Blow Up a écrit :
La sociologie des électeurs et des sympathisants RN elle est connue, il y en a forcément chez les gilets jaunes puisque que ce type de parti propose des solutions simplistes aux problèmes des plus modestes financièrement, c'est le propre du populisme.
Par contre c'est un peu con et réducteur de parler (comme Castaner) de bbq de fachos sur les Champs, et c'est une façon d'appauvrir le débat politique (c'est d"ailleurs la stratégie de Macron, c'est moi ou l'extrême droite, voire le chaos comme il dit).
C'est bien plus large que ça comme mobilisation, d'autant plus que le fond de commerce habituel de l'extrême droite (immigration, sécurité) n'est pas du tout abordé dans les revendications.
La comparaison avec le poujadisme ne tient pas non plus, le poujadisme c'était un mouvement corporatiste de commerçants et d'artisans, c'est beaucoup plus large chez les gilets jaunes, ça va de l'ouvrier au patron en passant par la fonction publique.
C'est la grande trouvaille de Macron, avoir réussi à prendre une position politique dont l'opposé est une sorte de poujadisme. C'est sûr que ça ratisse large, mais le centre de gravité de cette opposition est quand même bien délimité: c'est l'intersection entre Le Pen et Mélenchon. C'est peut-être pour ça que tous les représentants des bords de l'échiquier politique semble empruntés, adhère à moitié, n'ose pas le gilet tout en approuvant ou approuvant tout en n'osant pas le gilet.
Je trouve au contraire le terme de poujadisme assez bien choisis (en tout cas mieux que RN) pour connoter cette composante dont le centre de gravité n'est pas le racisme. Ce qui est en jeu ici est la grande finance cosmopolite contre le petit boutiquier local. L'élite de réseau international diplômée contre la petite bourgeoisie provinciale qui connaît le terrain.
Vous battez pas, je vous aime tous