Blow Up a écrit :
quantat a écrit :
Il était schizo Robespierre ?
Comme beaucoup de dictateurs et d'autocrates, il devait pas être très clair dans sa tête. Enfance pleine de ressentiments de classe, problème avec les femmes, fascination pour la grandeur fantasmée du sénat romain, la vertu, la droiture, l'intégrité à un niveau obsessionnel etc...
ça a toujours été quelqu'un d'intransigeant et psychorigide, mais son portrait et son action monolithiques brossés par les vainqueurs après thermidor, ne sont pas vraiment réalistes.
Enfin c'est un grand classique, les gens de droite vont citer Robespierre comme plus grande catastrophe arrivée à la France, mais être plus indulgents avec Napoléon (et sa famille) qui ont fait 100 fois plus de morts et ont été bien plus nocifs pour le pays.
C'est très cliché et très tradition noire contrairement à l'analyse aujourd'hui admise beaucoup plus nuancée, surtout vu les derniers ouvrages sorti sur lui... Je pense notamment au Robespierre de Hervé Leuwers :
"Robespierre, c’est la Révolution, son souffle épique, et son soufre aussi. L’homme est chargé de tous les maux et couvert de tous les éloges avant même son élection au Comité de salut public, en juillet 1793. Aujourd’hui, beaucoup lui associent la Terreur et les massacres de Vendée ; d’autres soulignent son combat pour le suffrage universel, sa dénonciation de la peine de mort et de l’esclavage, sa défense d’un pays menacé, son rêve d’une république qui offre à tous une égale dignité. Comment dépasser ce paradoxe ?
Hervé Leuwers s’est lancé sur les traces de l’enfant d’Arras devenu mythe, en véritable historien, bousculant les présupposés, analysant des sources jusqu’à aujourd’hui inédites, creusant les archives pour faire jaillir le portrait d’un juriste et homme de lettres, d’un orateur hors pair, d’un politique intransigeant et désintéressé. Un homme d’état, certes, comme la France en a peu connu dans son histoire, mais aussi une personnalité complexe, dérangeante, et pourtant souvent généreuse. Cette biographie de référence invite à redécouvrir un homme d’exception qui fascine dans le monde entier.
Professeur à l’université Lille 3, Hervé Leuwers est spécialiste de la Révolution française et de la société judiciaire des xviie et xviiie siècles. Il a notamment publié Un juriste en politique : Merlin de Douai (APU, 1996), L’Invention du barreau français (Éd. de l’EHESS, 2006, prix Limantour) et La Révolution française et l’Empire (PUF, 2011)."
http://www.fayard.fr/robespier(...)71567
Egalement un article du Monde Diplomatique qui a suivi cette analyse :
"Il n’a jamais accepté qu’avec réticence les charges qui lui étaient offertes et a même choisi, lorsqu’il était député de la Constituante, de ne pas se représenter à la Législative, incitant ses collègues à faire de même pour « laisser la carrière à des successeurs frais et vigoureux ». Un ennemi du genre humain ? Il s’est prononcé pour la pleine citoyenneté des Juifs et contre le système colonial. Un tyran ? Il a défendu, très tôt et très seul, le suffrage universel, s’est battu pour le droit de pétition et la liberté de la presse, et n’a pas cessé de mettre en garde les citoyens contre la force militaire et les hommes providentiels. Un centralisateur totalitaire ? Il a théorisé la division du pouvoir et condamné « la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ». Un fanatique sanguinaire ? Il a longtemps réclamé la suppression de la peine de mort et un adoucissement des sanctions. Résolu à frapper les ennemis de la Révolution, il a néanmoins appelé à ne pas « multiplier les coupables », à épargner les « égarés », à « être avare de sang ». Et si, face aux périls qui menaçaient la République, il s’est rallié à la politique de Terreur, il n’en a jamais été le seul responsable, ni même le plus ardent."
https://www.monde-diplomatique(...)54169