Biosmog a écrit :
PP a écrit :
au risque de choquer, le "vide" idéologique du discours de Macron n'est pas vraiment un reproche pour moi ; je pense d'ailleurs qu'il se force un peu, campagne oblige, à se positionner sur un certain nombre de sujets casse-gueule sur lesquels peut-être il n'a pas d'avis clairement établi, parce que ce que je comprends du personnage, c'est son adaptabilité et son volontarisme une fois le diagnostic posé, d'où que viennent la ou les solutions.
alors certains diront : mais où la dimension politique alors ? proche du néant ? est-ce encore de la politique, ou juste de la gestion ?
c'est pourquoi il est si facile contre lui qui prend le monde tel qu'il évolue de dérouler des discours pour le réformer ce monde, version Le Pen ou Mélenchon.
et c'est peut-être ce qui perdra Macron.
au fond je dirais même (pour provoquer un peu) que la vacuité de son discours ne me dérange pas (d'autant mieux que je n'écoute pas non plus ses meetings ennuyeux), moins en tout cas que les promesses intenables des vendeurs de pommes.
Ben au risque de choquer, ce que tu décris, c'est l'absence de démocratie. Car la démocratie c'est le débat et la coordination des groupes sociaux dans la formation de l'intérêt général. Mais avec une politique illisible, ni le débat, ni la coordination ne sont possible. Ce que tu nous promets (je le crois, c'est ce que promet Macron) c'est un régime technocratique. Et un régime technocratique n'est pas démocratique. D'ailleurs, c'est possible car il n'y a pas de débat politique, il n'y en a pas eu jusqu'à il y a quelques semaines, grâce aux affaires. Macron n'est pas responsable de cet état de fait, mais il est rendu possible par cet état de fait.
Il y a quelques semaines, je disais ici que la démocratie, c'est intrinsèquement lié à l'opposition de la droite et de la gauche. Une manière de dépasser les clivages gauche/droite c'est la monarchie, où un libéralisme brutal côtoie une société corporatiste très solidaire. Idem pour la technocratie, qui est une forme de théocratie autoritaire : tout le monde est soumis aux dictats du «possible scientifique», la liberté est celle de suivre les modèles validés, ni gauche, ni droite (et les mécréants sont ceux qui s'opposent à la rationalité productiviste)
c'est un peu exagéré parce que l'expression démocratique se redéfinit sans cesse par ses pratiques, mais au fond y a des trucs vrais dans ce que tu dis, peut-être aussi parce que l'essentiel du pouvoir décisionnel a été fixé ailleurs, par des traités, à un niveau supra-national, et que le reste n'est qu'habillage plus ou moins habile.