Plan du cours :
  • Les raisons
  • Lire les notes et la portée

Comprendre tout l'intérêt et la richesse du solfège pour le guitariste, quel que soit le style musical (funk, metal, jazz, classique, etc.). Savoir que le solfège est pratique, simple à comprendre et très puissant pour jouer et composer avec d'autres musiciens.

Les raisons
  • Note


Au début, la guitare ne présente que des avantages : même le moins doué des élèves arrive à rapidement sortir une musique plutôt agréable à l'auditoire. Deux mois de guitare, et le guitariste joue déjà quelques standards rock qui feront les délices des « soirées feu de camp ». Il lui a simplement fallu poser les doigts sur le manche exactement de la façon indiquée sur la tablature, qu'elle provienne d'une méthode ou d'un logiciel comme Guitar-Pro.

Le solfège aux oubliettes ?

Grâce aux tablatures, non seulement les sons produits sont rapidement justes (la guitare n'est pas un instrument ingrat comme la trompette ou le violon), mais en plus il n'est pas besoin de savoir lire la musique pour jouer. Exit donc le solfège que l'on réservera aux conservatoires poussiéreux et obscurs musicologues. Le solfège a brimé des générations d'élèves musiciens ; la tablature nous libère aujourd'hui du joug de l'enseignement musical de grand' papa !

Ce serait si simple, si c'était vrai...

Il est exact que l'on peut jouer de forts jolies choses en ne sachant pas identifier un simple do sur le manche de la guitare. Tout comme il est possible de poursuivre une carrière internationale de bluesman ou de rockeur sans jamais savoir ce qu'est une croche. Tout comme il est également possible de vivre paisiblement à Paris sans savoir ni lire, ni écrire la langue française.

Django Reinhardt a révolutionné la guitare pour plusieurs générations alors qu'il ne savait ni lire ni écrire la musique, ni même...son propre nom (en tout cas très mal). Si je ne raisonne pas plus loin que le bout de ma narine gauche, j'en conclus que savoir lire ne sert strictement à rien ? Pas vraiment.

Savoir lire pour mieux comprendre

Puisque l'on parle de Django, signalons une délicieuse anecdote racontée par son violoniste Stéphane Grappelli. Alors que Grappelli vient de négocier le contrat qui le liera lui et Django pour une tournée en Grande-Bretagne, ce dernier se lève brusquement en présence de ses futurs employeurs, et pointe le doigt sur une ligne du contrat en maugréant avec véhémence que cette clause ne lui convient pas. Interloqués, Grappelli et les Anglais examinent de près la clause que Django vient de contester. Le guitariste manouche, critiquant par principe un contrat qu'il n'a pas lu (et pour cause), vient de désigner les conditions de transport du duo en ... 1ère classe ! Il a fallu que Grappelli, qui savait lire, redresse la situation pour éviter qu'ils ne perdent tous ce précieux avantage en nature.

Passons à Beber, notre guitariste

Imaginez maintenant une autre scène. Après avoir assimilé les bases du grunge ainsi que quelques riffs bien graisseux, Bertrand Lambert, alias Beber sur un forum d'un site de guitare bien connu, décide de former un groupe avec deux copains bassiste et batteur de son lycée. Puisque Beber ne se dirige sur son instrument que par le système des tablatures, les deux premières heures de la première repet' lui servent uniquement à communiquer l'emplacement des 5 premières notes du morceau qu'il souhaite jouer. Il ne le sait pas encore, mais c'est un accord de Do qu'il décrit.

On peut imaginer sans peine le labeur du musicien. Sans la moindre notion de solfège, il est condamné à expliquer un accord de Do majeur : « sur la grosse corde, tu joues à vide, et puis sur la suivante, tu places ton doigt sur la troisième case, et puis... ». Pas très efficace. L'oncle de Beber, qui a quelques notions de solfège, met 10 secondes pour indiquer une mélodie simple à d'autres musiciens tandis que Beber met 25 minutes.

Mieux partager la musique

En réalité, le solfège sert avant tout à communiquer. Si je souhaite rester dans ma chambre pendant les dix prochaines années de ma vie et jouer seul, alors effectivement le solfège ne me servira pas à communiquer. Mais si je désire monter un groupe, même pour jouer une musique basique, le recours au solfège sera précieux. Il permettra d'expliquer ma musique à d'autres personnes, d'écrire une ligne mélodique comprise par la bassiste, et par un éventuel musicien supplémentaire (un futur clavier par exemple). En sachant nommer un accord, je deviens aussi capable de lire et comprendre la musique des autres.

Le solfège pour comprendre

Lire ou écrire les notes d'un morceau aide à comprendre leur rôle et pourquoi elles produisent tel ou tel effet. Dès cet instant, il devient beaucoup plus facile de comprendre la structure, la logique de la pièce ou du solo que je joue. Et c'est encore plus vrai s'il s'agit d'un titre que je compose. En effet, la répétition de certaines notes, les enchainements, les intervalles caractéristiques de la pièce deviennent limpides avec l'aide du solfège. Et pour comprendre le fonctionnement des accords, le principe de l'harmonie, même de façon basique, le solfège est indispensable.

Lorsque Béber voudra aller plus loin que les Power chords, ou s'en servir d'une façon plus riche, il aura toutes les peines du monde à comprendre les explications que deux ou trois personnes lui fourniraient sur son forum de guitare préféré.

Le solfège est-il compliqué ?

Aujourd'hui, le guitariste apprenti semble presque surdoué. Il surfe sur Internet. Il est capable de trouver n'importe quelle information, de la musique ou de la vidéo (mp3, DivX?, tablatures) avec les moteurs de recherche. Son matériel musical ressemble souvent à un arsenal hypersophistiqué. Et comme le montrent les forums, il a un sens critique aigu sur l'information. Autrement dit, qu'il soit adolescent ou trentenaire, l'apprenti guitariste est tout sauf un abruti. Comment imaginer que le solfège puisse être une science complexe pour lui ? Malheureusement, il suffit que quelques personnes ignorantes vous expliquent que le solfège est compliqué, et il devient chose acquise qu'il faut au moins un Doctorat en Physique Quantique pour s'y aventurer.

Eh bien non, le solfège, c'est très simple ! Il suffit d'apprendre des rudiments pour s'en sortir. Donc, Béber apprendra :

1. à identifier les notes sur le manche de sa guitare (essentiel)

2. à lire les notes sur la portée (sans valeur rythmique)

3. à connaître les principales valeurs rythmiques (ronde, blanche, noire, croche et demi-croche ainsi que les notes pointées)

4. à comprendre le signe qui indique la valeur rythmique des mesures (le fameux 4/4)

5. à jouer à vue, même très lentement, une partition simple.

En fait, il s'agit pour Béber d'appliquer sur la guitare les notions de solfège qu'on lui a peut-être enseigné au Collège à la flute à bec.

Le solfège va en fait beaucoup plus loin que tout cela, mais Béber pourra s'en passer sans aucun problème. Simplement, ne pas être capable d'effectuer les 5 points que je viens d'exposer constituera un véritable handicap.

Il existe des logiciels pour apprendre les rudiments du solfège, mais je pense que vous n'en aurez même pas besoin. Un peu de bonne volonté, deux ou trois questions bien ciblées sur Internet, un peu de travail et le tour est joué !

Lire les notes et la portée
  • Note


Il existe plusieurs manières d'écrire la musique. Pour la guitare, nous en considérons deux : l'écriture en solfège (sur une portée) et la tablature (les six lignes représentent les cordes de la guitare).

Les tablatures peuvent paraitre utiles pour débuter. Il s'agit d'un système pratique, mais il est trop limité. En tablature, il manque le rythme, qui est pourtant indispensable pour rejouer correctement un morceau ou travailler lentement un solo. Il manque aussi d'autres informations très utiles qui vous renseignent du premier coup d'oeil sur la tonalité par exemple.

Même si vous pensez gagner du temps en vous limitant à la lecture de la tablature, nous vous invitons à vous intéresser au solfège. Vos progrès seront beaucoup plus rapides. Et vous apprendrez ainsi à ne pas vous contenter de jouer des chiffres sur un manche, mais à savoir placer une mélodie n'importe où. Croyez-le, c'est précieux !

Toutefois, par souci de commodité pour les récalcitrants, les portées en solfège seront toujours suivies d'une transcription en tablature.

La portée en solfège repose sur 5 lignes, sur lesquelles nous écrivons les notes. Lorsque les 5 lignes ne suffisent plus (si une note trop haute ou trop basse), on rajoute des lignes.

Nous utilisons la clé de Sol pour la guitare. Plaçons la note do sur la portée, et transcrivons en tablature :

Partition 1 - Lire les notes et la portée


L'avantage de la tablature est qu'elle renseigne sur le doigté. Rappelons que le chiffre 3 sur la deuxième ligne signifie que l'on joue en posant le doigt (l'index) sur la troisième case de la cinquième corde. En tablature la corde la plus fine (mi aigu) est figurée en haut. Ainsi, dans cet autre exemple, il s'agit de la même note – sol -, mais avec plusieurs doigtés possibles, ce que la tablature illustre bien :

Partition 2 - Lire les notes et la portée
Partition réservée
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On voit donc qu'il existe plusieurs façons d'interpréter la même note en différents endroits sur le manche. On comprend alors que la partition aide à mieux connaitre son manche. Avec cette gymnastique, le guitariste s'oblige à savoir, au fil du temps, à quelle note correspond chaque case. Cela n'a l'air de rien, mais c'est extrêmement pratique, voire obligatoire pour improviser dans certains styles (jazz, rock progressif). Et comme connaitre son manche est une nécessité pour tout guitariste qui souhaite bien jouer et s'améliorer, cela vous fait une excuse de plus pour vous intéresser au solfège.

En musique classique, un codage particulier indique le doigté au dessus de la portée. Par exemple, le chiffe 1 indique la position de l'index, le chiffre 4 l'annulaire. Dans notre cours, nous nous limiterons aux indications données par la tablature.

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