JadedHeart a écrit :
J'ai remarqué qu'il fait une sorte de fixation sur la drogue dans ses romans
Oui, il y a beaucoup d'éléments qui sont repris dans nombre de ses livres. En fait c'est surtout le décor de la Californie des 60's, avec ses expériences hallucinatoires, ses affrontements idéologiques (en pleine guerre froide), ses tentatives artistiques, qui est repris. Et également des éléments de la vie même de Dick (Radio Libre Albemuth et SIVA sont complètement dans le délire schizo-paranoïaque dans lequel Dick vivait, persuadé d'avoir eu une révélation au sens biblique du terme, et a écrit une Exégèse qui forme un peu la matrice de son oeuvre et dont il flanque des morceaux un peu partout).
Je crois qu'il a vécu aussi une époque tout seul dans une grande baraque à accueillir les camés et beatnicks de passage, et que ça lui a laissé des traces (Substance Mort en parle).
Mais il y a aussi de la SF un peu plus "classique", comme Blade Runner donc, Ubik, Le Maître du Haut Château, Le Guérisseur de Cathédrales...
Azazello a écrit :
Oui c'est ça, je ne crois pas que ce soit un film technophobe,et encore moins anti-science, puisque les scientifiques y ont "raison", et c'est là qu'on rejoint le "social-occultisme" (cf.Muray
Le XIXe siècle à travers les ages) dans lequel seul la Science et la Raison peuvent permettre à l'Homme l'émancipation totale et notamment le retour au Paradis Perdu, le grand bain amniotique de Mère Nature (qui n'a bien sur jamais existé, la Nature n'étant absolument pas bienveillante envers l'Homme) , ce genre de délire ne finit pas toujours bien...Après il y a aussi un discours anti-colonialiste assez évident dans le film.
Les humains ayant une forme de vie différente, ils ont du mal à comprendre ce qui paraît évident aux Na'vis. Ils ont des connaissances scientifiques et une maîtrise technologique qui leur permet de comprendre (ou de se faire une idée) de la manière dont fonctionne ce peuple extraterrestre. Moi il m'a paru clair que les humains ne
peuvent pas avoir accès à ce "grand bain amniotique de mère nature", même avec tous les artifices technologiques. Par contre, ils peuvent admettre et respecter le fait que d'autres fonctionnent d'une manière fondamentalement différente (cet aspect anti-colonialiste justement).
Là je vais raconter la fin :
Oui, à la fin le héro finit par rejoindre les Na'vis, mais pas par une prouesse technologique : c'est Heyua qui s'en charge. Et il le fait parce que c'est un film pour enfants avec une histoire d'amour alors il faut que ça finisse bien, pas par une quelconque réconciliation de l'Humanité entière avec la Nature. Ce retour au "Paradis Perdu" n'est pas présenté comme solution pour l'humanité.