grâce à des sources d'information diversifiées, à rebours du discours occidentaliste servi par les médias dominants, on s'apperçoit que le jihadisme n'est pas forcément lié au féodalisme (au contraire). les féodaux seraient plutôt les alliés de l'ordre dominant et des américains, comme par exemple la famille royale saoudienne.
voici ce qu'en dit le communiste ilich ramírez sánchez, plus connu comme carlos :
L'Islam est dès l'origine une révolution. L'Islam est d'essence révolutionnaire. Je définirais "l'Islam révolutionnaire" comme le retour aux origines du Fatah islamique, époque où la révélation était alors la base de tout pouvoir, la mosquée le centre du débat démocratique et les gouvernants étaient élus parmi les meilleurs croyants. C'est ce caractère radicalement subversif de l'Islam qui en fait une doctrine parfaite pour mettre en échec le mondialisme impérialiste en montrant la voie d'un autre mondialisme, celui-là solidaire et héroïque de l'Oumma. En retour, l'Islam révolutionnaire constitue un prodigieux moyen de diffusion de l'Appel, la Daawa...
L'Islam révolutionnaire ou jihadiste n'est pas majoritairement wahhabite, il n'est pas forcément salafiste. La révolution islamique aujourd'hui est un mouvement politique de transformation de l'État, lequel régit la société selon le saint Coran. Processus soit de nature réformiste comme c'est le cas de la République islamique d'Iran, soit de rupture radicale, comme c'est le cas pour les organisations jihadistes engagées dans la lutte armée anti-impérialiste. L'on ne peut, à mon avis, parler d'Islam révolutionnaire que dans les cas où le mouvement jihadiste s'attaque aux classes dominantes, dans le but de parvenir à une répartition plus équitable des richesses, et non quand il ne s'évertue qu'à remplacer un pouvoir tyrannique, taghout, par un autre, "islamique", en conduisant des politiques moralement obscurantistes et socialement rétrogrades au nom du saint Coran, sans s'attaquer au pouvoir économique des oppresseurs et des exploiteurs... L'Islam détourné au profit de classes parasites pour leur maintien au pouvoir, qui, en confisquant l'intention de la Révolution divine, devient alors un pilier central de l'État illégitime et où la Foi est transformée en alibi pour la répression sociale et politique. Ce mécanisme pervers d'instrumentalisation s'applique bien entendu à toutes les autres religions quand elles se transforment en piliers de régimes mécréants...
L'Islam révolutionnaire proprement dit est né de la révolte de toute une génération de musulmans qui ne se reconnaissent pas dans la laïcité délétère qui gagnait leurs sociétés, opprimés qu'ils étaient au nom du progrès et de la modernité. Ils s'engagent, pour la cause de Dieu, dans la lutte anticolonialiste, anti-impérialiste, antisioniste, puisant des modèles d'analyse et d'action dans le socialisme, le marxisme ou le nationalisme mais sans parvenir à réaliser une véritable fusion idéologique. A contrario, l'Islam révolutionnaire jihadiste fondé sur l'Islam des origines, réalise une synthèse dynamique des différents courants. Il ne se définit que par son caractère profondément égalitaire, solidaire, par sa revendication essentielle, fondatrice d'équité et de justice...
Parmi les précurseurs et les promoteurs de l'Islamisme révolutionnaire, je veux citer les "déobandis" qui ont su propager un rigorisme intransigeant ayant servi de terreau à des générations de militants jihadistes. Également, la révolte des chiites carmates de Bassorah qui déboucha au Bahreïn sur l'un des premiers États communistes de l'histoire avant sa dérive kharidjite.
Ayant réalisé sa mutation pour répondre aux défis de la modernité, l'Islam a acquis une irréversible dimension politique et révolutionnaire, laquelle, depuis l'effondrement du camp socialiste, est devenue la principale force de transformation active des sociétés et de lutte anti-impérialiste. À ce titre, l'Islam est devenu l'ennemi à abattre...
Le terrorisme est une fatalité imposée par le rapport de force auquel nul résistant, musulman ou non, ne peut échapper face à un ennemi surpuissant, qui ne connaît ni frein ni limites dans l'arrogance et l'ambition hégémonique. Ces formes nouvelles de combat que sont le martyre et le sacrifice sont les seuls moyens disponibles pour contourner les défenses, trouver le défaut de la cuirasse des nouveaux croisés et de leurs alliés.
L'Irak, comme l'Afghanistan, fait maintenant partie du domaine de la guerre. Précisons que la Foi commande que tous les croyants oublient et effacent toutes distinctions entre musulmans, qu'ils soient sunnites ou chiites, toutes distinctions de classe, d'ethnie, pour refouler et défaire tous ensemble et unis l'envahisseur. Il est bon de rappeler que la Charia interdit de coopérer politiquement avec l'ennemi, surtout s'il devient un occupant. Elle ne permet pas non plus de collaborer avec un gouvernement qui serait à la solde de ce même occupant. L'Islam ne donne pas licence aux musulmans de se soumettre aux infidèles ou aux agresseurs et exclut tout dialogue hors de la trêve négociée...
Carlos, l'Islam révolutionnaire