- Mélodie et tonalité
- Explication sur Au Clair de la Lune
- Grille
- Application sur « Ah Vous Dirais-je Maman »
- Application sur « La Marseillaise »
- Etude
- Quelques questions à se poser…
Illustrer à l'aide d'exemples connus la notion de tonalité d'une mélodie. Utiliser des indices (dièses présents à l'armure, note de départ ou de fin) pour retrouver la tonalité d'un morceau ou créer un accompagnement. Enregistrement guitare : Mark Cheung.
Mélodie et tonalité
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La musique tonale est à la base des musiques que nous écoutons, et on l'oppose souvent à la musique modale. Nous aurons l'occasion de préciser la différence entre ces deux types de musique à l'avenir, pour voir comment improviser dessus. On s'en doute, qui dit musique tonale dit "tonalité". Mais qu'est-ce que c'est au juste ? Sur quel mécanisme repose la tonalité ? Voici quelques exemples simples qui vous permettront de comprendre son principe.
Explication sur Au Clair de la Lune
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Pour illustrer la tonalité, écrivons le début de cet air connu de tous :
On constate que le do débute et conclut la phrase. Do est aussi la tonique de la gamme de Do majeur. Il n'y a pas d'altérations à la clé : les notes utilisées dans ce morceau seront celles de Do majeur. Lorsqu'on examine la phrase, on réalise que le premier degré de la gamme – Do - se comporte un peu comme une finalité dans l'ensemble : on arrive sur le Do comme une conclusion. Tous ces indices permettent d'indiquer qu'on est en tonalité de Do majeur. Autrement dit, on entre dans un contexte musical qui rassemble des notes et des accords bien précis. Pour renforcer cette idée et voir comment la tonalité peut s'illustrer dans une grille d'accords, cherchons un accompagnement pour le superposer à la mélodie.
Nous allons nous servir en priorité des degrés forts de la gamme de Do majeur (C, F et G sont les degrés I IV et V).

Grille
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Nous allons nous servir en priorité des degrés forts de la gamme de Do majeur (C, F et G sont les degrés I IV et V).
Pour revoir comment une gamme génère des accords, consultez la fiche "La gamme majeure et les accords de trois sons" publiée en mars 2005 dans Guitare Live n°3.
Récrivons la grille, mais en soignant les voix : à présent, les accords indiqués ne sont pas nécessairement joués dans leur état fondamental. Par exemple, C – do mi sol – peut être joué mi sol do, ou bien mi do sol. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit toujours bien d'un accord de Do majeur. Par contre, les enchainements de basses sont beaucoup plus doux, et l'ensemble gagne ainsi en cohérence et musicalité :
Analysons la grille : I IV V I V IV I V I
Le I en Do majeur débute la grille – c'est logique compte tenu de la mélodie. Nous trouvons ensuite un IV V I. Le IV – accord de sous-dominante – introduit l'accord de dominante – accord V – qui lui-même résoud sur le premier degré (force d'attraction entre le V et le I). La résolution se retrouve dans la grille également tout à la fin.
On réalise donc que le morceau est uniquement construit à partir des éléments de Do majeur, et que son premier degré – do ou C – est l'élément final vers lequel tous les autres éléments convergent, grâce à la dynamique des degrés forts I IV et V.
C'est le principe TONAL (que l'on opposera plus tard au principe MODAL). Remarquons aussi que les degrés I IV et V ont suffit à accompagner le morceau.


Application sur « Ah Vous Dirais-je Maman »
- Note
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Posons la mélodie. Le dièse à la clé nous indique que le Fa est dièse, et la gamme qui présente un fa dièse est celle de Sol majeur. La mélodie est donc écrite, dans le cas présent, avec une gamme de Sol majeur.
Harmonisons à présent en nous servant des degrés forts I IV et V :
Quelques remarques : les accords sont écrits ici avec basse détachée : nous avons déjà évoqué cette écriture. Elle permet d'indiquer le mouvement des basses, et donc un renversement possible.
G/B est l'accord G avec la note Si (la tierce) jouée à la basse.
Analysons la grille : I I IV I V I V I.
On entend ici comment l'accord de dominante (D) ramène la grille vers le premier degré (G). L'accord G commence et finit la grille, et arrive d'une façon presque évidente pour l'auditeur grâce à la force de rappel de l'accord de dominante D. Le principe est entièrement tonal.


Application sur « La Marseillaise »
- Note
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Amusons-nous à harmoniser simplement le début de « la Marseillaise »
L'hymne est retranscrit en Sol majeur (un dièse à la clé). Les accords G, D, Em et C sont respectivement I V VI et IV en Sol majeur. On note comment l'accord D amène systématiquement le premier degré G qui commence et conclut la séquence.
D'autre part, nous ne sommes pas contentés de jouer les degrés forts : Em est VI en Sol majeur. Simplement, le degré VI assure la même fonction stabilisatrice que le I. L'accord Em agit comme une substitution du I (substitution diatonique).

Etude
- Note
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Cette pièce applique le principe de la tonalité évoqué sur les précédents morceaux. Remarquez néanmoins la présence d'accords étrangers à la tonalité de Sol majeur (mesures 4 et 5, on a en fait une modulation dans la tonalité relative mineure par l'intermédiaire de F#° qui remplace en fait B7). Cela ne gêne absolument pas le mouvement tonal vers le premier degré. Cette pièce nous montre que l'on peut changer de tonalité au sein d'une même pièce. Cela n'est en rien opposé avec la logique tonale, puisqu'en définitive, ce qui importe, c'est de revenir à la fin sur le premier degré.
Pour jouer : le rythme est soutenu. Notez le doigté de la main droite exposé sur la première mesure.

Quelques questions à se poser…
- Note
- Note
Le premier degré de la tonalité (ex : l'accord G en tonalité de G majeur) commence t-il toujours et conclut-il toujours la grille ? Non. Ce n'est pas une obligation. Par contre, on retrouve le premier degré à des endroits stratégiques de la grille. Il s'affirme donc régulièrement comme le centre tonal de la grille.
Une harmonisation en tonal repose t-elle uniquement sur les degrés forts ?
La plupart du temps, on peut ramener la grille à ces degrés forts. Mais les changements plus ou moins accidentels dans la grille (modulations diverses) peuvent empêcher ce mécanisme.
Le Blues est-il lui aussi tonal ?
Dans son expression harmonique (si on regarde les accords uniquement), le Blues est constitué de 3 accords majeurs. Selon le style, les accords peuvent être à 4 sons, voire plus. Mais si on joue le Blues dans sa plus pure expression, on obtient une grille à 12 mesures ainsi faite :
C F C C
F F C C
G F C G
On reconnait bien les trois degrés issus de la gamme majeure de Do : l'accord tonique – degre I, ici C – , l'accord de sous-dominante – IV, ici F – et l'accord de dominante – V, ici G. Tout porte à penser que le Blues relève d'une logique tonale, (d'autant plus que nous verrons bien plus tard que les tensions propres à la tonalité sont largement exploitées dans le style). Pourtant, nous verrons également plus tard que le langage mélodique superposé aux accords ne répond pas franchement à la logique de la tonalité. Le Blues relève d'une logique tonale, et d'une logique…. Blues.
Un morceau exclusivement écrit en Do majeur peut-il quand même contenir des notes autres que celles de Do majeur ?
Même dans une mélodie très simple en une seule tonalité, on peut rajouter des notes qui n'appartiennent pas à la tonalité. Il s'agit, par exemple, d'ornements qui ne changent pas la dynamique générale.
