"Thrillseecker" merci pour ton exemple qui démontre que l'APL a diminué progressivement et fortement ces 10-15 dernières années, de manière beaucoup plus importante qu'en 2018.
Le calcul de l'APL suit des règles très complexes, le montant des ayants droit semble baisser chaque année.
Ainsi, pour répondre à "Skelter" qui, toujours pédagogue et pas avare d'explications fort intéressantes, prend la peine de nous communiquer une simulation APL. Celle-ci indique qu'une personne seule peut prétendre à une allocation de 295,05 euros et un couple avec deux enfants à 460,52 euros.
C'est une baisse considérable car ces montants maximums de prestation ne sont versés qu'à des allocataires ayant des ressources dérisoires, nettement inférieures au SMIC.
Dans le cadre de mon activité, je m'étais aperçu qu'un locataire qui ne parvenait pas à résorber sa dette voyait son APL suspendue! Comme je connaissais les dossiers des débiteurs, je faisais partie de la SDAPL (Section des Aides Publiques au Logement) qui, justement, examinait chaque mois la situation locative des débiteurs.
Si ceux-ci n'avaient pas engagé un plan d'apurement à raison d'acomptes mensuels, leur APL était suspendue.
Indigné par cette mesure qui ne faisait qu'enfoncer les débiteurs, j'ai écrit à mon député, mon courrier a été examiné par une Commission de l'Assemblée Nationale, et j'ai obtenu gain de cause.
Je m'explique, ces débiteurs qui, à l'époque, bénéficiaient d'une APL élevée, par exemple 400 à 500 euros, pour un loyer de 450 à 600 euros, et qui rencontraient des difficultés pour régler un loyer résiduel de 100 à 200 euros, devaient, du jour au lendemain, régler l'intégralité de leur mensualité.
Leur dette d'environ 1000 euros montait rapidement à 3000 euros et ces locataires faisaient alors l'objet d'une procédure d'expulsion. Si l'on pouvait établir un plan de règlement et obtenir des aides pour régler 1000 euros, la solution amiable était impossible pour 3000 euros, et la famille était irrémédiablement condamnée et expulsée.
J'ai obtenu que l'APL ne soit plus suspendue afin de réduire considérablement les expulsions, procédure qui me "travaillait" la peau, avec l'angoisse des suicides que les débiteurs me menaçaient en une dernière argumentation déchirante, qui hantait mes nuits.
J'espère qu'aujourd'hui, l'APL n'est toujours plus suspendue, car cette mesure anti-sociale, coulait littéralement les débiteurs, ce qui allait à l'encontre de la vocation et de l'objectif social des Caisses d'Allocations Familiales.