Comment vivre de sa musique aujourd'hui ?

Syraks
  • #2
  • Publié par
    Syraks
    le 22 Nov 23, 09:37
De ce que j'en ai compris, il faut surtout compter sur les produits dérivés de nos jours : matos signature, plugins, merchandising, etc.
La musique ne suffit plus, il faut aussi devenir commercial sur les réseaux sociaux. Bonamassa l'explique très bien, faut pas compter sur les plateformes de streaming pour aider les artistes.

Quant à la vente de CD... On a sorti un album récemment et j'ai reçu comme réponse de 99% de gens : "j'ai plus de lecteur cd".
Pourquoi pas les vinyles mais ça coûte une blinde...

Et pour subsister, donner des cours de gratte ou jouer dans des gros groupes de cover.

Foutue époque.
Du bon gros rock qui tache : Morning Chaos
Deux nouveaux morceaux :
Broken bones
Masks

Notre album : https://morningchaos.bandcamp.(...)-hide
Doc Loco
Concernant ce que je connais le mieux actuellement, c'est-à-dire les (petits) groupes japonais, l'accent est clairement mis sur le merchandizing et les fans savent pertinemment que c'est la meilleure manière d'aider un groupe, et dépensent souvent sans compter pour ce faire.

Après, le marché nippon a ceci de particulier que contrairement au reste du monde, le cd et le bluray s'y portent encore à merveille et sont des incontournables, il y'en a donc encore une grosse consommation (mais le sans support gagne du terrain). Il ne se passe généralement pas un an sans qu'il y'ait un nouveau bluray de concert, même pour les petits groupes. Là aussi, la débrouille est la clé, avec des clips souvent tournés par des étudiants, à très petit budget, avec surtout de l'imagination.

Et des tournées en van. Mais, encore une particularité nippone, énormément de petites salles/caves, trouver un endroit où jouer n'est jamais un problème, alors qu'il y'a un incroyable foisonnement de groupes.

Il y'a aussi le "patreon" qui grimpe en force, une sorte d'abonnement à un groupe ou artiste qui permet en retour d'avoir des exclusivités (vidéos, morceaux en avant-premières, réduction sur les tickets, articles signés etc ... ).Ca me semble beaucoup plus actif dans le monde anglo-saxon mais pas que (par exemple, un groupe comme The Warning en a énormément bénéficié).
In rod we truss.

"Quelle opulence" - themidnighter

"It's sink or swim - shut up!"
fifdefif
Le truc nouveau en ce moment c'est le financement participatif.
Le groupe de métal français Klone l'a fait pour une de ses tournées .
Ce n'était pas énorme, je crois que c'était de l'ordre de 3000/5000 € pour les frais de déplacements et les hôtels .En échange selon ton apport tu devais avoir des goodies divers .
Il n'empêche que ce n'est pas con!!
Doc Loco
fifdefif a écrit :
Le truc nouveau en ce moment c'est le financement participatif.
Le groupe de métal français Klone l'a fait pour une de ses tournées .
Ce n'était pas énorme, je crois que c'était de l'ordre de 3000/5000 € pour les frais de déplacements et les hôtels .En échange selon ton apport tu devais avoir des goodies divers .
Il n'empêche que ce n'est pas con!!


Oui, c'est le système du "patreon" dont je parlais plus haut - c'est du financement participatif https://fr.wikipedia.org/wiki/Patreon
In rod we truss.

"Quelle opulence" - themidnighter

"It's sink or swim - shut up!"
fifdefif
La pour le cas de Klone on est quand même sur un truc diffèrent : financement des frais de la future tournée .Ce n'est pas le nouveau LP ou du merchandising pur.
Doc Loco
fifdefif a écrit :
La pour le cas de Klone on est quand même sur un truc diffèrent : financement des frais de la future tournée .Ce n'est pas le nouveau LP ou du merchandising pur.


Oui, les modes de financement participatif sont multiples (on pourrait aussi citer kickstarter par exemple) mais reposent sur le même principe de base: la participation du "client" (les fans de l'artiste) en amont plutôt qu'en aval.
In rod we truss.

"Quelle opulence" - themidnighter

"It's sink or swim - shut up!"
SupaDog
En France il y a l'intermittence, je ne sais pas ailleurs en Europe et ça ne résout pas tout, mais entre les cachets de concerts, de répète voire choper des résidences de créations il y a moyen de se démerder... Après c'est vrai que la plupart des amis que j'ai qui on choisit cette voie jouent tous dans 2 voire trois groupes/projets.....Voir montent leur propre label pour pouvoir sortir du vinyle en mutualisation avec d'autres groupes etc...
wire
  • #9
  • Publié par
    wire
    le 23 Nov 23, 09:09
Je dois être le seul parmi mes ami(es) à ne pas avoir de compte sur les plateformes de streaming et continuer à acheter des cds (et aller aussi
aux concerts).
Le discours c'est on sait qu'ils gagnent rien avec les plateformes mais ils se rattrapent sur les concerts.
Doc Loco
wire a écrit :
Je dois être le seul parmi mes ami(es) à ne pas avoir de compte sur les plateformes de streaming et continuer à acheter des cds (et aller aussi
aux concerts).
Le discours c'est on sait qu'ils gagnent rien avec les plateformes mais ils se rattrapent sur les concerts.


En fait les deux n'ont absolument rien d'incompatible. J'ai des centaines (milliers?) d'albums en streaming et des tonnes de playlists ... et je n'ai jamais autant acheté de cds et vinyles. Ca correspond pour moi à des moments d'écoute différents tout simplement.

Le streaming pour me faire une idée sur un groupe, artiste ou album que je ne connais pas, pour écouter en voiture, en déplacement, voire au lit, et les cd et vinyles achetés quand j'aime un artiste au point de vouloir à la fois le soutenir et avoir la meilleure qualité d'écoute et l'objet (si possible créé avec art) qui y correspond. Là, on parle d'écoute dans les moments de détente où on ne fait que celà (écouter plus qu'entendre quoi).

Bon, comme dit plus haut, il se trouve que je suis plongé depuis des années dans une bulle hors du temps, le Japon, où les cds sont encore rois (et où, de façon surprenante, le vinyle a eu un retour un peu différé par rapport à chez nous, mais là ça y'est, ils ont mordu). Mais pour les 25% de groupes et artistes non japonais que j'écoute encore activement, j'agis de même (et au plus les groupes sont petits, au plus j'achète).

Au passage, concernant le retour du vinyle: j'entend de plus en plus de gens qui achètent des vinyles ... sans avoir de platine . Ils les achètent comme collector ou décoration . Et quand enfin ils se résignent à acheter une platine, c'est une chinoiserie à 80€ (vous connaissez tous ces platines "intégrées", toutes avec la même électronique mais une déco différente, avec le bras en plastoc, la vitesse qui fait qu'il y'a un Univibe constamment enclenché quel que soit le morceau et deux HP riquiqui sonnant encore pire que celui de votre smartphone) qui flingue leur disque en deux passage .
In rod we truss.

"Quelle opulence" - themidnighter

"It's sink or swim - shut up!"
Brigido
Déja en étant un très bon artiste...car c'est là la question centrale.
Il y a trop, bien trop de musiciens qui souhaitent en faire leur métier, sans vraiment avoir de lucidité sur la valeur de leur travail. Certaines institutions culturelles ont fait miroiter la "professionnalisation" à tout va, alors que ça n'a aucun sens.
La France a la "chance" d'avoir mis en place l'intermittence pour les artistes, ça fait un filet de protection...mais le problème reste entier. Il y a tellement de musiciens sans talents qui souhaitent en faire leur métier et qui après se plaignent de ne pas y arriver. Ça n'explique pas tout, mais c'est déja un point de départ.
La logique darwinienne voudrait que seuls les meilleurs et les plus acharnés survivent. Ce qui en soit, n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
Faire de la musique en amateur, c'est déja très bien, et c'est souvent plus gratifiant qu'une pseudo professionnalisation, faite de galères, de projets merdiques, d'horizons bouchés...je ne parle même pas des intermittents vieillissants, pour qui ça devient vraiment problématique et glauque (car si tu attends trop, les reconversions sont plus difficiles).
Du Blues, de la Soul, une touche de Jazz, un zeste de Rock, une pincée de Folk, un doigt de Country...
Doug_Watson
Etre un "bon" musicien ne suffit pas pour percer, il faut également être auteur-compositeur avec, si possible, un peu d'originalité. Sinon tu es noyé dans la masse des anonymes. Ou alors faire la bernique accrochée à une vedette en mettant de coté sa carrière personnelle. Le sideman docile et indispensable...
Et si tu veux vivre sans forcément vivre de ta musique, un conjoint qui assure l'intendance c'est pas mal non plus !
wire
  • #13
  • Publié par
    wire
    le 23 Nov 23, 11:45
Doc Loco a écrit :
wire a écrit :
Je dois être le seul parmi mes ami(es) à ne pas avoir de compte sur les plateformes de streaming et continuer à acheter des cds (et aller aussi
aux concerts).
Le discours c'est on sait qu'ils gagnent rien avec les plateformes mais ils se rattrapent sur les concerts.


En fait les deux n'ont absolument rien d'incompatible. J'ai des centaines (milliers?) d'albums en streaming et des tonnes de playlists ... et je n'ai jamais autant acheté de cds et vinyles. Ca correspond pour moi à des moments d'écoute différents tout simplement.

Le streaming pour me faire une idée sur un groupe, artiste ou album que je ne connais pas, pour écouter en voiture, en déplacement, voire au lit, et les cd et vinyles achetés quand j'aime un artiste au point de vouloir à la fois le soutenir et avoir la meilleure qualité d'écoute et l'objet (si possible créé avec art) qui y correspond. Là, on parle d'écoute dans les moments de détente où on ne fait que celà (écouter plus qu'entendre quoi).

Bon, comme dit plus haut, il se trouve que je suis plongé depuis des années dans une bulle hors du temps, le Japon, où les cds sont encore rois (et où, de façon surprenante, le vinyle a eu un retour un peu différé par rapport à chez nous, mais là ça y'est, ils ont mordu). Mais pour les 25% de groupes et artistes non japonais que j'écoute encore activement, j'agis de même (et au plus les groupes sont petits, au plus j'achète).

Au passage, concernant le retour du vinyle: j'entend de plus en plus de gens qui achètent des vinyles ... sans avoir de platine . Ils les achètent comme collector ou décoration . Et quand enfin ils se résignent à acheter une platine, c'est une chinoiserie à 80€ (vous connaissez tous ces platines "intégrées", toutes avec la même électronique mais une déco différente, avec le bras en plastoc, la vitesse qui fait qu'il y'a un Univibe constamment enclenché quel que soit le morceau et deux HP riquiqui sonnant encore pire que celui de votre smartphone) qui flingue leur disque en deux passage .


Oui mais tu es l'exception et pas la norme.
SupaDog
Bon il y a pas mal de musiciens qui jouent les œuvres des autres dans un orchestre "classique" qui sont bon interprètes, bon lecteurs et absolument incapables d'écrire une chanson ou d'improviser sur trois accords... Et combien de zikos qui viennent du rock (en gros, ça marche aussi avec la chanson française festive de ska et compagnie) qui jouent dans un groupe une dizaine d'années et qui chopent un autre taff la trentaine arrivée et en général le crédits, gamins etc qui vont avec...Et d'autres qui ne lâchent pas le morceaux ne sont jamais "connus" ou reconnus mais se débrouillent entre intermittence et RSA et ne lâchent pas l'affaire et continuent à créer, jouer enregistrer voire tournent à l'international mais dans des circuits underground, squatt et compagnie...
Parce bon pour moi la question c'est plutot vivre pour faire de la musique que vivre de sa musique qui implique de toutes façons des compromis!!
Et je ne parle que pour la France parce que je connais le système, mais j'ai tatché avec un australien et faire la zique et tourner là-bas c'est 5 dates semaines et 1000 bornes de route par jour pour jouer la plupart du temps devant un public déchiré voir limite violent... Du coup un peu comme les US c'est une très bonne d'école et la plupart du temps quand ces mecs (meufs) viennent jouer par chez nous ils mettent une putain de raclée à n'importe quel groupe national...
Doc Loco
wire a écrit :


Oui mais tu es l'exception et pas la norme.


Je n'ai jamais prétendu être la norme, mais je pense qu'il y'a quand même plus d'exceptions qu'on le croit .
In rod we truss.

"Quelle opulence" - themidnighter

"It's sink or swim - shut up!"

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