En parlant de la guerre de 14,
citation de à l'Ouest rien de nouveau:
"Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes..."
Ici, que l'on soit français, allemands , russes ou autres, la peur, l'effroi, la douleur n'ont n'y drapeaux, ni nationalités.
La violence des combats est d'un cruel réalisme. Comment peut-on infliger un telle barbarie ? Un livre qui soulève beaucoup de questions et qui n'ont malheureusement toujours pas trouvé un semblant de réponses à notre époque.
Une claque.
- Pourquoi donc il y a la guerre? demande Tjaden.
Katy hausse les épaules.
- Il doit y avoir des gens à qui la guerre profite.
- Eh bien! je ne suis pas de ceux-là, ricane Tjaden.
- Ni toi, ni personne de ceux qui sont ici.
- À qui profite-t-elle? insiste Tjaden. Elle ne profite pourtant pas au kaiser non plus. Il a tout de même tout ce qu'il lui faut!
- Ne dis pas cela, réplique Kat. Une guerre, jusqu'à présent, il n'en avait pas eu. Et tout grand empereur a besoin d'au moins une guerre ; sinon il ne devient pas célèbre. Regarde donc dans tes livres de classe.
- Des généraux également deviennent célèbres grâce à la guerre, dit Detering.
- Encore plus célèbres que les empereurs, confirme Kat.
- Sûrement, il y a encore derrière eux d'autres gens qui veulent que la guerre leur profite, grogne Detering.
- Je crois plutôt que c'est une espèce de fièvre, dit Albert. Personne, à proprement parler, ne veut la guerre, et soudain elle est là. Nous n'avons pas voulu la guerre, les autres prétendent la même chose, et pourtant la moitié de l'univers y travaille ferme.
Regarde, lorsque tu as dressé un chien à manger des patates et qu'ensuite tu lui présentes un morceau de viande : malgré tout, il se précipitera dessus, parce que c'est dans sa nature ; si tu donnes à un homme un petit bout d'autorité, c'est la même histoire : il se jette dessus. Cela va de soi, car l'homme, par lui-même, n'est, à l'origine, qu'une sale bête, et ce n'est que plus tard que, peut-être, il reçoit une couche de décence...
Je suis jeune, j'ai vingt ans; mais je ne connais de la vie que le désespoir, l'angoisse, la mort et l'enchainement de l'existence la plus superficielle et la plus insensée à un abîme de souffrances. Je vois que les peuples sont poussées l'un contre l'autre et se tuent sans rien dire, sans rien savoir, follement, docilement, innocemment.
Je vois que les cerveaux les plus intelligents de l'univers inventent des paroles et des armes pour que tout cela se fassent d'une manière encore plus raffinée et dure encore plus longtemps.
Et tous les hommes de mon âge, ici et de l'autre coté, dans le monde entier, le voient comme moi; c'est la vie de ma génération comme c'est la mienne.
que feront nos pères si, un jour, nous nous levons et nous nous présentons devant eux pour réclamer des comptes? Qu'attendent-ils de nous lorsque viendra l'époque où la guerre sera finie? Pendant des années nous n'avons été occupés qu'à tuer; ç'a été là notre première profession dans l'existence. Notre science de la vie se réduit à la mort. Qu'arrivera-t-il donc après cela?