mylespaul a écrit :
« J'ai entendu longuement Menjinski, le chef de la Guépéou, — et qui vient de mourir —
m'expliquer combien il était absurde en principe de taxer de cruauté ou de manque de respect de la vie, le parti politique qui dirige l'Union Soviétique, son objectif étant la solidarité de chacun avec chacun sur la terre, et le travail dans la paix. Et en fait, il m'a montré combien la police révolutionnaire, sœur des masses des travailleurs, guette toutes les occasions où il est possible de « guérir » non seulement les prisonniers de droit commun (dans ce domaine du régime des prisons, les bolcheviks poussent la patience et l'indulgence à un degré presque paradoxal), mais aussi les prisonniers politiques. Les communistes parlent de ce double principe que les malfaiteurs de droit commun sont des gens qui se trompent sur leurs propres intérêts et gâchent leur vie — et qu'il n'est rien que de le leur montrer, et que les ennemis de la révolution prolétarienne, prélude de la révolution complète, sont également (ceux qui sont sincères), des gens qui se trompent, — et qu'il n'est rien de tel que de le leur montrer.
C'est pourquoi les prisons s'efforcent, sur toute la ligne, d'être des écoles.
Le problème de la répression se réduit donc à une question de minimum nécessaire en vue du progrès général. Ce minimum, on est aussi coupable de rester en deçà, que de le dépasser.
Celui qui épargne des gens qui agiront contre la cause des hommes, est un malfaiteur. Le sauveur d'assassins est un assassin. Le devoir de la véritable bonté est d'embrasser l'avenir.