jules_albert a écrit :
sur le terrorisme, signalons aussi le livre du suisse daniele ganser
Son étude, qui s'appuie notamment sur les rapports parlementaires belge et italien consacrés au réseau Gladio, détaille comment les États-Unis, avec le soutien du Royaume-Uni, ont organisé après-guerre dans divers pays de l'Europe de l’Ouest, et jusque dans les années 1980, des cellules clandestines destinées à organiser la résistance en cas d'invasion soviétique. Ganser se demande si ce réseau ne serait pas à l'origine de certains attentats attribués à des mouvements d'extrême gauche, dans une tentative politique de discréditer aux yeux des électeurs et des populations les partis de gauche. Selon lui, cette stratégie de la tension trouverait un prolongement aujourd’hui dans le terrorisme islamiste, présenté comme une menace à même de justifier des guerres pour le pétrole. Daniele Ganser a participé à un ouvrage collectif mettant en doute les conclusions de l'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001. Il considère que « l’histoire officielle sur le 11 septembre, les conclusions de la commission, ne sont pas crédibles ».
extrait de
logique du terrorisme (m. bounan) :
L'examen des entreprises terroristes menées depuis plus d'un siècle nous révèle leur inefficacité quasi totale selon les critères politiques affichés par les terroristes eux-mêmes.[...]
Ce n'est pas non plus le terrorisme du FLN qui a libéré l'Algérie du colonialisme français, mais c'est la restructuration néo-colonialiste du capitalisme mondial qui a exigé du gaullisme, pour l'Algérie et pour le pétrole saharien, cette apparente "indépendance" politique dont le FLN a été le porte-drapeau, c'est-à-dire la fin de la vieille dépendance privilégiée de l'Algérie au capitalisme régional français. Quant aux mouvements séparatistes actuels, basque, irlandais, tchétchène, arménien, kurde ou autres, on ne voit pas qu'ils aient obtenu par leurs méthodes aucun de leurs buts revendiqués, hormis ceux qui intéressaient précisément leurs ennemis déclarés.
On connaît tout aussi bien les échecs constants du terrorisme révolutionnaire. Les lanceurs de bombes du XIXe siècle, en Russie, en Amérique ou en Europe, n'ont aucunement réussi à gagner à leur cause l'opinion publique de leur époque, mais bien évidemment l'inverse. Quant aux terroristes gauchistes européens des années soixante-dix - italiens, allemands, belges ou français - ils n'ont atteint, eux non plus, aucun des objectifs qu'ils prétendaient s'être fixés, mais ils ont obtenu, en revanche, le renforcement des contrôles policiers et le vote de lois répressives contre la population de leurs pays respectifs.
Il en est de même du terrorisme islamiste actuel, sous ses aspects nationalistes, révolutionnaires ou religieux. Ses procédés ont abouti, en Afghanistan, à l'occupation américaine du pays, et en Tchétchénie au renforcement de la présence militaire russe. Ses attentats en Algérie, en Egypte ou en Indonésie n'ont entraîné d'autres effets qu'un durcissement des contrôles et de la répression contre des populations civiles dont l'agitation menaçait l'ordre public, et ceux commis en Europe, à la surveillance plus pointilleuse des populations musulmanes exilées en Occident.[...]
Chez un lanceur de bombes, chez un mitrailleur de foule ou chez un égorgeur, l'absence complète de bon sens et de logique élémentaire est certainement vraisemblable et crédible.[...] On ne peut donc être surpris qu'un mitrailleur ou un kamikaze commettent des actes dont les résultats politiques seront exactement opposés à ceux qu'ils prétendent rechercher. Mais ces individus ne sont pas ceux qui sont censés négocier sur le marché international des armes, organiser des complots, effectuer minutieusement des opérations secrètes sans se faire connaître ni se faire appréhender avant l'heure de leur crime. Les entreprises terroristes sont conçues par des esprits d'une tout autre espèce que celle des exécutants. Elles exigent des qualités d'organisateurs et de stratèges plus propres à la politique qu'à l'héroïsme.
Ceux qui préparent les attentats terroristes n'ignorent évidemment pas les conséquences politiques de leurs actes, tout à fait contraires à leurs revendications proclamées. Et ce ne peuvent être que ces effets politiques qu'ils recherchent.