El Phaco a écrit :
Je serais intéressé par ton retour sur cette pédale quand tu l'auras reçue.
Bon allez, petit retour sur la
Disaster Transport SR, comme promis.
Allons droit au but : j'aime beaucoup. Beaucoup beaucoup, en fait. Elle a ses défauts, mais les qualités rattrapent très fortement.
Pour résumer la bestiole : c'est un assemblage de deux delays, l'un avec modulation (delay A), l'autre avec reverb (delay B). Les deux delays peuvent être activés en parallèle, en série (A rentre dans B, avec une subtilité associée à la reverb - voir plus bas), toute la gamme entre 100% parallèle et 100% série étant accessible par un potard de Bleed.
Autant dire que les sons vont de la cascade de delays distincts à la nappe furibarde. Le royaume du shoegazer est ouvert, ça tombe bien c'est pour ça que je l'ai prise.
Il y a trois footswitchs : un pour chaque delay, l'autre pour activer/desactiver globalement la pédale. Cette dernière permet en fait d'avoir un mode "trails" si elle est toujours activée. Mais pas de buffer ici, si j'ai bien compris c'est la position du switch dans la chaîne du son qui permet de continuer à tenir compte du signal de sortie sans traiter celui d'entrée. Bref, je m'en fous un peu, ce qui est certain c'est que le son n'est absolument pas impacté par le by-pass, et ça c'est bien.
Allons directement au "défaut" le plus évident pour qui branche la SR pour la première fois tranquillou chez soi devant son ampli : le souffle des répétitions. Il est présent, impossible de l'éviter avec la pédale que j'ai à la maison. J'ai fait des tests de comparaison avec la Montavillian et la Capistan, et le souffle est indubitable pour la SR. Ca peut rebuter l'adepte de la pureté cristalline, je le comprends. Par contre, dès que la pédale est jouée à volume un tant soit peu normal, et qu'elle est utilisée avec toutes ses capacités, on l'oublie très vite.
Maintenant, les qualités. La première est certainement liée au défaut cité ci-dessus : le son est transformé par la SR, dans le sens où les delays sont de type "lo-fi", avec des répétitions lorgnant vers l'idée que je me fait d'un tape-echo dégradé. Donc il y a ici chaleur et vie, ça pulse, ça gronde, ça rugit... il suffit d'écouter l'auto-oscillation partir en sucette comparée à celle du Capistan pour saisir l'ampleur de la différence de caractère entre les deux pédales : l'une est une bête de restitution du son dans toute sa pureté, l'autre une bête de torsion sonore à vocation explosive.
L'autre qualité du SR, c'est bien sûr la présence des deux delays, et la façon dont il est possible de les associer : en parallèle pour apporter un peu de profondeur rythmique, en série pour créer des rythmiques de type multihead avec la possibilité d'amplifier le son jusqu'à la démesure grace à la reverb présente dans le delay B. Un petit mot sur cette dernière : elle est placée avant le delay B, ce qui permet d'avoir un effet très intéressant quand ce dernier est utilisé seul (ou en parallèle). Utilisée en série, le son du delay A entre dans le delay B
après la reverb, ce qui permet de ne pas faire un foutoir informe quand tout le son issu du delay A entre dans le B (100% série). Très bien pensé.
Deux pédales d'expression peuvent être connectées : une sur les répétitions du delay A, l'autre sur le Bleed (permettant donc de passer de 100% parallèle à 100% série, et réciproquement - super intéressant pour des parties variées au sein d'un même morceau).
Personnellement, ma pédale d'expression (EV-5) ne semble pas super adaptée, car il y a une plage très courte d'action avant de taper dans l'auto-oscillation quand elle est branchée sur les répétitions (mais je pense que je dois pouvoir programmer la course max et min pour éviter ça, il faut que je retrouve la notice...).
La modulation du delay A est bien fichue : elle peut être discrète ou très envahissante selon les réglages de Rate et Depth à la main de l'utilisateur. Des réglages forts ressortent énormément en clean (je n'aime pas), mais permettent avec de la disto et de la fuzz d'atteindre le pur son My Bloody Valentine tout en restant lointains. C'est très chouette!
En résumé, je crois que la SR va pousser la Capistan en-dehors du pedalboard : elle apporte quelque chose qui me manquait (c'est pour ça que je continuais à reluquer les delays malgré la présence du "monstre" Strymon), et qui correspond finalement à ce qui me gêne un peu avec la Capistan. A savoir que cette dernière est rigoureuse dans le traitement du son, parfaite, et en fait paradoxalement trop parfaite pour moi. Un monstre de technologie, alors que je cherche la petite imperfection qui crée les situations borderline.
C'est à tester en situation de groupe demain soir pour faire le tour de la question, mais mon avis est fait à 80%.
Voilou!