en 1938, les surréalistes publiaient ce manifeste encore d'actualité :
Ni de votre Guerre – Ni de votre Paix!
La guerre qui s’annonce sous la forme hypocrite de mesures de sécurité reportées et multipliées, la guerre qui menace de surgir de l’inextricable conflit d’intérêt impérialiste dont l’Europe est affligée ne sera pas la guerre de la justice, par la guerre de la liberté. Les Etats qui, pour les besoins de l’heure et pour ceux de l’histoire, prétendent se servir de ces notions comme des pièces d’identité, ont acquis leurs richesses et consolidés leur pouvoir par des méthodes de tyrannie, d’arbitraire et du sang. Les preuves les plus récentes de l’indignité de ces Etats sont encore vivantes dans la mémoire collective. Trahie de toute parts, oublieuse de sa fonction subversive, la classe ouvrière s’apprête à participer au sauvetage du butin de Versailles.
En réponse à cette attitude suicidaire, nous déclarons que la seule question intéressant l’avenir social de l’homme, bien faite pour mobiliser sa lucidité et son énergie créatrice, est celle de la liquidation d’un régime capitaliste qui n’arrive à se survivre, à surmonter ses propres paradoxes…
gianfranco sanguinetti, qui avait montré à la fin des années 1970 que les brigades rouges étaient manipulées par les services secrets italiens, dit ceci à propos du terrorisme islamiste (manipulé selon lui par les états-unis) :
https://blogs.mediapart.fr/lec(...)ation
jaime semprun, dans
l'abîme se repeuple :
On trouve à la fin d’un poème de Constantin Cavafy, « En attendant les barbares », deux vers qui sont en la circonstance très évocateurs :
« Mais alors, qu’allons-nous devenir sans barbares? ces gens étaient en somme une solution. »
C’est ainsi que pour se cacher son désastre réel et exorciser le spectre d’une décadence interminablement livrée à elle-même, une société se trouve des ennemis à combattre, des objets de haine et de terreur; et comme dans 1984, où l’expression obligatoire de la haine pour l’ennemi Goldstein sert en même temps à chacun d’exutoire à sa haine pour Big Brother, la fabrication d’une « barbarie » à redouter et à haïr est d’autant plus opérante qu’elle récupère au profit du conformisme et de la soumission un effroi bien réel et très fondé. Les « banlieues », comme on dit dans les médias pour désigner en fait l’ensemble du territoire urbanisé (les centres historiques anciens, principalement dévolus à l’usage touristique et marchand, n’ayant presque plus rien de l’heureuse confusion qui faisait une ville), sont donc devenues, avec leur jeunesse barbare, le « problème » qui résume providentiellement tous les autres : une « bombe à retardement » placée sous le siège de ceux qui du coup pourraient se croire des assis. Comme de bien d’autres « problèmes », on parle de celui-là non pour le résoudre (et comment le pourrait-on ?), mais pour le gérer, comme ils disent : en bon français pour le laisser pourrir, en l’y aidant par tous les immenses moyens disponibles à cette fin. C’est une telle gestion moderne qui est désignée à l’horizon par le vocable « Los Angeles ». Quand les policiers et leurs porte-voix médiatiques parlent de « syndrome Los Angeles », ils expriment au moins autant ce qu’ils cherchent à obtenir que ce qu’ils prétendent éviter, ce qu’ils veulent que ce qu’ils craignent : c’est-à-dire qu’ils décrivent le tour qu’ils veulent voir prendre à ce qu’ils savent ne pouvoir éviter. Et l’on sait comment la domination moderne, qui n’a pas pour rien été qualifiée de spectaculaire, a repris à grande échelle les techniques de l’industrie du divertissement, depuis longtemps habile à manipuler les impulsions mimétiques. en faisant apparaître les sentiments qu’elle veut susciter comme déjà existants, et en anticipant l’imitation qu’en feront les spectateurs eux-mêmes, sur le modèle de la prophétie qui s’auto-accomplit. C’est ainsi qu’en vertu de l’effet de miroir du
spectacle, ceux qu’on « aime haïr » en tant que modernes barbares ne sont que trop enclins à aimer être haïs sous cette figure, et à s’identifier à leur image préformée. Ils « ont la haine », selon une locution dont la tournure n’évoque pas fortuitement la contamination par une peste.
michel bounan, dans
logique du terrorisme : La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable. Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu'il est impossible d'admettre que le terrorisme soit réellement ce qu'il prétend être.