Skelter a écrit :
Dans une itw au nvel Obs Bayrou donne des gages aux électeurs PS en déclarant qu'il aura des socialistes dans sa majorité.
Et là je ne comprend plus rien. Si Bayrou se sent proche du PS pourquoi ne s'allie t'il pas avec ce parti de façon clair et franche?
Tu cloisonnes beaucoup plus que moi, c'est tout. Si tu pars sur des postulats type : "un PS ne fait pas de libéralisme" ou "un UMP ne fait pas de social", tu seras éternellement hermétique à la philosophie de Bayrou (je ne parle même pas de la faisabilité, uniquement du principe).
Chacun des deux partis PS/UMP tire un peu la corde de son côté mais basiquement, en France, on fait du libéralisme, on fait du social, on a un service public quel que soit le parti au pouvoir. On a bien des privatisations sous un gouvernement de gauche par exemple, ça semble pourtant une hérésie !
Ca n'a rien de nouveau : Giscard a bien gagné contre Miterrand en disant en débat que la gauche "n'avait pas le monopole du coeur", sous-entendu qu'un peu à droite aussi, on fait du social.
Partant de là, c'est juste un équilibre à trouver : Sarkozy tire plus sur le libéralisme que Bayrou qui tire lui-même plus que Royal. Royal tire plus sur le social que Bayrou qui tire plus que Sarkozy. Perso, j'accepte qu'il n'y ait pas de frontière nette mais bien une frontière progressive. Et donc que le centre est une position qui en vaut une autre. Il suffit de comparer notre "droite" et notre "gauche" avec celles des autres pays pour constater cette frontière progressive et la difficulté à poser une étiquette.
Si tu poses l'hypothèse qu'au contraire, la frontière est très nette, tu ne peux effectivement que considérer Bayrou dans une position de déséquilibre et qu'il devra forcément tomber d'un côté ou de l'autre de cette frontière (et à droite de ton point de vue).
Pourtant, tu peux bien considérer qu'il y a de la place entre Fabius et DSK, et qu'il y en a entre Borloo et Sarkozy. Pourquoi ne pas imaginer une place pour Bayrou entre DSK et Borloo, etc...
L'incompréhension vient du fait que nous ne posons pas les mêmes hypothèses de réflexion. Après, on peut causer sur la faisabilité du projet de Bayrou et là, j'aurais moi aussi des critique à faire et des doutes à exprimer. Mais sur le fond, je ne vois pas d'incohérence. Faut juste considérer les partis comme des ensembles flous (la théorie des ensembles flous, ça date de 1965, faudrait commencer à appliquer ça à la politique
).
Les petits pains, ça fait du bien au ventre et les gros pains, ça fait du mal aux oreilles.