Je vais donner mon avis sur cet album, même si je me suis déjà fait ramasser pour avoir dit deux trois choses qui ont été mal interprétées sur ce groupe que j'aime bien.
Je l'ai écouté tout à l'heure. C'est... du Dream Theater. Pas vraiment de surprises, si je fais exception de la frappe monstrueuse de Mangini. Les mélodies sont bonnes, ça accroche bien, ça passe facile.
Certains diront trop facile, mais à mon avis qui n'engage que moi et qui ne cherche pas la polémique, ils ont depuis quelques années pris un virage "grand public", c'est à dire que leur auditoire s'est élargi, ça touche plus de monde, c'est plus "commercial", donc ils n'auraient pas intérêt à changer quelque chose, mais plutôt à continuer dans cette voie. C'est ce qui les fait vivre, eux et toute la machinerie quand ils sont sur la route, alors si avec cette musique ils peuvent d'une part bouffer, donner à bouffer à des gens et faire grossir le nombre de fans, ils auraient tort de "revenir à leurs débuts", car ils se couperaient d'une bonne partie de leur public actuel (qui est là depuis Train Of Thought, je pense). Un public plus "métalleux", moins "prog"...
Donc la présence de Mangini n'a pas changé la donne, en ce qui me concerne. Concernant le son de la batterie, c'est normal qu'il soit différent de celui de Portnoy. Mangini, de mon point de vue, a toujours eu un son assez sec (dans Annihilator ou avec Vai). Ce qui est en revanche dommage, c'est la compression et l'égalité des frappes (merci le trigger), ça manque de subtilités dans le jeu, et pourtant Mangini sait faire... ça démoule plus en terme de double grosse caisse, c'est plus sec, moins rond, moins "prog", c'est plus "hard-heavy" comme son. Je trouve qu'il est plus carré que Portnoy dans le jeu global, qu'il en met moins partout, que ça fait moins "bordel".
Niveau guitare, Petrucci sonne comme Petrucci (heureusement )... pas mal de parties doublées même dans les solos... il s'envole un peu moins qu'avant, mais il reste technique dans beaucoup de plans quand même, l'air de rien.
Au rayon claviers... c'est Rudess. Et ses sons. Moi j'aime bien. Ce sont des sons de synthé (à part les sons de cordes), et je trouve qu'un synthé, c'est bien d'avoir des sons "particuliers" de synthé avec, et pas des sons d'autres instruments. Le son du solo de "Along for a Ride" m'a fait penser à du Wakeman. Je trouve très bien que Rudess ait des sons à lui, et pas la Xième banque de sons Canvas machin orchestra truc (même s'il doit l'avoir dans ses banques, vu le nombre de machines qu'il a)...
La basse... JMX est là (de toute façon, s'il n'était pas là, ça s'entendrait). Quelques petites touches sympa de ci de là, quelques mises en avant, ça ronronne bien, et je me demande s'il n'est pas sur une fretless sur "The Looking Glass".
Vocalement, LaBrie s'en sort parfaitement bien (je répète, c'est mon avis, j'ai toujours trouvé LaBrie a sa place dans le groupe).
La "pièce" "Illumination Theory" ne m'a pas particulièrement marqué. C'est une suite comme ils en ont déjà fait par le passé, peut-être moins évoluée dans le développement. "A Nightmare to Remember" est à mon avis plus épique (mais aussi plus long...).
Il y a des réminiscences des albums passés, ce qui est logique quand on entend tout ce qu'ils ont fait, et même dans les à-côtés du groupe.
Au final, ça fait un album assez court pour Dream Theater, les morceaux n'ont pas l'amplitude de "Systematic Chaos" (aussi un album qui a amené du monde niveau public), je trouve.
Ce n'est ni inoubliable ni à jeter. C'est à prendre pour ce que c'est, un album de plus pour Dream Theater, qui, je le redis, et ça reste mon avis, cible un public de plus en plus large et dont ils auraient tort de se priver, surtout par les temps qui courent...
Je ne suis ni déçu, ni emballé, j'aurais tendance à dire "un peu blasé". C'est un album de plus dans ce qui existe en metal-prog, avec cette compression qui écrase la dynamique. Faut être dans son époque et dans son temps...