ravachol2 a écrit :
pfm a écrit :
Je suis quotidiennement vos discussions, et je suis très étonné que personne ne parle de Poutou... Il n'y a pas de travailleurs, sur backstage?
Seulement des "artistes" au-dessus des considérations bassement prolétariennes?
Edit, @Ben.oît: forcément, il ratisse tellement large...
Comme toi; j’hallucine ! ... Un topic de "bourgeois musiciens", en fait, qui se tirent la bourre sur les nuances absurdes de leurs poulains respectifs, et qui croient encore pouvoir aller décider de quelque chose en allant mettre leur petit bulletin dans l'urne.
Parler de Poutou ici; c'est passer, comme lui, pour un "farfelu". Comme d'essayer d'argumenter l'importance, maintenant, d'une abstention massive et de nature à réellement engendrer une profonde restructuration de ce "système merdeux" et corrompu ...
Ici: des dizaines de pages par jour pour ne rien dire ...
On est pas sorti de l'auberge !
c'est la classe moyenne et ses angoisses polluées par la fausse conscience... il ne pourra pas y avoir de changement réel sans une prise de conscience véritable qui donne lieu à l'émergence d'un nouveau sujet révolutionnaire.
Citation:
Le capital, qui est une relation sociale initialement basée sur l’exploitation du travail, s’est approprié toutes les activités humaines, envahissant toutes les sphères : culture, science, art, vie quotidienne, loisirs, politique… Que le moindre recoin de la société soit envahi par la marchandise signifie que tous les aspects de la vie fonctionnent selon des directives marchandes ou, ce qui revient au même, que toute activité humaine est gouvernée par la logique capitaliste. Dans une société-marché ayant de telles caractéristiques, il n’y a pas de classes au sens classique du terme (mondes séparés qui s’affrontent), mais plutôt une masse plastique où la classe capitaliste – la bourgeoisie – s’est transformée en strate exécutive sans titre de propriété, tandis que son idéologie s’est universalisée. Ses valeurs dirigent toutes les conduites sans exception.
Cette forme particulière de déclassement général ne se traduit pas par une inégalité sociale diminuée, bien au contraire, elle est beaucoup plus accentuée, mais même avec l’aiguillon de la pénurie, l’inégalité est perçue de façon moins intense et donc n’entraîne pas de conflits. Le mode de vie bourgeois a inondé la société, annulant la volonté de changement radical. Les salariés ne veulent pas d’un autre style de vie, ni d’une autre société, tout au plus souhaitent-ils une meilleure position sociale avec un pouvoir d’achat accru. L’antagonisme violent se déplace dans les marges : la contradiction majeure est moins dans l’exploitation que dans l’exclusion. Les protagonistes du drame historique et social ne sont plus les exploités du marché, mais les expulsés et ceux qui refusent d’y entrer : ceux qui se situent hors du “système” en tant qu’ennemis.
La société de masse est une société uniformisée, mais fortement hiérarchisée. L’élite dirigeante n’est pas formée par une classe de propriétaires ou de rentiers, mais par une véritable classe de gestionnaires. Le pouvoir dérive donc de la fonction, non de la propriété. Le pouvoir de décision se concentre tout en haut de la hiérarchie sociale; la dépossession, sous forme d’emploi précaire et d’exclusion, se concentre dans la partie la plus basse.
Les couches intermédiaires, enfermées dans leur vie privée, ne sentent ni ne souffrent, simplement elles consentent. Cependant, quand la crise économique les atteint, elle les tire vers le bas. Alors, ces strates appelées classes moyennes par les sociologues sortent de cet immobilisme qui est la base du système des partis, contaminent les mouvements sociaux et prennent des initiatives politiques qui se concrétisent par l’apparition de nouveaux partis. L’objectif n’est évidemment pas l’émancipation du prolétariat, ni une société libre de producteurs libres, ni le socialisme. L’objectif est bien plus prosaïque puisqu’il s’agit uniquement de venir au secours de la classe moyenne, c’est-à-dire d’éviter sa prolétarisation par la voie politico-administrative.
Le concept de “citoyenneté” offre un succédané identitaire là où la communauté ouvrière a été détruite par le capital. La citoyenneté est la qualité du citoyen, un être doté du droit de vote dont les adversaires semblent n’être ni le capital, ni l’État, mais plutôt les vieux partis majoritaires et la corruption, les grands obstacles au sauvetage administratif de la classe moyenne reléguée. L’idéologie citoyenniste, à l’avant-garde du recul social, n’est pas une variante rénovée de l’ouvriérisme stalinoïde, il s’agit plutôt de la version postmoderne du radicalisme bourgeois. Elle ne se reconnaît même pas dans l’anticapitalisme, qu’elle considère périmé, mais plutôt dans le libéralisme social plus ou moins populiste. C’est ainsi parce qu’elle a pris comme le point de départ la vie dégradée des classes moyennes et ses aspirations réelles, même si elle s’appuie sur les masses en voie d’exclusion, trop désorientées pour agir de façon autonome et sur les mouvements sociaux, trop faibles pour croire possible, et encore moins désirable, une réorganisation de la société civile en marge de l’économie et de l’État. Sur ce point, le citoyennisme est le fils putatif du néostalinisme raté et de la social-démocratie bloquée. Le programme citoyenniste est un programme de parvenus, très malléable et politiquement correct jusqu’à la nausée, un programme idéal pour arrivistes frustrés et aventuriers politiques au chômage.
sur ce sujet, mélenchon est sur la même ligne que podemos ou le monde diplomatique.
rien d'original, c'est la ligne communiste orthodoxe (stalinisme, marxisme d'état).