leur c'est leur système tout entier qui se casse la gueule et ils y tiennent. Mais de toute manière c'est l'Allemagne qui décide au final, et c'est pas dit que les allemands soient aussi conciliants.
torototo
bueno_coco a écrit :
Bah ils savent que s'ils y mettent pas un peu du leur c'est leur système tout entier qui se casse la gueule et ils y tiennent. Mais de toute manière c'est l'Allemagne qui décide au final, et c'est pas dit que les allemands soient aussi conciliants.


il est possible aussi que ce soit l'Allemagne qui décide de sortir de l'euro
Roitelet a écrit :
Oui, mais décider de quoi? Décider de dire non aux créanciers tout en restant dans l'euro, ou bien en sortant de l'euro? C'est loin d'être clair pour moi, j'espère que ça l'est pour ceux qui votent.

En cas de 'Oui' il y aura sûrement de nouvelles élections avec un gouvernement d'union nationale entre deux.

Le Non serait un outil supplémentaire dans les négociations, des négociations unilatérales : restructuration ou défaut, au choix des créanciers.

Le gouvernement peut aussi reprendre le contrôle de sa banque centrale tout en restant dans l'euro, puis monétiser. La BCE devrait alors couper le système Target2, les échanges interbancaires se fermerait. La Grèce serait à la fois dans et en dehors de l'euro (un peu comme le chat de Schrödinger ). Bref ça serait le chaos. Mais il est trop tôt pour parler d'un retour à la Drachme. Wait & see.
Les banques françaises et allemandes, ainsi que d'autres investisseurs mineurs ont déjà perdu 50 % de leur investissement en Grèce en 2012, concrètement 100'000 millions d'euros. Si l'on considère que le cas des 45 jardiniers sous contrat dans un hôpital public sans jardin est une folie (grecque), comme exemple du fonctionnement de ces gens-là, moi aussi je serais partisan d'une sortie afin que la ruine retombe uniquement sur ceux qui l'ont causée.

Si le "non" l'emporte, les "négociations" continueront. Mais l'Europe n'est pas pressée. Par contre, il sera intéressant de voir combien de temps tient debout le menteur compulsif Tsipras sans liquidités pour payer salaires et pensions à ses administrés.
bienew
  • Custom Cool utilisateur
18h00 - Le "non" donné en tête par les premiers sondages

Alors que les bureaux de vote viennent de fermer, les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes semblent donner le "non" légèrement en tête. Les résultats semblent néanmoins serrés. Un sondage de la chaîne Star donne au non une fourchette entre 49% et 54% contre 46 à 51% au oui. La chaîne Mega donne entre 49,5% et 53,5% au non et entre 46,5% et 50,5% pour le oui.

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