BluesBarbu a écrit :
Biosmog a écrit :
BluesBarbu a écrit :
Biosmog a écrit :
je vois bien ce qui t'irrite particulièrement chez Sartre.
Le fait qu'il fut un collabo pendant l'occupation puis Résistant après la libération
Faire jouer une pièce sulfureuse aux yeux des allemands et louée par des journaux résistants, c'est de la collaboration? Ou alors, c'est d'avoir été célébré à tort comme grand résistant qui en fait un collabo?
Tu fais un concours de bêtise avec MIA on dirait.
Onfray aussi fait un concours de bêtise avec nous :
"Je préfère Albert Camus sur Jean Paule Sartre pour plusieurs raisons, notamment, par ce que Sartre et Simone de Beauvoir ont collaboré avec les nazis et avec son représentant en France, le régime de Vichy, dans les premières années de la deuxième guerre mondiale, alors que Albert Camus est resté fidèle à son approche et à lui même"
C'est vrai, j'aurais de la peine à décerner le premier prix à l'un de vous trois. Ce qui est assez amusant quand on lit Onfray, c'est que son argument, c'est une participation à une revue collaborationniste Comoedia. Or dans les faits Sartre, engagé comme chroniqueur littéraire démissionne après sa première chronique, constatant que la revue n'était pas indépendante. Il réapparaît dans une interview pour les Mouches, puis publie un hommage d'une page à Giraudoux. Le problème, c'est dans cette revue écrivaient aussi Cocteau et Paulhan. D'affreux collabos, selon le critère d'Onfray.
La réalité était un peu plus compliquée que ce qu'en dit la soif de notoriété de Onfray à peu d'effort. Ce qui est dommage, c'est que le faible niveau de discussion empêche de parler de choses un peu intéressantes.
Ce qui est intéressant avec Sartre, c'est que la collaboration était stupéfaite de la mansuétude de la censure allemande vis-à-vis de son théâtre perçu par eux comme très subversif. De nombreuses protestations ont été portées par les collabos aux allemands. Ingrid Galster qui est historienne sauf erreur, émet l'idée qu'il y avait une histoire de cul entre une comédienne et un allemand féru de littérature et de théâtre, qui aurait facilité la non-interdiction des Mouches. L'histoire de Huis-clos est encore plus rocambolesque, la pièce a toujours été à la limite d'être interdite. On peut aussi imaginer que les allemands étaient sensibles au fait que Sartre était un passeur de la phénoménologie, philosophie d'État si j'ose dire, avec Heidegger en parangon. Donc, ce qui est intéressant, c'est une critique violente de toute la France collaborationniste, une hésitation allemande et ... un excellent accueil de la résistance dans les journaux clandestins, notamment par Camus et Leiris.
Donc on peut discuter des qualités d'engagement de Sartre qui étaient proches du néant à ce moment, si tu veux. Je pense que c'est une vraie discussion d'historiens. Mais parler de Sartre comme collabo, c'est complètement délirant.
Vous battez pas, je vous aime tous