Chic une vraie discussion de fond sur Forrest Gump (FG c'est plus simple)
Lutinvolant a écrit :
Mais Forrest Gump véhicule une morale absolument infect pour moi qui ne se déploie que dans sa conclusion. A savoir lui le gentil, un peu simple, militaire survit et sa copine "hippie", se coulant pas dans le moule, meurt du Sida, maladie ayant longtemps eu (et ayant encore) la symbolique du "fléau de dieu pour punir les homos et les déviants".
Donc finalement la morale du film est "sois con et fais ce qu'on te dit ou meurs dans d'atroces souffrances".
A part dans un épisode de Walker Texas Ranger difficile de trouver plus "ordre moral" en puissance. Mais c'est plus drôle avec Chuck...
Le Lutin
ZePot a écrit :
FG est fait dans une perspective historique, la fille symbolise toutes les tendances adoptées par la jeunesse américaine, et le SIDA, qui marque l'arrêt des années de liberté sexuelle, y figure sans surprise.
Admettons. Mais je ne pense pas que dans une fiction (sauf dans Vendredi 13) la mort d'un personnage soit sans raisons. Tu pense que c'est la mort de ses années de liberté et de remise en cause du système... C'est finalement pas mieux.
ZePot a écrit :
Et surtout, il me semble que l'effet recherché est avant tout de faire pleurer les gens. On aime ou on n'aime pas ce sentimentalisme, mais je n'adhère pas à ta critique.
Je pleure devant Billy Elliot dont le but est effectivement de nous tirer la larme. J'ai imaginé, pensé que FG avait une autre vocation. Y'a un propos comme dans beaucoup de film.
ZePot a écrit :
D'autant plus qu'à travers les yeux innocents de Forrest Gump, c'est avec une grande tendresse que le spectateur américain revit son histoire. Même les passages les plus noirs sont montés sur une bande sonore nostalgique qui donnerait presque envie de retourner au Vietnam. L'Amérique de FG s'aime, elle s'aime avec et malgré le SIDA et le Vietnam.
Mais c'est étrange de mettre ces deux éléments dans le même plan. Comme si L' Amérique avait "subi" le Vietnam et le Sida sans pouvoir changer les choses. OR, je suis d'accord, les pauvres troufions qu'on envoyait au casse pipe n'étaient pas responsables mais il y avait moyen et il y a eu de la contestation. Pourquoi tuer le seul personnage contestataire ?
Finalement le message d'une Amérique qui s'aime malgré le Vietnam me pose aussi question...
ZePot a écrit :
Bref, je considère que ton reproche est infondé.
Peut être j'applique une interprétation européenne à un film profondément américain et dont je ne suis pas le destinataire.
Ca me parait plus probable mais ça ne réhabilite pas le film dans mon goût...
Le Lutin