- La blanche et la noire
- La croche
- Le triolet
- La signature rythmique
La blanche et la noire
- Note
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Cette section Rythme approfondit la fiche du cours Théorie intitulée Comment lire le rythme. Progressivement, nous détaillerons la façon de lire les notes avec, pour s'entraîner, de nombreux exercices de dictées ou de lecture dans la rythmothèque associée, bientôt disponible.
La noire a une importance particulière. Au métronome, c'est souvent elle qui marque chaque temps. La durée d'une noire est donc celle qui sépare chaque tic.
Partons d'une mesure en 4/4. Le premier chiffre signifie qu'il y a quatre notes par mesure. Le second chiffre 4 indique que la note de référence est la noire, puisqu'on divise quatre fois la durée d'une ronde. Tout ce qu'il faut savoir sur les signatures rythmiques comme 2/4 ou 6/8 sera expliqué en détail dans une autre fiche.
Prenez l'habitude de lire chaque note et bien la faire durer jusqu'à la suivante, que ce soit en la chantant oralement ou sur votre instrument.

Voyons maintenant la blanche. Elle dure deux fois plus longtemps qu'une noire. Faites durer la note sur votre instrument.

Et pour finir un dernier exemple :

La croche
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Nous avons vu dans la fiche "La blanche et la noire" qu'il était possible de marquer la durée des notes sur une partition en partant du principe qu'une blanche dure deux fois plus longtemps qu'une noire. On peut dire inversement que la noire dure deux fois moins longtemps que la blanche.
Il existe en musique plusieurs subdivisions qui permettent d'avoir des durées de plus en plus courtes. C'est le cas avec la croche. La noire dure deux fois plus longtemps qu'une croche. On repère la croche facilement sur la partition grâce à sa hampe (le trait vertical) avec un seul crochet.
Lorsque deux croches sont situées dans la même mesure l'une à côté de l'autre, on les relie par une barre horizontale.

Dans l'exemple ci-dessous avec une signature en 4/4, autrement dit avec quatre temps par mesure, les quatre croches successives sont reliées entre elles.

Voyons un exemple où s'alternent noires et croches. Comptez les temps avec le tempo, ils sont marqués par la batterie. Chaque noire dure un temps. La croche dure exactement la moitié. Pour savoir quand la jouer ou la chanter, découpez mentalement la durée de chaque temps en deux (par exemple en disant 1-2 et en faisant tomber chaque "1" sur le clic de la batterie).

Récapitulons maintenant plusieurs cas de figure pour une partition avec à la fois des blanches, des noires et des croches.

Comment jouer ces rythmes à la guitare ? Si vous savez jouer un accord, vous pouvez reprendre tous ces rythmes basiques pour créer votre propre accompagnement. Imaginons que chaque mouvement de la main droite marque le temps. La main descend à chaque clic de batterie (le temps) et remonte pour jouer le temps suivant. Si vous gratter les cordes à la fois avec un coup descendant puis en remontant, vous jouez des croches. Si vous jouez chaque temps vers le bas sans gratter les cordes lors du mouvement de retour, le mouvement de retour se fait dans le vide et vous ne jouez que des noires.
Voici une exemple avec un accord de Sol majeur :

Le triolet
- Note
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La recette du triolet
Après la blanche, la noire et la croche, voyons le principe du triolet (à ne pas confondre avec celui du riz au lait). Nous avons vu qu'une blanche valait deux noires, et qu'une noire valait un temps. Et un temps, c'est l'intervalle qui sépare deux clics de métronome. Par exemple, jouer des noires implique de faire durée chaque note le temps qui sépare deux clics de métronome, en démarrant sur un clic.
Rappelons au passage que même si vous jouez des noires à un tempo lent, chaque note doit bien durer jusqu'au prochain clic. Si vous jouez des notes plus brèves (par exemple en étouffant la note sans faire exprès), ce ne sont plus des noires, mais des notes imprécises dont la durée semblera approximative à l'auditeur.
Le triolet, qui fait parfois un peu peur au débutant, est pourtant est une bestiole d'humeur généreuse : il vous donne trois là où l'on ne possédait que deux auparavant. Trois quoi ? Ce que vous voulez. On peut imaginer du triolet de carotte ou de pastèque (trois pour le prix de deux dans le même panier !), le principe est le même mais ça n'est pas très musical. Le triolet de croche, ou le triolet de noire, ça c'est quelque chose qui parle mieux aux musiciens. Un triolet de croches, c'est trois croches là où on en casait deux auparavant.
Pour l'écouter, attardons-nous sur le triolet de croches, et souvenons-nous qu'un temps vaut une noire ou deux croches.
L'exemple suivant ne joue que des noires, à un tempo lent :

Maintenant, jouons des croches :

Le triolet de croches apporte durant un temps l'équivalent de trois notes là on l'on en jouait deux auparavant. C'est donc une division du temps qui permet de répartir trois notes entre deux clics de métronome.

Un exemple en audio:
Imaginons que vous chantez des noires sur chaque tic du métronome. Vous dites par exemple « 1 » à chaque clic. Si vous jouez des croches, vous devez jouer deux notes (par exemple, prononcez « 1, 2 » si vous n'avez pas d'instrument). Sachant que vous devez retombez sur le tic en disant le « 1 », vous devez donc parler un peu plus vite pour avoir le temps de dire « 1,2 » entre chaque tic. Là, vous ressentez la différence entre la noire et la croche.
Maintenant, passons au triolet de croches : faites l'expérience en disant régulièrement « 1, 2, 3 » entre chaque temps, en retombant sur le « 1 » à chaque clic. Evidemment, il faut aller un peu plus vite que précédemment. Cette fois, vous chantez des triolets : trois notes par temps.
Voici des exemples qui montrent les équivalences entre le triolet de croche (trois notes par temps) et la croche (deux notes par temps) :

Voyons maintenant en situation le comportement des noires, croches et triolet avec deux exemples...


La signature rythmique
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Deux chiffres pour identifier le rythme
Que veulent dire les deux chiffres écrits l'un au dessus de l'autre au début d'une portée ? Ils constituent la signature, et nous indiquent comment découper et lire chaque mesure.
Le premier chiffre indique le nombre de notes qui vont déterminer la longueur d'une mesure (par exemple trois notes), et le chiffre en dessous indique l'unité de temps à prendre en compte.
L'exemple que vous rencontrerez le plus souvent est la signature en 4/4, utilisée dans l'écrasante majorité des tubes de classique, rock, jazz et autres styles.
La signature 4/4 indique que chaque mesure comporte quatre notes (le premier chiffre) dont chacune dure l'équivalent d'une ronde divisée par quatre (le deuxième chiffre), autrement dit une noire. Il y a donc l'équivalent de quatre noires dans chaque mesure. Ainsi, lorsqu'un compositeur écrit sa musique en 4/4, chaque fois qu'il transcrit l'équivalent de quatre noires, il dessine une barre verticale pour commencer une mesure suivante.

Pour comprendre, il faut se rappeler la hiérarchie entre les notes en prenant la ronde comme référence :
La blanche dure 1/2 ronde
La noire dure 1/4 de ronde
La croche dure 1/8 de ronde
Ainsi, une signature notée 3/4 indique qu'une mesure doit durer l'équivalent de trois noires : le premier chiffre mentionne trois notes, dont la durée pour chacune est d'un quart de ronde (= une noire). On retrouve une telle signature dans le cas d'une valse par exemple.

Evidemment, une signature 3/4 indique la durée totale de la mesure. Il peut y avoir davantage de notes si la mesure accueille des croches, des silences, etc. : c'est la durée totale qui ne doit pas dépasser l'équivalent de trois noires.

Voici deux exemples de signatures :
5/4 : chaque mesure dure l'équivalent de cinq notes qui sont des noires (1/4 de ronde = 1 noire). Ecoutez le métronome : chaque mesure dure cinq temps, soit cinq clics.

6/8 : chaque mesure dure l'équivalent de six notes qui sont des croches (1/8 de ronde = 1 croche). Les croches sont assemblées par groupe de trois.

Remarque pour les curieux :
On constate qu'une signature en 3/4 ou en 6/8 correspond à la même durée totale. Dans le premier cas, on a trois noires par mesure, et dans le second cas on a six croches par mesure. Comme six croches durent le même temps total que trois noires, pourquoi ne pas noter tout simplement 3/4 ? La réponse est liée au caractère binaire ou ternaire du morceau, un point que l'on détaillera à l'avenir. En tout cas, avec les signatures il ne faut pas raisonner de façon mathématique comme s'il s'agissait de divisions : ici, 6/8 n'est pas vraiment égal à 3/4. Dans une mesure en 6/8, on joue trois croches par temps : les croches sont regroupées par paquet de trois entre chaque clic de métronome. C'est de la musique ternaire. Dans un morceau en 3/4 au contraire, les notes sont regroupées par paquet de deux durant chaque temps : c'est binaire.
Ecoutez l'exemple audio pour comprendre la nuance. Au début, on est en 6/8 et on entend trois croches par temps (ternaire). Si l'on passe en 3/4 en gardant une pulsation à 80 battements par minutes, on entend deux croches par temps (binaire).

Que se passerait-il si on rangeait les notes par deux en 6/8, en voulant jouer deux notes par temps ? Cela reviendrait à noter l'équivalent de trois couples de croches et à penser binaire, avec un total de trois noires séparées sur la mesure. Ce qui revient exactement à écrire en ¾. Donc on réserve l'écriture 6/8 pour le contexte ternaire où l'on souhaite jouer trois notes par temps. Si tout cela vous parait compliqué, laissez de coté. C'était un passage pour les curieux, et de toute façon la distinction entre binaire et ternaire sera détaillée plus tard.
L'essentiel à retenir :
Gardez en tête l'information principale liée à la signature et la durée d'une mesure. Le premier chiffre indique le nombre de notes à prendre en compte, et le deuxième chiffre la valeur de leur durée par rapport à une ronde.
